Behemoth à l’Olympia | Âme sensible s’abstenir
Longue descente aux enfers mardi soir à l’Olympia de Montréal, qui s’est transformé pour l’occasion en véritable portail vers les abysses. Pour une seule soirée, Behemoth a ramené les ténèbres dans la métropole, accompagné d’un line-up infernal composé d’Immolation, Rotting Christ et Deicide. Dans le cadre de la tournée The Godless IV 2026, un rituel païen grandiose, où riffs colossaux et théâtralité macabre ont fait trembler les murs de la salle mythique. Behemoth n’est pas venu jouer : il est venu conquérir la ville. Âme sensible, tassez-vous du chemin!
Avant même l’entrée de Behemoth sur scène, la foule, composée majoritairement d’hommes de trente ans et plus, s’excitait comme des petits enfants. Les « grands chums » se retrouvaient et se faisaient d’énormes câlins fraternels, rare moment de tendresse au cours de cette soirée ténébreuse. Certains avaient fait la route depuis Québec juste pour passer trois heures et demie avec leurs groupes préférés. Behemoth et compagnie n’ont pas déçu.
Le quatuor black/death metal mené par le talentueux chanteur Nergal a fait une entrée sur scène impériale. Avec leurs peaux peintes en blanc et noir aux allures squelettiques, chaque membre du groupe a imposé une présence menaçante en ouvrant le spectacle avec la chanson The Shadow Elite, tirée de leur plus récent album The Shit Ov God paru en 2025.
Sur une scène aux projections et éclairages apocalyptiques, le groupe a joué un mélange de ses plus grands classiques et de ses sorties les plus récentes. Pendant une heure et demie, Behemoth a enchaîné quatorze chansons dont Ov Fire and the Void, Blow Your Trumpets Gabriel, Conquer All, Chant for Eschaton 2000 et O Father O Satan O Sun qui a conclu la soirée.
Behemoth a su puiser à travers toute sa discographie, offrant une juste représentation de son univers en passant par Satanica (1999), Demigod (2004), Evangelion (2009), The Satanist (2014), I Loved You at Your Darkest (2018), Opvs Contra Natvram (2022) et bien sûr The Shit ov God (2025). La formation polonaise nous a ainsi fait parcourir vingt-sept ans de black/death metal.
La scène, initialement étroite pour les trois premières parties, avait été réaménagée pour Behemoth. Trois micros monumentaux au style occulte trônaient en avant-plan. Derrière se dressait l’instrument de guerre du batteur Inferno, le tout devant un énorme arrière-plan arborant un visage démoniaque.
La production était grandiose et soignée. Les jeux de lumières transformaient l’Olympia, selon les chansons, en paysage apocalyptique digne de Mordor ou en autel satanique. Les multiples changements de costumes de Nergal — chapeau papal, cape noire et visage couvert de sang — renforçaient le caractère théâtral du spectacle. Behemoth transformait la scène en tableau vivant où les images étaient cinématographiques, oppressantes et surtout parfaitement maîtrisées. On sentait que Nergal, fondateur du groupe, était au sommet de son art : il commandait la foule et maîtrisait la scène tel un chef d’orchestre maudit.
Accompagné d’Orion à la basse, à la présence menaçante, et de Seth à la guitare, dont les cheveux volaient constamment au vent, ils ont offert à la foule un spectacle immersif. La musique était évidemment extrêmement forte : la batterie nous transperçait à coups de mitraillette, le son au milieu de la salle frappait comme une semi-remorque. La voix gutturale de Nergal était réellement impressionnante.
Je dois me confesser : c’était la première fois que je voyais Nergal et sa horde sur scène. Heureusement, je n’étais pas le seul. Au milieu du spectacle, Nergal a demandé sadiquement aux nouveaux initiés de lever la main : plus de la moitié de la salle avait une main en l’air. En voulant nous accueillir à bras ouverts, il a lancé à la foule que ça lui faisait plaisir de « deflower » (dépuceler) les nouveaux amateurs de Behemoth. On fait désormais partie des initiés!
Premières parties
Pour ouvrir cette longue descente aux enfers, le groupe new-yorkais Immolation a réchauffé la salle dès 18h25 . Le groupe, qui porte bien son nom car il était en feu, a joué cinq chansons de leur plus récente sortie Descent (avril 2026) : Adversary, Attrition, Bend Towards the Dark, The Ephemeral Curse et The Vengeful Winds. Ils ont aussi interprété leurs classiques An Act of God, Immolation et Swarm of Terror. Immolation a lentement fait monter la température dans une salle qui se remplissait progressivement. La foule, encore calme au début, s’est échauffée chanson après chanson, préparant le terrain pour la suite.
Le groupe grec Rotting Christ, mené par l’impressionnant Sakis Tolis, a enchaîné à 19h10 avec Demonon Vrosis et Dub-sag-ta-ke de l’album Aealo (2010), Grandis Spiritus Diavolos et Kata Ton Daimona Eaytoy de l’album éponyme (2013), Like Father, Like Son de leur plus récent album Pro Xristou (2024), Elthe Kyrie (Rituals, 2016) et Dies Irae (The Heretics, 2019). Ils ont également offert Societas Satanas, un puissant cover du titre original de Thou Art Lord. Avec la prestance d’un prêtre des ténèbres, Sakis a utilisé sa voix inhumaine comme un véritable instrument, passant avec aisance d’un chant lyrique à des growls profonds. Moins guttural que ses collègues de soirée, mais tout aussi puissant, il a fait lever le poing à toute la salle et déclenché plusieurs moshpits.
Pour clore la première partie, le légendaire groupe Deicide a interprété : When Satan Rules His World, Bastard of Christ, Behead the Prophet (No Lord Shall Live), Once Upon the Cross, Sacrificial Suicide, Serpents of the Light, Forever Hate You, They Are the Children of the Underworld, Scars of the Crucifix, Dead by Dawn et Homage for Satan. Glen Benton et sa bande ont alors déchaîné un death metal old-school brutal et sans compromis. Le chanteur hurlait comme un animal mourant, alternant des graves abyssaux et des aigus perçants dans une langue qui semblait extraterrestre. La foule, désormais survoltée, a répondu par un chaos incessant de crowdsurfing. La sécurité avait fort à faire pour empêcher les fans de monter sur scène. Un set long, intense et suffocant qui a laissé l’Olympia en ébullition, parfaitement prêt pour l’arrivée de Behemoth.
Photos en vrac
Behemoth
Deicide
Immolation
Rotting Christ
- Artiste(s)
- Behemoth, Deicide, Immolation, Rotting Christ
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- L'Olympia
- Catégorie(s)
- Black metal, Death metal, Métal,
































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