crédit photo: Marc-André Mongrain

Entrevue avec Luc De Larochellière | Une carte blanche pour ses 40 ans de carrière au Festival des Guitares du Monde 2026

Quarante ans après ses débuts au Festival de la chanson de Granby, Luc De Larochellière n’a visiblement aucune intention de ralentir. Le 30 mai prochain, l’auteur-compositeur-interprète présentera un spectacle carte blanche au Festival des Guitares du Monde, un événement de fermeture qui promet de prendre des allures de célébration autant musicale que générationnelle.

Invité par le festival pour souligner ses 40 ans de carrière, l’artiste voit cette proposition comme une occasion rare de revisiter son parcours tout en se donnant un nouveau terrain de jeu créatif. « Le festival voulait célébrer mes 40 ans, et je me suis dit : “je vais me faire un hommage moi-même” », lance-t-il en riant durant notre entretien. Derrière la boutade se cache toutefois un projet ambitieux, pensé comme un grand rassemblement autour de ses chansons.

Le spectacle prendra d’abord la forme d’une prestation intime à deux guitares avec le musicien Sylvain Quesnel, avant de s’élargir progressivement avec l’arrivée de plusieurs invités et musiciens. « Ça va grossir tout le long », explique De Larochellière, qui compare la structure du spectacle à une montée graduelle inspirée du mythique Stop Making Sense des Talking Heads.

Pour l’auteur de Amère America et La route est longue, la guitare demeure au centre de tout. Bien avant la chanson, c’est l’instrument qui l’a conduit vers la musique. Adolescent, il rêvait davantage de devenir guitar hero que chanteur populaire. « Je voulais être un guitariste. Un guitare-héros raté », raconte-t-il avec autodérision. Formé à la guitare classique dès l’âge de 11 ans, il reconnaît toutefois que son véritable talent naturel se situait ailleurs : l’oreille musicale et les mots.

Cette relation profonde avec la guitare explique aussi son attachement au Festival des Guitares du Monde, qu’il visitera pour une troisième ou quatrième fois. L’artiste garde un souvenir particulièrement fort de ses précédents passages en Abitibi, une région qu’il associe à une forme de pèlerinage artistique. « Quand on va en Abitibi, comme en Gaspésie ou sur la Côte-Nord, on a l’impression d’arriver dans un monde à part qui nous accueille en disant : “Tu es chez vous.” »

Des invité-es de renom

Pour cette carte blanche, De Larochellière s’est entouré d’un impressionnant groupe de collaborateurs issus de différentes générations musicales. On y retrouvera notamment Damien Robitaille, qu’il a connu comme élève à l’École nationale de la chanson, Pierre Flynn, qu’il considère comme l’un de ses grands modèles, ainsi que Jordan Officer, son « guitariste préféré au Québec ».

Sa conjointe et collaboratrice de longue date Andréa Lindsay sera également de la fête, tout comme Marie-Pierre Arthur, qui participera comme invitée vocale. À leurs côtés, une nouvelle génération de musiciens prendra aussi place sur scène, dont la batteuse Marianne Tessier et la bassiste Blanche Baillargeon.

Loin d’un simple exercice nostalgique, le spectacle veut plutôt faire dialoguer différentes époques de la chanson québécoise. Luc De Larochellière insiste d’ailleurs sur l’importance des ponts entre les générations, lui qui observe avec inquiétude une certaine rupture culturelle causée par les nouvelles habitudes de consommation musicale.

« Quand j’avais 20 ans, je ne trippais pas nécessairement sur Gilles Vigneault, mais je savais c’était qui. Aujourd’hui, il y a parfois une ignorance totale entre les générations », constate-t-il.

Malgré ce constat, l’artiste demeure optimiste. Il voit dans les festivals régionaux comme le Festival des Guitares du Monde des lieux essentiels de transmission culturelle et de découverte. On retrouve d’ailleurs à la programmation du FGMAT de jeunes artistes tels que Zagata, Pelch, Marilyne Léonard, Comment Debord ou encore Marco Ema. Selon lui, ces événements créent de véritables communautés de passionnés qui voyagent d’un festival à l’autre pour découvrir des artistes, des régions et une culture commune.

Cette volonté de créer des passerelles se reflétera directement dans le spectacle. Le public pourra y entendre les incontournables de son répertoire, mais aussi des pièces plus rares et des medleys revisités spécialement pour l’occasion. « Je veux que les gens sortent sans dire : “Maudine, il n’a pas joué ma toune.” »

Même si cette célébration marque officiellement ses 40 ans de carrière, Luc De Larochellière ne semble pas considérer ce spectacle comme un point final. Au contraire, cette aventure artistique pourrait bien nourrir de futurs projets. Lui qui croyait s’offrir une année plus tranquille admet aujourd’hui que son plan de « prendre ça mollo » est un « échec total ».

Et il en parle avec un enthousiasme contagieux.

« Je suis dans une belle période de ma vie. J’ai une belle gang autour de moi, et j’ai hâte de créer ce show-là », affirme-t-il. « Ça ne sera pas juste retourner dans des vieilles pantoufles. Ça va être vivant, créatif et festif. »

Pour en savoir plus sur le concert Carte blanche à Luc De Larochellière le 30 mai au Centre de congrès Scène Desjardins & Subura RN du FGMAT, rendez-vous par ici.

Ce spectacle viendra conclure un Festival des Guitares du Monde bien chargé. Du 22 au 30 mai, le festival proposera également des spectacles de Joe Robinson, Sons of Legion, Bleu Jeans Bleu (en spectacle extérieur gratuit pour lancer le festival), Matt Andersen, Leif Vollebekk, Laura Niquay, Brittany Kennell, Les Soeurs Boulay & Elliot Maginot, et plusieurs autres. Détails et billets par ici.


* Cet article a été produit en collaboration avec le Festival des Guitares du Monde.

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