crédit photo: Manon Duval
Santa Teresa (festival musique)

Santa Teresa 2026 | Retour sur le week-end

Santa Teresa tenait sa neuvième édition du 8 au 10 mai dernier. Nous sommes allés voir ce que le festival thérésien, prêchant la sainte banlieue dans tout ce qu’elle a de plus kitsch, avait à proposer aux festivaliers cette année. Retour sur un week-end en deux temps.

Du rock, du rock et encore du rock (samedi 9 mai)

Il est 21h30 qu’on se fait déjà travailler les oreilles depuis plusieurs heures : Death From Above (1979) viennent en remettre un dernier coup avec leur punk rock aux accents dance absolument survitaminé et brutal. Le duo torontois part le bal avec Turn It Out et Modern Guy, puis le batteur-chanteur, Sebastien Grainger, prend la parole entre deux morceaux : « festival d’été », dit-il au micro en faisant aller ses doigts comme des guillemets.

Effectivement, il doit faire 6 °C de ressenti, et certains festivaliers arborent fièrement des t-shirts à manches courtes comme si nous étions en plein mois de juillet. Premier Santa? Et pourtant : le rock nous garde chaud. Les mosh pits constants animés par une poignée de zouaves surexcités font monter la tension, et la chaleur humaine prime sur la froideur extérieure.

death from above 1979 santa teresa 2026 3

À deux, Death From Above sonnent comme une armée, à la manière de Royal Blood ou… d’Angine de Poitrine, bien sûr! Le groupe pioche généreusement dans son premier et (probablement) meilleur album, You’re a Woman, I’m a Machine, présentant aussi des morceaux de The Physical World ou Is 4 Lovers. Une belle surprise pour ceux n’étant pas familiers avec DFA : Grainger s’exprime en français. Mais pas dans un français bancal, non. Un français teinté d’« ostis » et de « tabarnack »! Né en Ontario, le meneur de Death From Above se revendique fièrement Franco-Ontarien, avouant qu’il a même placé sa fille dans un lycée francophone.

On l’entend rarement, ce discours, et comme c’est beau de savoir que des Canadiens hors du Québec tentent de faire vivre le français, seuls contre tous.

Le duo termine en rappel son set avec Dead Womb, puis avec une version particulièrement punk et rapide de Pull Out. Un concert gigantesque, bruyant, diablement rock dans l’esprit qui met merveilleusement un terme à cette grand-messe de guitares hurlantes. Exceptionnel premier contact avec le groupe pour ma part, j’espère les revoir vite en salle.

death from above 1979 santa teresa 2026 6

We Are Wolves & Wavves

Avant de passer à deux têtes d’affiche internationales, ou du moins, « hors Québec », We Are Wolves rendait honneur une dernière fois à notre Belle Province avec un set notamment dédié à son premier album, Non-stop je te plie en deux, qui fêtait l’année dernière ses 20 ans.

we are wolves santa teresa 2026 7

Pour l’avoir eu en entrevue il y a quelques semaines, je peux affirmer qu’Alexander Ortiz, chanteur et bassiste de We Are Wolves, est une personne complètement différente lors d’une conversation et sur scène : derrière son instrument, il ne peut se contenir et divague dans des obsessions un peu étranges lors de ses interventions parlées, nous parlant d’Elvis Crepso et de Suavemente entre chaque chanson, littéralement. Drôle de personnage, mais pourtant, ça fonctionne! La folie de We Are Wolves se vit d’autant de plus belle avec trois membres qui se tuent à la tâche et laissent parler leur excentricité, comme le batteur du groupe, Pierre-Luc Bégin, arrachant son haut pour finir torse nu.

Vingt ans que We Are Wolves existent, mais ça sonne encore très frais et pertinent dans ce paysage musical. Ils nous quittent avec Magique, de l’album Total magique.

we are wolves santa teresa 2026 2

Ont suivi Wavves, quatuor de surf rock californien qui roule sa bosse depuis 18 ans : évidemment, « surf rock », on pense aux Beach Boys. Mais on est loin de là : pas de petit clapotis gentil avec Wavves; ce n’est pas un tsunami non plus, mais une assez grande vague pour surfer dessus et se faire mal en tombant!

Les Américains partent les festivités avec Way Too Much, suivi d’Idiot et de King of the Beach. Le fond est plutôt pop, mais le résultat sur scène, lui, est résolument rock! Même punk par moments. Nathan Williams, chanteur et guitariste, dit qu’il adore Montréal, qu’il s’y est baladé 10 « miles » la veille et qu’il trouve la ville magnifique : les Montréalais présents ont su apprécier le compliment, mais il faudra lui rappeler pour la prochaine fois que Santa Teresa, ça ne se passe pas à Montréal non plus.

Sans surprise, Demon To Lean On est le morceau qui déclenche le plus les ardeurs, et qui donne lieu aux premiers mosh pits intéressants de la journée.

wavves santa teresa 2026 4

PyPy et La Sécurité précédaient We Are Wolves, et ont proposé des sets agréables, assez similaires : un dance-punk groovy, pas particulièrement mordant, mais assez racoleur. Autant Annie-Claude Deschênes qu’Éliane Viens-Synnott ont su amuser le maigre public présent en début de journée avec des performances basées sur l’excentricité. La Sécurité lancera d’ailleurs dans quelques semaines un nouvel album, Bingo!, son deuxième seulement, sur l’étiquette Mothland : à suivre.

la securite santa teresa 2026 7

Par ici pour consulter le compte-rendu du dimanche :

Événements à venir

Vos commentaires