Chez Bozo, première boîte à chansons de Montréal, rouvre ses portes cette semaine
Inaugurée en 1959, mais n’étant restée ouverte que neuf mois, la boîte à chansons Chez Bozo connaît une deuxième vie grâce à l’acteur Maxime Le Flaguais et à l’auteur-compositeur-interprète Alexandre Leclerc.
Nous sommes en mai 1959 : une bande de jeunes auteurs-compositeurs-interprètes composée de Clémence DesRochers, Jean-Pierre Ferland, Hervé Brousseau, Claude Léveillée, Raymond Lévesque et Jacques Blanchet, des rêves plein la tête, décident de fonder le collectif Les Bozos, en hommage à une chanson de Félix Leclerc du même nom. Ils trouvent refuge au centre-ville montréalais et baptisent alors le 1208 rue Crescent « Chez Bozo ».
* Les Bozos, en 1959. Photo fournie par BANQ.
Chez Bozo devient la première boîte à chansons de l’histoire de Montréal : ayant connu un âge d’or dans le courant de la Révolution tranquille, les boîtes à chansons sont des lieux de changements sociaux et de découvertes, un des endroits où, culturellement, les Canadiens-Français se transforment peu à peu en Québécois.
Évidemment, le lieu met de l’avant ce que deviendra plus tard la chanson québécoise, mais laisse aussi place aux grands artistes français de l’époque : Édith Piaf, Guy Béart ou encore Yves Montand viendront poser leur marque… littéralement!
À Chez Bozo, on propose à l’invité de recouvrir un mur avec une empreinte de gouache faite avec la main. 90 mains (dont 75 identifiées!) peuvent être aperçues. Et le plus beau dans l’histoire? Même 67 ans après sa fermeture, le fameux mur de Chez Bozo, vrai pouls d’une révolution intellectuelle et culturelle, existe encore.
Voilà comment Maxime Le Flaguais et Alexandre Leclerc sont tombés encore plus amoureux de l’endroit : l’année dernière, après s’être introduit presque par erreur dans le mythique établissement, ils ont décidé de donner une nouvelle jeunesse au Chez Bozo en tombant nez-à-nez avec cette murale, désormais protégée par la Loi sur le patrimoine culturel.
Après avoir travaillé des mois sur le projet quelque peu secrètement, Le Flaguais et Leclerc inaugureront du 11 au 16 mai la nouvelle mouture de Chez Bozo avec des spectacles à tous les soirs rassemblant chaque fois cinq artistes : on compte dans l’affiche des noms comme Philippe B, Gab Bouchard, Isabelle Boulay, Klô Pelgag, Arielle Soucy, Vincent Vallières, Paul Piché ou encore Safia Nolin. Du matériel technique de l’époque permettra aux 60 chanceux qui assisteront chaque soir au concert de revivre pleinement l’ambiance de la fin des années 50 et des années 60 (notamment le RCA 44, micro sur lequel Félix Leclerc a enregistré sa première maquette!).
Et, évidemment, vous vous en doutez : après avoir donné des performances dans la petite salle, les « nouveaux » artistes rejoindront les « anciens » en apposant eux aussi leurs mains sur la murale, près de 70 ans après avoir accueilli sa dernière empreinte.
Si vous désirez assister à l’une des performances cette semaine et que vous n’avez pas votre billet, sachez que les six soirées dédiées à l’inauguration de Chez Bozo 2.0 affichent déjà complet. Mais évidemment, ce n’est qu’un début d’aventure, et les occasions se multiplieront pour revivre l’ambiance de la Révolution tranquille au cœur de cette institution rue Crescent. Maxime Le Flaguais et Alexandre Leclerc adapteront certaines offres à nos sensibilités modernes en proposant des captations vidéo sur la petite scène de Chez Bozo : Robert Charlebois, Michel Rivard et Émile Proulx-Cloutier ont déjà enregistré des performances, qui seront rendues disponibles au public dans les prochains mois.
Pour plus de détails sur la deuxième jeunesse de Chez Bozo, on vous invite à consulter le site Internet officiel de l’établissement.
* Ce texte a été réalisé à partir d’informations rassemblées dans des articles de Radio-Canada, de Charles Rioux, et du journal La Presse, de Mario Girard.

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