Santa Teresa 2026 | Retour sur le week-end
Santa Teresa tenait sa neuvième édition du 8 au 10 mai dernier. Nous sommes allés voir ce que le festival thérésien, prêchant la sainte banlieue dans tout ce qu’elle a de plus kitsch, avait à proposer aux festivaliers cette année. Retour sur un week-end en deux temps.
Programmation féminine pour la Fête des mères (dimanche 10 mai)
Après s’être fait travailler les oreilles et avoir mosh pité à foison la veille, on calme le jeu avec l’une des propositions les plus touchantes et jolies au Québec ces dernières années : Elisapie.
La musicienne inuk a lancé en 2023 Inuktitut, qu’elle tourne depuis lors : l’album est composé uniquement de reprises, mais pas de n’importe lesquelles. Elisapie chante des chansons liées à des souvenirs, douloureux comme heureux, de la musique d’artistes « blancs » qui ont fait du bien à ses oncles et à ses cousins par ces temps de pensionnats. Elisapie a donc décidé de « voler la musique et les chansons des Blancs », et les traduire dans sa langue. D’habitude, l’exercice de la reprise ne séduit pas et pourrait paraître un poil paresseux : mais du côté d’Inuktitut, c’est tout le contraire. Toute la dimension émotionnelle des chansons liées au traumatisme autochtone apporte un regard différent sur ces morceaux que l’on reconnaît si bien, chantés dans une langue que nous ne connaissons malheureusement pas, pour l’immense majorité d’entre nous.
Elisapie débute son set sur Uummati Attanarsimat, reprise de Heart of Glass de Blondie, suivie de Taimangalimaaq (Time After Time) et de Wolves Don’t Live by the Rules, de Willie Thrasher. Au cours de la performance, on entend aussi du Led Zeppelin (Californiamut / Going to California), du Metallica (Isumagijunnaitaungituq / The Unforgiven) ou encore du Fleetwood Mac (Sinnatuumait / Dreams).
Après Arnaq, difficile de ne pas avoir un immense pincement au cœur lorsqu’elle évoque « l’épidémie de suicides » qui a sévi (et sévit encore) dans les communautés autochtones, et de son cousin Tayara qui s’est pendu. I Want to Break Free était sa chanson, et elle lui dédie à chaque concert une version inuk du classique de Queen, Qimatsilunga.
Elisapie incarne à merveille la résilience de la femme et des communautés autochtones, mais pas que : l’artiste « du Nord » répète qu’elle a terminé d’être résiliente, et qu’aujourd’hui, elle veut « déranger ». Fini d’encaisser.
Avant rappel, l’artiste autochtone termine sa performance avec une version a capella magnifique de Wish You Were Here, Qaisimalaurittuq, accompagnée de son band que j’ai trouvé absolument fabuleux.
Elisapie, ça groove, ça rock, c’est apaisant et à la fois touchant. Vraiment un excellent projet qui coche toutes les cases : on attend le prochain album.
Le festival a perdu de ses plumes
On a évoqué plusieurs performances jusqu’à présent, de Death From Above à Elisapie en passant par We Are Wolves et Wavves, mais il est impossible de faire semblant plus longtemps : Santa Teresa n’a attiré presque personne cette année. Déjà le samedi, on sentait un public léger, mais le dimanche, c’était à en pleurer. U.S. Girls, avant-dernier projet à se produire cette journée, a débuté son set devant une cinquantaine de personnes à peine. Et il était déjà 19h! À Santa Teresa, le festival qui accueillait il y a quelques années OrelSan, MGMT, City and Colour ou encore Feist.
On s’approche de la scène avec une facilité déconcertante, on peut même se rendre à la gate sans aucun problème pour apprécier le spectacle aux premières loges (et personne ne le fait, car c’est un peu gênant d’être le seul devant). Est-ce parce que les Canadiens jouaient un match crucial des séries ce soir-là? Est-ce parce qu’ils faisait froid, un peu plus qu’à l’habitude? Par un dimanche de Fête des mères? Est-ce plutôt parce que Santa Teresa n’est plus aussi à la mode qu’autrefois?
Dur d’expliquer complètement ce manque d’engouement criant cette année : on sent un festival en fin de cycle. Peut-être pas en fin de vie, mais il va falloir renouveler la proposition pour rafraîchir son public, car on n’imagine pas le festival sur une pente ascendante l’année prochaine en gardant la même formule. Plus de spectacles en salles? Un jour seulement, et pas trois? C’est aux organisateurs de démêler tout ça, mais on espère une conclusion satisfaisante pour ce festival unique en son genre, censé accueillir l’été en grande pompe et dire au revoir au printemps et à l’hiver.
En revenant à U.S. Girls, on perçoit Meghan Remy et le reste des musiciens plutôt désintéressés par ce qu’ils voient devant eux. Le groupe propose une pop rock léchée aux airs jazzy par moments : on ne sent pas l’Américaine derrière le projet transcendée, mais elle ne donne pas son strict minimum non plus.
Correct.
Après le très inintéressant Patche, qui propose des DJ sets « de luxe » en se faisant passer pour un groupe, se produisait l’excellent quintette Bon Enfant, fraîchement lauréat de l’album rock de l’année à l’ADISQ pour son projet Demandé spéciale. « On s’appelle Bon Enfant, et on a décidé de vous en mettre plein la vue aujourd’hui! », dit Daphnée Brissette avant d’entamer Porcelaine. Le groupe montréalais propose des chansons tirées de ses trois albums studio, comme Aire de plastique, Ciel bleu ou bien sûr Magie, ce tube.
Au fil des années, Bon Enfant est devenu une valeur sûre pour les programmateurs de festivals : le quintette est toujours très sympathique et offre des performances qui donnent envie de danser. Qu’on soit 100 ou 1000 devant eux.
Photos en vrac
Death From Above
Elisapie
Wavves
U.S. Girls
We Are Wolves
La Sécurité
Patche
PyPy
Mike Clay
Taxi Girls
Wine Lips
Roxanne Izzo
Laura Niquay
Catherine Leduc
BéLi
Ambiance générale
1 2
- Artiste(s)
- BéLi, Catherine Leduc, Death From Above, Elisapie, La Sécurité, Laura Niquay, Mike Clay, Patche, Pypy, Roxanne Izzo, Taxi Girls, U.S. Girls, Wavves, We Are Wolves, Wine Lips
- Ville(s)
- Sainte-Thérèse
- Catégorie(s)
- Alternatif, Art rock, Autochtone, Canadien, Chanson, Folk, Francophone, Indie, Indie Pop, Pop, Pop-punk, Post-punk, Psychedelique, Punk, Québécois, Rock, Soul/R&B,
Événements à venir
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vendredi
Tournée 20e anniversaire de Non-stop je te plie en deux
Lieu : L'Espace Mandeville -
dimanche
Francos de Montréal | avec Lou-Adriane Cassidy, Les Louanges, Thierry Larose, Klô Pelgag
Lieu : Place des Festivals -
mercredi
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samedi
avec Klô Pelgag, Corridor, La Sécurité et plus
Lieu : Théâtre des Grands Bois -
dimanche
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vendredi
Jour 7 | Ella Langley, Sheryl Crow, Death From Above 1979
Lieu : Plaines LeBreton -
samedi
Métropolis 2 : Ben UFO + CUERPOS + Facta + Patche + Rival Consoles
Lieu : MTELUS -
samedi
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samedi



























































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