Festival International Nuits d’Afrique | Guiss Guiss Bou Bess au Club Balattou : Transe électro aux effets Sabar
À mi-parcours de la 40e édition, un passage par le chaleureux Club Balattou s’impose pour aller à la souche du rassemblement, et goûter au cocktail maison le plus chargé en gingembre de la ville : le Volcan. Un espace transformé par la concoction électro-sabar-mbalax explosif d’un trio qui pousse l’audace jusqu’à son nom même, en langue wolof : « nouvelle vision ». Plongée dans un Sénégal incarné par les forces de la jeunesse et des mystères, et un beat maker français tout aussi fougueux.
Toute personne qui assistait à la performance des Guiss Guiss Bou a eu droit à un cours 101 des codes culturels et linguistiques du Sénégal. Comment saluer avec civisme. Comment démontrer par un « salam aleykoum » que l’on aspire à la paix autour de soi. Le chanteur-percussionniste Mara Seck a ce don du griot accueillant et bienveillant qui adore son pays et ses coutumes. Tout au long du concert abondant en partage oral, le public a eu le privilège d’entrer par la grande porte de Dakar pour ne jamais en ressortir. La transe électro avait créé une bulle festive immersive, celle des cérémonies sabar qui ponctuent le quotidien au pays de la Teranga. Du baptême au mariage, l’impression de vivre une euphorie en compagnie de ces ambassadeurs d’un tout autre art de vivre, coupé de l’Occident.
Enfilant les compositions de près de 10 ans, le trio communique par un même langage. Les élans électros appliqués de Stéphane Costantini et le jeu virtuose des tambours sabar de Papa Assane Samba hypnotisent. D’abord réservé, le public se lèvera de siège pour s’adonner à la transe sénégalaise, captant des ondes mystiques. La pièce Insh Allah a mis le feu aux pieds avec son message sur la persévérance et la bénédiction du Tout-Puissant. Que l’on soit croyant ou non, l’effet élévateur opère. La reconnaissance de la place de la femme avec Jigueenu Africa a marqué la soirée, tout comme l’exquis Thieb Bou Dub, ode à ce plat typique à base de riz, poisson et légumes. La fierté culturelle débordante dans toutes ces recettes mélodieuses frappées par d’infatigables tambours.
En seconde partie, le trio n’avait rien perdu de sa vitalité, de son coffre musical. Le voyage à Dakar se prolongeait, avec des surprises. Invitant tour à tour des compatriotes artistes multidisciplinaires, le public a eu droit à des performances de danse traditionnelle mbalax à couper le souffle. Un danseur survolté a même réalisé l’exploit de tourner sur lui-même et de tomber au sol à plusieurs reprises en se relevant sans mot dire ! Puis, un joueur de tama géant est monté sur scène pour ajouter encore plus de résonance au prototype tambour-console déjà chargé à bloc. Une célébration aussi entière que sincère.
- Artiste(s)
- Guiss Guiss Bou Bess
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Club Balattou
- Catégorie(s)
- Africain, Danse, Festival, Musique du monde, Performance,
Vos commentaires