Hélène Boucher
Collaboratrice Pour rejoindre Hélène: yran_obhpure@lnubb.pnFrancos de Montréal – Jour 7 | Julien Clerc à la salle Wilfrid-Pelletier : Notre préférence
Il est le grand meneur de la « Cavalerie », un cœur de rockeur solide comme la matière d’une falaise. Celui qui arme la chanson de sémantique. Le chanteur légendaire Julien Clerc a brillé de son aura de séducteur et de sa voix puissante montant dans les échelons de l’émotion, dans un répertoire de près de soixante ans. Une suite de chansons classiques ayant comblé un public sous le charme de cet artiste phénoménal pour qui musique et respiration ne font qu’un.
Francos de Montréal 2026 – Jour 3 | Thomas Fersen et la pêche d’un soixantenaire
Qui de mieux que cet inclassable artiste hexagonal pour ouvrir la grande porte du Festival montréalais le plus fièrement francophone ? Celui que l’on reconnaît à sa voix d’orateur, initiateur depuis les années 90 de chansons débordantes d’imaginaires sans limite, a littéralement bondé Le Studio TD, du parterre au plafond ! À 63 balais, aucune poussière d’ennui sur l’auteur-compositeur-interprète à qui l’on doit Le Bal des oiseaux et (1993), Le pavillon des fous (2005) et son petit dernier, Le Choix de la reine duquel est extrait l’irrésistible Blasé qui ouvrit le concert.
FTA 2026 | Bardaje de Lukas Avendaño : Élévations d’un feu de Mezcal
Les termes danse et performance sont bien futiles pour définir la manifestation mystique s’emparant de tout l’être et l’âme de Lukas Avedaño dans sa transe Bardaje. L’artiste se consume par les pores de sa peau, sa mémoire agitée par des forces intérieures le chavirant. L’expression éclair sidérante d’une culture mexicaine de plus de deux mille ans, restituée dans l’espace divin de la Chapelle de la Cité-des-Hospitalières.
FTA 2026 | Braids & Heritage au Monument-National : Anti-country caricatural
À chaque festival ses moments spectaculaires. Et ses tentatives carrément moins enlevantes. Braids & Heritage prend la forme d’un condensé d’explorations à tendance woke qui nécessiterait un décodage plus fin et, surtout, une marche en avant sur la position de l’art. Sauf si l’objectif résidait justement à déployer un anti-spectacle. En tel cas, l’effet est total.
Autothérapie au Festival TransAmériques | Le salut ébène
C’est enfin la saison FTA, et avec elle, sa formule danse et théâtre qui emporte tout sur son passage. Nos sensibilités à fleur de peau. Nos quêtes de rêve. Notre sentiment d’appartenance au monde en équilibre précaire. Un passage auquel conviait le danseur franco-haïtien Mackenzy Bergile dans une chorégraphie douloureuse et salvatrice dont on ne se sort pas tout à fait indemne.
Wagner et la légende de l’Anneau par l’Orchestre symphonique de Montréal|Lévitation entre le bien et le mal
Dans le programme de la soirée à la Maison symphonique, la pastille « Grandiose » apposée donne déjà un avant-goût d’élévation. Un double volet Robert Schumann (1810-1856) et Richard Wagner (1813-1883) avec Le Ring sans paroles, œuvre cyclique intense réalisée entre 1854 et 1874, sur le récit universel des forces et dérives de l’amour et du pouvoir dicté par un anneau maléfique.
Architectures de la joie à la Cinquième Salle|Combats du feu par l’allégresse
Avoir rendez-vous avec Anaïs Barbeau-Lavalette s’avère à chaque évasion un gage d’en ressortir plus léger, la tête dégagée de l’étau du quotidien, de la banalité des jours. Et avec la lecture théâtrale sur fond musical d’une œuvre conjointe avec Steve Gagnon sous forme de correspondances entre un homme et une femme s’aimant simplement, le texte feuillu dégage des parfums de fraîcheur. Ensemble, ils manient des feux de Bengale pour maintenir la joie comme posture, dans un monde où colère et peur rôdent sous leurs habits sombres.
Olivier Guedj à la Cinquième Salle | Rire de la cinquantaine à belles dents
La métropole compte tout un chapelet de festivals à l’année longue, mais celui-ci manquait à ma culture. En 46 ans, le Festival Sefarad de Montréal rallie la communauté juive originaire du Maghreb et de l’Orient arabe autour d’événements scéniques comme le one-man-show Olivier Guedj, pour une soirée. Découverte d’un humoriste bien de Paname, différent de ses congénères, dentiste de jour, artiste de nuit.
Rumeur et petits jours du Raoul Collectif à l’Usine C | Cocotte-minute explosive d’un bouillon de culture
Cinq comédiens belges complètement mabouls et géniaux dans leur folle délivrance de rires à secousses. Sur leur site web, cette mention explicative de la démarche unissant Romain David, Jérôme de Falloise, David Murgia, Benoît Piret et Jean-Baptiste Szézot pourrait résumer à elle seule la puissante performance scénique : « Cette énergie adolescente constitue le mouvement dans lequel notre collectif a vu le jour en février 2009, et veut se traduire dans l’inscription d’un théâtre qui met en avant les joies de la libération. »
The Human Rights et Okapi au Ministère | Moments reggae de qualité
Toute la magie des jams reggae et du sound system réside dans la création de liens et le rapprochement humain. Hier, au Ministère, c’est exactement ce qui réunissait la formation d’ici Okapi et le supergroupe torontois The Human Rights. Aucun artifice, juste du bon reggae qui donne le sourire et revigore de nos semaines folles de dur labeur, pour ceux et celles qui préféraient se nourrir de vibes positives plutôt que de poireauter devant un match des séries.