The Lion King

The Lion King à la Place des Arts | Le lion est loin de vouloir mourir ce soir

Avertissement : cette critique va manquer d’objectivité. Car The Lion King est un mythe, rien de moins. Cela dit, d’autres comédies musicales pourraient lui disputer le podium de Broadway, autant récentes que plus datées. Et pourtant, celle-ci traverse les décennies sans fausse note (!!!), et rallie de nouveaux adeptes à chaque tournée.

La recette ? Un budget et une vision à la hauteur de la créativité, c’est certain. Mais surtout, une authenticité, une sincérité et une réelle volonté de toute l’équipe artistique à porter le legs de cette histoire au-delà du seul succès commercial.

Quand on constate que même les personnes les plus réticentes au style, ressortent d’une représentation surprises, époustouflées, en fredonnant l’une des chansons, on peut dire que, oui, il y a vraiment quelque chose de royal chez ce lion.

Musique royale

Quelque chose de royal et quelque chose d’intemporel devrait-on dire. Alors que le dessin animé date de 1994 et la comédie musicale, de 1997, rien n’a vieilli. En premier lieu, on a cette bande-son incroyable signée Tim Rice (indissociable de la scène musicale) et bien sûr, de Sir Elton John. Les deux ont conjugué leurs talents pour offrir des ambiances, des vers d’oreille, et surtout, des mélodies que l’on pourrait croire inventées hier. Tantôt drôle, tantôt puissante, cette commande faite au chanteur britannique a plus que respecté le cahier des charges ; elle l’a sublimé.

lion king 2026 s10 cr matthew murphy* Photo par Matthew Murphy.

Impossible également de ne pas parler de la scénographie et des costumes. Pour l’une comme pour l’autre, l’équipe de conception ne s’est pas arrêtée au défi que pouvaient représenter certains éléments.

Une falaise mobile ? Pas de problème.

Un squelette d’éléphant taille réelle ? Pfff !

La fameuse scène arrache-cœur avec les gnous ? Tranquille !

Quant aux costumes, ils rendent pleinement justice aux animaux interprétés. Au bout de quelques secondes, vous ne voyez plus les danseurs, danseuses et acrobates qui leur donnent vie. L’implication physique déployée pour les personnifier mérite le respect. Il faut de l’endurance, de la souplesse et oui, disons-le, un instinct sauvage pour que la gestuelle corresponde à Pride Rock. Au vu du premier tableau The Circle Of Life, qui nous offre une immersion poétique et enlevante, on peut se dire que la mission est accomplie. Le charme des marionnettes grandeur nature et l’agilité de la manipulation sont sans conteste l’un des points forts du spectacle.

Les comédies musicales ont souvent le don de nous transporter dans leur univers. Mais là où beaucoup y parvient à force de prouesses vocales, techniques, voire pyrotechniques, The Lion King mise aussi sur tout cela, mais surtout sur le côté humain. En laissant ses interprètes déambuler dans le public, s’adresser à lui directement dans One By One notamment, et briser régulièrement le quatrième mur, il lui donne une place très privilégiée. The Lion King est définitivement un spectacle d’ensemble, dans lequel les artistes servent un propos plus grand que leurs prestations solos.

Un récit intemporel

Et puis il y a cette histoire. Celle d’une relation entre un père et son fils, du poids des responsabilités, du deuil, de l’héritage, de l’amitié, d’apprentissage à se (re)connaitre et à grandir au travers de ses expériences, traumatiques comme joyeuses. Il y a ces personnages, charismatiques : qui ne connait pas Mufasa, Timon, Pumba ou encore le méchant Scar ?

lion king s7 cr matthew murphy* Photo par Matthew Murphy.

Côté casting, la distribution ne souffre d’aucune faiblesse, du moins physique. Eh oui, on peut ne pas faire preuve d’objectivité, mais on peut garder un certain œil critique, en particulier sur la prestation de Thembelihle Cele, en tant que Nala adulte. Lors de la Première, la comédienne manquait de dynamisme vocal sur le chant doux, et n’utilisait pas les techniques de vibrato et de twang si caractéristiques du style. Heureusement, elle a su montrer un potentiel plus solide sur les notes plus hautes.

Le son a également souffert d’imprécision, ce qui est toujours très questionnable pour un show de cette ampleur. Les percussions – centrales pour le contexte de l’histoire – raisonnaient de manière très étouffée, et plusieurs dialogues ont été perdus dans les affres de réglages de micros approximatifs.

Mais vous l’aurez compris, il en aurait fallu plus pour ternir ne serait-ce qu’une seule des sept scènes. Parmi les plus réussies ? La reprise de He Lives in You, avec une Rafiki (Zama Magudulela) et une projection de la tête de Mufasa exceptionnelles ; la disparition de Mufasa ; et The Circle Of Life de nouveau, l’intro comme la reprise finale.

lion king 2026 s3 cr matthew murphy* Photo par Matthew Murphy.

Disney’s The Lion King – ou Le Roi Lion de Disney – est installé à Montréal pour 24 représentations en tout, jusqu’au 6 septembre 2026. Détails et billets ici.

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