crédit photo: Yves Renaud
Quichotte

Quichotte au Théâtre du Nouveau Monde | Don Quichotte au temps de la guerre civile espagnole

L’histoire classique de Don Quixote se voit transportée dans le temps vers les années 1930 en Espagne. Pendant que les débuts de la guerre civile s’installent, des écrivains, littéraires et personnes aux idées de gauche sont chassés par les nationalistes espagnols. C’est dans cette situation que se retrouve Alonso Quichano. Professeur de littérature, il est employé comme concierge chez Madame Petit, dans un bordel infâme. C’est là qu’il divertit et instruit les employés en leur lisant des livres mis à l’index.

Tel que l’histoire de Cervantes raconte, Quichotte se nomme chevalier face aux violences et tragédies dans les rues. Certain de défendre tout ce qu’il pourrait possiblement avoir à défendre, il part à l’aventure. Avant cela, il gagne le cœur d’Alvaro, employé critique devenu son écuyer. Cette charmante adaptation de Rébecca Déraspe garde l’esprit farfelu du livre original, mais avec un charme auquel on peut s’identifier. Avec la transposition de l’histoire vers le 20e siècle, l’époque devient plus accessible au public que celle de l’ère des chevaliers. Quichotte pose la question : la naïveté et la folie peuvent-elles nous faire échapper à la souffrance ?

quichotte 08* Photo par Yves Renaud.

Don Quixote au cabaret

Tout d’abord, nous sommes transportés dans une esthétique plutôt inattendue : cabaret torride au bordel. Chorégraphies complexes et pole dance incorporé dans presque chaque scène, un immense travail mené par le chorégraphe Yann Aspirot. Le dynamisme des danseurs et danseuses fond dans les scènes : ils racontent l’histoire, font vivre les illusions. Le cabaret est bien en vie avec l’accompagnement sonore d’un groupe de musique en live. Les comédiens, dansant et chantant, font preuve d’une énorme versatilité.

Il est rare qu’un spectacle frappe la marque de comédie, de sérieux et d’émotions. La pièce nous garde engagés tout au long de ses 85 minutes. C’est la beauté d’un spectacle qui n’en fait pas trop et qui est loin d’être prétentieux. Don Quichotte, joué par Normand D’Amour, garde le rythme dans son jeu. Charmante naïveté et rempli d’esprit, il ne cesse d’être divertissant.

quichotte 04* Photo par Yves Renaud.

Scénographie

Le décor statique se montre polyvalent, embelli par le jeu des comédiens. La scénographie est simple et équilibrée, et il y a très peu d’accessoires. Des ampoules flottantes habillent l’espace au-dessus de la scène, avec des séquences lumineuses qui parlent elles-mêmes. Parfois un ciel étoilé, parfois faisant scintiller les brillants sur les costumes des danseurs, les lumières flottantes ajoutent cette touche artistique de plus au décor. Les éclairages en tant que tels sont magnifiques : des couleurs complémentaires, des spots dramatiques et les tons nuancés du cyclorama illustrent visuellement les émotions des personnages tout au long du spectacle.

quichotte 03* Photo par Yves Renaud.

Toute la salle du TNM est debout pour acclamer les comédiens : Quichotte de Frédérick Bélanger et de Rébecca Désrape n’a laissé aucune personne indifférente. C’est un spectacle facile à regarder, à aller voir que l’on est fanatique de théâtre ou vivant une toute première expérience.

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