Luicidal

Luicidal au Turbo Haüs | Ramener les « OGs » du punk rock à Montréal

Dans la petite salle étroite du Turbo Haüs, ce vendredi 22 mai, on se serait cru en Californie, dans un sous-sol de Venice dans les années 80. La scène est minuscule, la moitié de l’espace étant dédiée au mosh pit, donnant cette proximité avec les bands qui jouent littéralement pour une centaine de fans collés les uns sur les autres. Turbo Haüs, ce bar/salle de spectacle de la rue Saint-Denis, a encore une fois prouvé pourquoi il reste un des derniers bastions authentiques de la scène underground montréalaise. Pas de production tape-à-l’œil : juste de la sueur, du son qui déchire et une foule qui vit chaque note. De Reaction à Blackout! en passant par Self Control et Hood Rats, la soirée a servi de rampe de lancement pour Luicidal, le projet réunissant des membres originaux de Suicidal Tendencies.

Dès le départ, des problèmes techniques : le guitariste Mike Clark n’est pas satisfait de sa guitare. Un musicien du groupe précédent lui prête la sienne. Pour s’excuser de ne pas avoir performé assez justement pour les fans montréalais, le groupe reprend les trois premières chansons, cette fois0ci avec une guitare bien meilleure. Le chanteur Al « from the hood » Del Barrio donne constamment des directions au technicien sonore. Un haut-parleur ne veut plus tenir debout et a dû être couché au sol. Les mosh pits constants brassent la salle. Les vétérans du punk rock californien discutent longuement avec la foule en chaque chanson. On voyait vraiment qu’ils voulaient donner une performance qui déchire.

Au-delà des anecdotes techniques et des mosh pits, cette soirée au Turbo Haüs incarnait tout ce que le punk rock représente : la communauté, la résistance et le lâcher-prise. Dans un monde où les grosses productions aseptisées dominent, voir des légendes comme Luicidal jouer dans une petite salle bondée, avec des problèmes de son et une interaction réelle avec le public, rappelle les racines du genre.

Suicidal Tendencies, formé en 1981 à Venice, en Californie, a toujours été synonyme d’attitude anti-système et de skater punk. Luicidal ramène cette essence brute avec des membres historiques. Pour les fans de longue date comme pour la nouvelle génération, c’était un privilège. Dans une ère où la musique live devient parfois trop polie, des événements comme celui-ci rappelle que le punk n’est pas mort : il sue, il crie, il tombe et il se relève.

Le groupe créé par le bassiste Louichi Mayorga, en 2012, a joué une collection de titres, notamment Knife Fight, de leur album du même nom sorti en 2014. Ils ont aussi joué quelque titre de leur album Born In Venice, paru en 2018 avec la chanson Born In Venice… Ont également été interprétées des chansons du groupe Suicidal Tendencies dont : The Prisoner, de l’album Join The Army, paru en 1987, Pledge your Allegiance, Trip At The Brain et How Will I Laugh Tomorrow, de leur album How Will I Laugh Tomorrow When I Can’t Even Smile…, paru en 1988. Le groupe a également présenté Subliminal, Institutionalized, I Want More, Memories of Tomorrow et la première chanson que Louichi avait écrite pour Suicidal TendenciesSuicidal Failure, de leur premier album paru en 1983. Luicidal, groupe d’amis depuis qu’ils ont 13 ans, ne voulait pas finir la soirée. Ils ont joué un très long set et ont pris le temps de donner un bon spectacle, passé 1h du matin.

Premières parties

La soirée s’ouvre avec Reaction, un groupe québécois qui incarne parfaitement l’esprit DIY local. Le chanteur laisse généreusement son micro en or aux fans qui hurlent les paroles avec lui. L’ambiance est étonnamment chaleureuse pour un show qui « crache » autant.

Le groupe montréalais, Self Control prend la relève. Plus abrasif, plus rapide, plus politique. Les « fuck the police » fusent sans retenue. Le rythme est frénétique. Le micro n’arrête pas de tomber ; les fans le tiennent à tour de rôle pendant presque tout le set. Un musicien manquant, bloqué à la frontière, donne au concert une ambiance encore plus underground. Self Control livre un set court, mais intense, sans compromis.

Puis arrivent les Hood Rats de Montréal. Eux qui étaient dans la foule quelques minutes plus tôt montent sur scène et déclenchent immédiatement le chaos dans la salle : mosh pit constant. Les membres se lancent dans les bras des fans, chantent avec eux, sautent. Le sol tremble littéralement sous les bonds collectifs. Le son est assourdissant et violent. Une performance qui prouve que le punk montréalais a des dents et du cœur.

Blackout! ferme la série des premières parties dans un délire total : le groupe livre un set centré sur l’emblème « sex, drugs and rock n’roll ». Une fois sa performance terminée, le chanteur, complètement ivre, descend dans la foule pour écouter son propre band terminer le show. Moment surréaliste. Le groupe punk a joué Creeper, Here We Go Again et leur classique LCS, de leur album homonyme paru en 2024. Ils ont aussi joué certaines nouvelles pièces, dont Pissing Patrol et Once Your Dead.

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