Orelsan au Centre Bell | Quand l’intelligence artificielle s’invite dans une tournée de spectacles…
OrelSan utilise de l’IA dans son concert. Le millionaire n’a-t-il plus le budget pour engager des artistes, ou est-il paresseux ?
Oui oui, vous avez bien lu, mais laissez-moi d’abord vous mettre en contexte.
Jeudi soir au Centre Bell, OrelSan vient chanter pour nous, portant fièrement un chandail du CH. Son spectacle est divisé en chapitres et a une narration qui guide le choix des chansons. On y retrouve une grande partie de sa discographie, allant même jusqu’à ses premiers morceaux.
Il y a un « grand » effort de mise en scène. À travers le spectacle, des cascadeurs jouent, parfois des fans toxiques, parfois un couple toxique et parfois une version d’OrelSan toxique. Sur de grands écrans s’affichent différents types de visuels. On y voit une maison au Japon avec un puits en son centre, des effets de glitch, de la reconnaissance faciale, des monstres, etc. Seulement les effets qui n’ont pas été faits grâce à l’IA m’ont plu. Mais en fait, comment savoir ?
Je me suis rendu compte que l’IA était peut-être utilisée lors de la chanson Les Monstres. Au début, je ne suis pas sûr, mais les monstres affichés sur le grand écran ont un rendu flou dégueulasse. Je me dis que c’est sûrement l’écran ou un filtre.
Ensuite, on voit un monstre avec des clopes dégager une fumée très laide typique de l’IA. C’est alors que j’entends des gens autour de moi commencer à se poser les mêmes questions : « C’est de l’IA. Non, impossible, il ne ferait pas ça… » Ainsi, j’ai passé le reste de la soirée à essayer de déchiffrer si ce que je voyais avait été fait par un humain ou une machine qui puise et gaspille énormément d’eau. Et malheureusement, je me suis rendu compte que la majorité de ce qui était affiché pouvait très bien être fait avec de l’intelligence artificielle.
C’est bien le problème de ce spectacle. Toute la beauté et le travail de la mise en scène s’évaporent une fois qu’on se rend compte que les gens qui l’ont fait ont utilisé une technologie paresseuse et destructrice. Pourquoi n’ont-ils pas engagé des artistes ?
Le plus drôle est qu’Aurélien critique l’IA dans sa chanson Le Pacte.
Il dit : « Tu l’as voulu, les détournements d’IA, les citations bizarres où t’as pas vraiment dit ça ». Est-ce le détournement d’IA qui est responsable de cette idée ? Est-ce qu’il a écrit la moitié de ses paroles avec ChatGPT ? Voilà le problème avec l’utilisation de l’IA, c’est comme les gens qui mentent. On ne peut plus leur faire confiance.
Le pire, c’est que les spectateurs ont financé involontairement cette technologie. Combien de personnes ne seraient pas venues s’il était écrit en gros sur le billet : « la moitié des effets visuels sont faits par IA car ça va nous coûter moins cher » ?
Bref, j’espère que cela ne va pas devenir une mode chez les artistes. Maintenant, allez voir les Francos.
PS : ce texte n’a pas été écrit avec l’aide de ChatGPT, Claude, DeepSeek ou n’importe quelles applications polluantes faussement intelligentes.
N.d.l.r. : Puisque le management d’Orelsan a refusé l’accès aux photographes de presse, nous avons soigneusement respecté son esthétique en générant une image de lui sur la scène du Centre Bell par intelligence artificielle, qui sert de photo d’entête de cet article. ¯\_(ツ)_/¯
- Artiste(s)
- Orelsan
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Centre Bell
- Catégorie(s)
- Opinion,
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