FME 2026 | Une première soirée éclatante et de nombreuses découvertes à venir
Hier s’est ouverte la 24e édition du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) à Rouyn-Noranda. D’ici dimanche, près de 90 artistes et groupes locaux, nationaux et internationaux se produiront sur une quinzaine de scènes réparties aux quatre coins de la ville.
Avant de jeter un coup d’œil à ce qui nous attend au cours des prochains jours, revenons sur cette soirée d’ouverture qui a lancé les festivités.
C’est la jeune formation montréalaise Birds of Prrrey qui a eu l’honneur d’ouvrir le bal sur la grande scène extérieure avec une interprétation très convaincante des pièces de son premier album, Peace Love Homicide. Entre le cran de la chanteuse, capable de passer d’une voix vaporeuse à des envolées punk rageuses, et le jeu fougueux de la batteuse, le trio a fait preuve d’un aplomb surprenant.
* PHoto par William B. Daigle.
Pendant que Malaimé Soleil et Bon Enfant poursuivaient les festivités sur la scène principale, on s’est plutôt éclipsé un moment pour rejoindre le Petit Théâtre du Vieux-Noranda, où le multi-instrumentiste français Max Baby – avec qui le collègue Félix Rousseau-Giguère s’était entretenu récemment – concluait sa tournée québécoise. L’énergie qu’il déploie sur scène et son charisme ont peu d’égal. Ses compositions pop-rock alternatives sont redoutablement efficaces et semblent taillées pour les arénas. Cependant, présentées dans une formule garage rock appuyée par une bande sonore parfois envahissante, elles donnaient l’impression qu’on n’avait pas droit à l’expérience optimale. Cela dit, ce fut malgré tout un très bon moment.
L’artiste canado-suisse Camilla Sparksss a poursuivi sur cette belle lancée. Avec ses allures de ballerine moderne, se produisant pieds nus et multipliant les pointes derrière sa table de mixage, elle manipulait elle-même ses vinyles, ce qui conférait un côté résolument old school à son set électro-industriel abrasif et très convaincant. Les intéressés pourront la revoir au Bar Pazzo au cours du festival.
On est ensuite ressorti pour attraper la prestation de Les Louanges. Accompagné de cinq musiciens intégrant notamment saxophone, basse et batterie, Vincent Roberge a charmé la foule avec son incomparable mélange de soul, de jazz, de pop et de poésie chantée. Porté par son charisme naturel, il a interprété plusieurs pièces de son récent album Alouettes! ainsi que plusieurs succès de son répertoire. Les Louanges sait exactement ce qu’il fait sur scène et nous le rend bien.
Poursuivre jusqu’à pu d’heure (comme le veut le FME)
Il se faisait tard, mais galvanisés par cet excellent début de festival, nous avons poursuivi la soirée du côté du Bar Pazzo afin d’assister à la prestation d’Alix Fernz, figure bien connue de la scène underground québécoise et habitué du FME. Fidèle à sa réputation, il a livré un spectacle brut et incisif, porté par des sonorités synth-punk, post-punk et new wave particulièrement efficaces en fin de soirée.
Enfin, venue tout droit du Japon, la curiosité ayant eu raison de la fatigue, on s’est déplacé tard dans la nuit, ou plutôt tôt le matin, au sous-sol du Petit Théâtre pour assister à la prestation de VMO aka Violent Magic Orchestra. L’expérience avait quelque chose de franchement surréaliste. Sur une déferlante de hardcore techno et de black metal industriel, la menue chanteuse japonaise faisait résonner un chant de gorge d’une puissance étonnante. Le groupe a littéralement électrisé la salle.
Si cette première soirée a offert un excellent aperçu de l’éclectisme et de l’énergie qui font la réputation du FME, le meilleur reste peut-être encore à venir. Comme chaque année, le véritable défi au FME n’est pas de trouver quoi voir, mais d’accepter qu’il sera impossible de tout voir. Voici un survol forcément imparfait de ce qui nous attend au cours des prochains jours.
Les grandes pointures
Au fil des ans, le FME s’est imposé comme un lieu de rassemblement incontournable des figures marquantes de la scène québécoise, et cette 24e édition ne fait pas exception.
En plus de Les Louanges, qui a participé au spectacle de la rentrée jeudi soir, le public pourra retrouver Koriass. Figure incontournable du hip-hop québécois, le rappeur prendra d’assaut la scène principale extérieure vendredi avec sa plume incisive et son approche de plus en plus mélodique.
Quant à Lou-Adriane Cassidy, qui a multiplié les moments forts sur les scènes du Québec cet été, elle viendra captiver la foule grâce à sa pop-rock alternative et sa fougue sur la scène principale samedi.
Pépites et révélations à surveiller
L’une des grandes forces du FME demeure sa capacité à faire découvrir des artistes qui, quelques années plus tard, se retrouvent au sommet de l’affiche.
Vendredi en fin d’après-midi, les curieux pourront découvrir gratuitement l’univers de Muhoza, où se rencontrent pop alternative, R&B et influences jazz. Il saura certainement charmer les curieux déplacés pour le voir, comme il l’a fait en remportant la plus récente édition des Francouvertes.
Plus tard en soirée, Goodbye Karelle, qui avait marqué les esprits lors de la 22e édition avec une prestation surprise particulièrement incarnée, viendra présenter les pièces de son récent album Knuckle Breaker Maxxx au Paramount.
Le lendemain, Hawa B déploiera un univers à la croisée de la soul, du R&B et du rock alternatif. Sa voix puissante et sa présence scénique magnétique pourraient offrir l’un des moments forts du samedi.
* Hawa B au Phoque Off 2024. Photo par Normand Trudel.
Les Rouyn-Norandiens
Nul n’est prophète en son pays. Sauf, peut-être, en Abitibi. Cette année encore, le FME accorde une place de choix aux artistes originaires de Rouyn-Noranda.
L’enfant chéri de la ville, Zach Zoya, retrouvera son public vendredi soir aux côtés du producteur High Klassified. Ensemble, ils proposeront un hip-hop contemporain nourri autant par le R&B nord-américain que par des rythmiques inspirées de l’afrobeat.
Le lendemain, l’incontournable Philippe B, maître d’œuvre d’un folk raffiné et poétique, déploiera son univers feutré sur la scène du Paramount.
Enfin, les amateurs de décibels pourront se tourner vers Colony Omicron et Black Empire, qui feront trembler les murs du Petit Théâtre du Vieux-Noranda lors de la traditionnelle soirée métal du dimanche.
Nos coups de cœur
Sans rien enlever au reste de la programmation, quelques noms ont rapidement été encerclés et décorés d’une étoile au moment de consulter la grille horaire.
La scène post-punk montréalaise sera brillamment représentée par le quintette La Sécurité. La formation enflammera le Petit Théâtre du Vieux-Noranda vendredi soir en interprétant plusieurs pièces de son excellent album Bingo!, paru plus tôt cette année.
Incontournable également, le rock progressif de Marie Céleste semble sorti tout droit d’un bac de vinyles des années 1970. Les musiciens originaires d’Alma donneront vie à leur récent opus Tout ce qui brille lors d’un spectacle gratuit en fin d’après-midi samedi.
Un peu plus tard, à l’Agora des Arts, on ne voudra pas manquer Mykalle, dont les performances électro-lyriques originales captivent autant qu’elles procurent une forme de transcendance et une précieuse coupure avec le rythme du quotidien.
Le centenaire de Rouyn-Noranda
Cette année s’avère particulièrement festive alors que le FME s’associe aux célébrations entourant le 100e anniversaire de Rouyn-Noranda.
Quoi qu’il en soit, la fin de semaine s’annonce riche en prestations surprises, événements pop-up et rencontres impromptues aux quatre coins de la ville.
On vous invite à découvrir la programmation ici et on vous en reparle lundi.
Événements à venir
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FME | Événement SiriusXM avec Kamilou, Aswell
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FME | avec Grand Eugène, N NAO, Hawa B
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