Entrevue avec Max Baby | L’électro-rock du producteur français le plus en vogue de la nouvelle génération
Qu’ont en commun les morceaux melodrama de disiz et Theodora, Mon sang de Clara Luciani et Real Thing de Weyes Blood et Drugdealer? Max Baby, prolifique producteur et auteur-compositeur-interprète français qui a produit et co-composé ces morceaux, tout comme ceux de plusieurs autres artistes dont Sega Bodega, Goldie Boutilier et Faerybabyy. Depuis maintenant quelques années, il travaille sur son projet musical personnel. Pour la première fois en tant qu’artiste solo, il jouera au Québec, les 28 et 29 août dans le cadre de St-Roch XP, le 1er septembre à l’Esco de Montréal et le 3 septembre à Rouyn-Noranda pour le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME).
La musique de Max Baby recoupe plusieurs genres – électro, rock alternatif, indie pop – et est inspirée de plusieurs artistes comme Television, Boards of Canada et Radiohead. Il a un son unique et chante avec une dégaine qui rappelle un peu celle de Julian Casablanca.
Pour l’artiste élevé près de Bourges, en France, l’instinct est à la base de la composition de ses chansons. Il s’inspire inconsciemment de ses bands préférés auprès desquels il a grandi et la musique se fait pratiquement d’elle-même, raconte-t-il. « Je commence un morceau et je ne sais jamais trop à quoi ça va ressembler, puis à la fin je le regarde et il a pris forme sans que je m’en rende compte quasiment. C’est un peu le morceau qui se fait tout seul, c’est marrant », confie-t-il.
Un processus créatif old school
Son deuxième EP, BREAK, est sorti à l’automne 2025. Dans la création de ce dernier, tout comme dans celle de son premier EP, OUT OF CONTROL, INTO THE WALL (2024) il s’est imposé une règle à suivre : n’utiliser que des instruments réels. Même s’il fait dans l’électro et qu’il a grandi à l’ère des GarageBand de ce monde, c’était important pour Max Baby de se mettre des limites et « de créer comme si on était un band dans les années 1970 ». Ces contraintes lui permettent de se rendre à l’essentiel de ce qu’il veut dire avec les instruments qu’il a. « J’ai une approche assez romantique par rapport à cette idée-là. Je trouve que ça évite d’être attiré dans le vortex des possibilités infinies. C’est-à-dire que quand tu dis que devant toi, [à cause des logiciels musicaux qu’offrent les ordinateurs] les possibilités sont infinies, ça peut être overwhelming. Du coup, de se limiter, je trouve que ça peut être une vraie aide créative », constate le producteur.
Pour Max Baby, qui ne vient pas d’une famille de musiciens, l’apprentissage de la musique s’est fait par lui-même, par simple passion pour la musique. Ayant commencé à faire de la « musique » en tapant des boîtes à gâteaux en métal, il a appris la guitare tout seul, en essayant de rejouer des chansons qu’il entendait à la radio.
Ensuite est venu le piano, qu’il a apprivoisé en écoutant sa mère lui en jouer. « Elle avait lu plein de bouquins qui disaient que d’exposer des bébés à beaucoup de musique et surtout de manière acoustique, c’était bien pour le cerveau et elle a essayé de faire ça, mais elle n’a jamais été vraiment forte en piano malheureusement. Au moins elle a essayé puis ça a marché franchement, donc bien joué quoi », s’exclame-t-il.
Toujours partant pour collaborer
Plus de vingt ans plus tard, le jeune artiste, qui roule sa bosse depuis quelques années déjà, travaille également comme producteur, réalisateur et compositeur avec une panoplie d’artistes.
Les plus connus? Sans doute disiz et Theodora avec lesquels il a fait le tube melodrama qui a cartonné dans la francophonie et tout particulièrement en France où il il a passé 29 semaines au numéro 1, soit le plus long règne à cette position dans l’histoire des plateformes d’écoutes du pays.
Comment s’est-il retrouvé à travailler sur ce succès monstre? « Je suis arrivé à travailler sur l’album de disiz un peu en fin de parcours et je me suis retrouvé à travailler sur des morceaux un peu divers et variés. Et melodrama existait déjà, il y avait déjà une base et je l’ai terminée. Au départ, il n’y avait pas le feat avec Theodora. Il l’a fait venir en studio. Il lui a fait écouter tout l’album. C’est marrant parce qu’il lui a dit de choisir et elle a choisi melodrama et donc elle a créé son couplet dans la nuit ; c’est une session qui a duré de 23h à 7h du matin ou un truc comme ça, mais c’était super cool », raconte-t-il, tout sourire.
La polyvalence et le talent de Max Baby l’amène à travailler avec une panoplie d’artistes et dans divers genres musicaux. Même si à l’heure actuelle il se concentre plus sur son projet musical personnel, il ne pourra jamais abandonner totalement de produire et composer pour les autres. « Ça fait aussi partie de moi, même si je me considère artiste à la base avant d’être producteur, mais, vraiment, les collaborations vont continuer », affirme-t-il.
Pour l’instant, ce qui occupe le plus ses pensées est sa mini-tournée imminente au Québec. Premières prestations dans la Belle Province en tant qu’artiste solo, ses concerts à Québec, Montréal et Rouyn-Noranda seront l’occasion pour lui de présenter son projet au public québécois et de commencer à se bâtir une audience de notre côté de l’Atlantique. C’est un défi qui l’excite tout particulièrement : « Franchement, j’ai hyper hâte. j’ai beaucoup d’amis au Québec et même de la famille. Mes deux sœurs habitent à Québec. Et Montréal, j’adore cette ville. »
« Je ne m’attends à rien. On va voir ce qui se passe. De toute façon, ce sera dans le moment que ça va se passer. J’essaie de ne pas trop réfléchir à ça de toute manière. Juste de faire les meilleurs shows possibles. C’est tout ce à quoi je pense. Mais ça va être hyper fun. Je suis rempli d’énergie et j’aime la proximité. avec le public en général. J’aime sauter dans la foule. »
Soyez avertis.
Pour assister à son concert à Montréal, vous pouvez vous cliquer ici.
- Artiste(s)
- Max Baby, St-Roch XP
- Ville(s)
- Montréal, Québec, Rouyn-Noranda
- Salle(s)
- L'Esco
- Catégorie(s)
- Alternatif, Electro, Festival, Indie, Indie Rock, Rock,

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