crédit photo: PBL photography
Olivier Guedj

Olivier Guedj à la Cinquième Salle | Rire de la cinquantaine à belles dents

La métropole compte tout un chapelet de festivals à l’année longue, mais celui-ci manquait à ma culture. En 46 ans, le Festival Sefarad de Montréal rallie la communauté juive originaire du Maghreb et de l’Orient arabe autour d’événements scéniques comme le one-man-show Olivier Guedj, pour une soirée. Découverte d’un humoriste bien de Paname, différent de ses congénères, dentiste de jour, artiste de nuit.

Avec sa dégaine de jeune homme vif qui ne fait vraiment pas ses 55 ans, l’artiste se veut comédien, imitateur, mais surtout, un sacré bon gars de divertissement. Ses vannes s’enchaînent à un rythme de ouf, avec comme décor Paris, sa vie rythmée et ses arrondissements. Sans aller chercher trop loin ses histoires rigolotes, Guedj a ce don de nous plonger dans son univers en un tourbillon d’énergie et grâce à son art oratoire qui dessine des scènes du quotidien. On passe ainsi dans son cabinet de dentiste avec l’une des blagues les plus drôles de la performance : un homme lui dit qu’il a mal à une dent, et le dentiste de lui répondre “mais il ne vous reste qu’une seule dent” ! Ce métier des soins dentaires à la réputation douloureuse devient presque sinécure.

olivier guedj 3* Photo par PBL photography.

Abordant la vie de couple, la longévité, l’humoriste se plaît à dérider le thème de la relation de couple, face à sa compagne présente au premier rang. Il campe au Club Med un récit de ces environnements d’activités physiques intenses qui clouent son épouse au lit, morte de fatigue, dans une non-réceptivité de rapports intimes. Puis il nous amène dans une exposition sur Dalí avec cette dernière et leur enfant. Un flop total de sortie qui se conclue par une visite à la boutique souvenirs, plutôt qu’une redécouverte de centaines d’œuvres du génie surréaliste. Tout devient matière à rire, à la légèreté, même en passant par la « Place des grands hommes » de Patrick Bruel, et ces retrouvailles qui se transforment en « Place des gros hommes » tellement l’apparence des anciens camarades de classe changent au fil des décennies. Le corps en métamorphose à cause de l’âge est ramené à une perception d’acceptation qui démontre aussi ce côté sensible de l’artiste.

olivier guedj 2* Photo par PBL photography.

Amoureux de musique – de Dalida à la folie – Olivier Guedj clôture son spectacle solo par une scène à se tordre de rire sur les soirées karaoké avec des personnages qui nous sont familiers. Un divertissement organisé chez un pote, pris dans ses branchements à travers les murs, réduit à être coupé d’Internet qu’il faut dépanner avec ses données mobiles. La fille trop timide pour chanter qui se pointe quand même. Celui qui ose affronter du lourd en revisitant Allumer le feu de Johnny Hallyday qui massacre les oreilles. Et une touche d’humour pour la communauté séfarade réunie, une meuf qui cherche à tout prix parmi le répertoire de 400 titres une chanson en langue arabe ou hébreux ! Une soirée chaleureuse, thérapie par le rire qui donne envie de kiffer sa cinquantaine sans se prendre la tête.

olivier guedj 1* Photo par PBL photography.

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