Apashe x OSM | De l’électro instrumental qui rentre au poste !
Jeudi soir a eu lieu la première d’une série de trois concerts du producteur électro Apashe avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Mêlant déjà les sonorités électroniques aux influences orchestrales dans ses derniers albums, l’artiste a su trouver sa juste place au sein de l’orchestre et offrir une soirée qui met à la fois la lumière sur les détails de ses œuvres, mais aussi sur toute la virtuosité des musiciens.
Près de 150. C’est le nombre d’artistes du milieu de la musique classique, musiciens et chœurs, qui entourent et surplombent le compositeur électro Apashe. C’est en effet tout en sobriété, presque caché, au beau milieu de la scène et au même niveau que tout le monde, qu’il a décidé de se mettre en scène pour cette collaboration d’envergure. Et cette position dépasse le simple agencement d’espace.
Tout au long du concert, ce sont en effet les musiciens de l’OSM et les Chœurs des Petits Chanteurs de Laval qui sont mis de l’avant. Non seulement car le côté purement électronique se fond dans la masse, ne prend jamais le dessus, et leur laisse l’espace pour manifester librement toute leur virtuosité ; mais aussi à travers des effets de lumières ou des projections qui les enrobent, les soulignent, les rendent visibles.
Ceux-ci nous permettent aussi de nous amener dans divers voyages, tantôt graphiques tantôt vaporeux. Ils captivent, en toute simplicité, telle une toile de fond, sans jamais cacher complètement les artistes. La sobriété a en effet été choisie par l’artiste montréalais d’origine belge. Contrairement au Festival de jazz l’an dernier, pas de pyrotechnique ou d’explosion de feux. Et dans ce contexte, c’est tant mieux.
Pour cette occasion unique, Apashe a principalement puisé dans ses albums Renaissance (2020), Antagonist (2023) et son EP Hymns of Resilience sorti en début d’année. Lacrimosa, de son mini album Requiem (2018), un de ses premiers succès importants dans sa carrière, fait aussi partie du programme. Enfin, une parenthèse musicale de Tchaïkovski, « au naturel », sans aucun ajout électro, montre là encore la volonté de l’artiste de laisser toute sa place à la musique classique. On reconnait clairement les chansons, qui ont quasiment toutes une écriture puisant dans l’orchestral, certaines ayant été quelque peu rallongées. Un régal pour les amoureux du travail de l’artiste qui découvrent alors des extraits inédits.
Honorer la musique ensemble
Sept invités, présents sur les albums, font aussi partie du spectacle. Éclectiques, ils permettent, pour ceux qui connaissent moins Apashe, de mieux comprendre son univers. Ou devrait-on dire ces univers. En effet, à travers cette soirée, différentes ambiances, dans la palette de la douceur à l’explosivité, s’enchaînent. Certains morceaux sont plus planants, d’autres, plus épiques, et d’autres encore sont des gros beats sales qui tâchent. Rendant parfois difficile la courtoisie de rester assis sur son siège ! Et à part deux ou trois morceaux qui semblent moins bien s’accorder aux musiciens classiques, avec parfois une voix soliste peut-être un peu trop forte ou une mélodie moins enlevante, le tout fonctionne à merveille.
Comme il l’a dit lui-même sur scène, c’est son spectacle le plus calme, mais qui offre le plus de détails. Et c’est vraiment ce qui est beau dans ce concert. On parvient à constater de toute la délicatesse et l’écoute que met Apashe dans ses compositions.
Habitué à sampler beaucoup de musique classique, il affirme avec ces soirées hors du commun son talent pour l’écriture pour différents instruments. Celle-ci, créée habituellement sur des logiciels, fonctionne dans la vraie vie, avec les vrais instruments en question. Et le pouvoir de l’OSM, c’est de rendre ses propositions musicales encore plus vivantes, encore plus touchantes. C’est si trippant une lourde basse électro jouée par une contrebasse ! Même chose pour les voix. Les chœurs, qui regroupent au moins une cinquante de personnes, foudroient par leur précision, leur justesse et leur interprétation. À plusieurs reprises dans la soirée, des frissons nous parcourent le corps.
Ainsi, Apashe x OSM, qui peuvent sembler aux premiers abords aux antipodes, est une recette qui marche assurément. La complémentarité du classique avec l’univers déjà orchestral du producteur d’électro est évidente. Et cette fusion fonctionne d’autant plus que l’artiste laisse une véritable place aux musiciens et chanteurs. De leur côté, ils magnifient les compositions musicales de celui qui fait danser le monde avec ses œuvres.
Le spectacle d’Apashe avec l’OSM sera présenté à nouveau ce soir et demain. Billets par ici.
- Artiste(s)
- Apashe, Orchestre Symphonique de Montréal
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Maison Symphonique de Montréal
- Catégorie(s)
- Classique, Electro,
Événements à venir
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