Critiques Concerts et spectacles à Montréal et Québec
FTA 2026 | Baldwin and Buckley at Cambridge à la Cinquième Salle : La force de la parole
Présenté du 28 au 31 mai à la Cinquième Salle dans le cadre du Festival TransAmériques, Baldwin and Buckley at Cambridge, de la compagnie new-yorkaise Elevator Repair Service, redonne vie à un débat historique tenu en 1965 entre l’écrivain James Baldwin et l’intellectuel conservateur William F. Buckley Jr. D’une durée d’une heure et présenté en anglais avec surtitres français, le spectacle propose plus qu’une simple reconstitution : il propose une expérience d’écoute qui met en lumière la force de la parole et la persistance de certains enjeux sociaux et politiques.
Eco Fest MTL 2026 | Un festival propulsé par la jeunesse
On sait tous que l’été au Québec est synonyme de nombreux festivals majeurs. Alors que notre attention est instinctivement dirigée vers leurs programmations impressionnantes, il est bon de se remémorer qu’ils ont tous déjà vécu une première édition, parfois très modeste. La genèse de l’Eco Fest MTL est particulièrement inspirante. Préoccupée par l’évolution rapide des changements climatiques, Catherine Ste-Marie, une jeune étudiante de 15 ans fréquentant la St-George’s School of Montreal, située dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, a imaginé ce festival dans le but de conscientiser sa communauté à la cause. Et quoi de mieux que la voix et la musique de la montréalaise Jennifer Dahl pour réunir les familles et vivre un doux moment.
Le Lac à la salle Wilfrid-Pelletier | Une relecture contemporaine du ballet classique
Présenté à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu’au 7 juin 2026, Le Lac des Grands Ballets propose une relecture néo-classique du célèbre Lac des cygnes. Chorégraphié par Ivan Cavallari sur la musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski, le spectacle réunit 75 interprètes dans une production d’une durée de près de deux heures, incluant un entracte. Soutenue par les costumes de Maria Porro, les décors d’Edoardo Sanchi et les éclairages de Marc Parent, cette adaptation transpose le récit classique dans un univers contemporain inspiré du monde de la publicité et de l’image.
Autothérapie au Festival TransAmériques | Le salut ébène
C’est enfin la saison FTA, et avec elle, sa formule danse et théâtre qui emporte tout sur son passage. Nos sensibilités à fleur de peau. Nos quêtes de rêve. Notre sentiment d’appartenance au monde en équilibre précaire. Un passage auquel conviait le danseur franco-haïtien Mackenzy Bergile dans une chorégraphie douloureuse et salvatrice dont on ne se sort pas tout à fait indemne.
Wagner et la légende de l’Anneau par l’Orchestre symphonique de Montréal|Lévitation entre le bien et le mal
Dans le programme de la soirée à la Maison symphonique, la pastille « Grandiose » apposée donne déjà un avant-goût d’élévation. Un double volet Robert Schumann (1810-1856) et Richard Wagner (1813-1883) avec Le Ring sans paroles, œuvre cyclique intense réalisée entre 1854 et 1874, sur le récit universel des forces et dérives de l’amour et du pouvoir dicté par un anneau maléfique.
L’ensemble Constantinople au Grand Théâtre de Québec | Au-delà de la performance, un acte de mémoire et de transmission
Lundi 25 mai, alors qu’une partie du cœur du Québec vivait encore au rythme des demi-finales de la Coupe Stanley, le Canadien s’apprêtant à disputer une troisième rencontre contre les Hurricanes de la Caroline, les rues désertes laissaient présager que la plupart d’entre nous étions devant nos téléviseurs (où j’aurais probablement été aussi dans d’autres circonstances). Pourtant, une salle comble accueillait l’ensemble Constantinople pour ce qui allait s’avérer, pour moi, une première rencontre attendue.
Luicidal au Turbo Haüs | Ramener les « OGs » du punk rock à Montréal
Dans la petite salle étroite du Turbo Haüs, ce vendredi 22 mai 2026, on se serait cru en Californie dans un sous-sol de Venice, U.S.A, des années 80. La scène minuscule, la moitié de l’espace dédiée au moshpit, et cette proximité avec les bands jouaient littéralement pour une centaine de fans collés les uns sur les autres. Turbo Haüs, ce bar/salle de spectacle de la rue Saint-Denis, a encore une fois prouvé pourquoi il reste un des derniers bastions authentiques de la scène underground montréalaise. Pas de production tape-à-l’œil : juste de la sueur, du son qui déchire et une foule qui vit chaque note. De Reaction à Blackout! en passant par Self Control et Hood Rats, la soirée a servi de rampe de lancement pour Luicidal, le projet réunissant des membres originaux de Suicidal Tendencies.
Chet Faker au MTELUS | Entre immersion et froideur
Le 24 mai au MTELUS, Chet Faker présentait un concert entièrement construit autour de l’atmosphère et de la retenue. Derrière ce nom inspiré de Chet Baker se cache Nick Murphy, artiste australien devenu l’une des figures marquantes de l’électro-soul des années 2010 grâce à des morceaux comme No Diggity ou Drop the Game. Sa musique mêle voix grave enveloppée d’écho, grooves électroniques répétitifs et mélancolie nocturne, dans une approche davantage tournée vers la texture et l’immersion que vers l’efficacité pop classique.
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