Holly Humberstone

Entrevue avec Holly Humberstone | La goth pop intime d’une Britannique authentique

Il y a un mois à peine, l’artiste britannique Holly Humberstone lançait son deuxième album, Cruel World, un vendredi, et jouait à Coachella le dimanche. La suite des choses n’allait pas être plus reposante : l’artiste entreprendra bientôt la tournée nord-américaine visant à promouvoir ce nouveau disque, laquelle s’arrêtera à Montréal le 4 juin prochain au Théâtre Beanfield. Et entre les deux, elle était de passage à Montréal pour une journée promo au cours de laquelle elle proposait notamment une courte prestation acoustique devant des gens de l’industrie dans les bureaux de son label Universal Music. Sors-tu? en a profité pour discuter avec celle que Vogue surnomme la « Goth Pop Princess ».

Holly Humberstone fait partie de ces artistes qui ont surgi autour de la pandémie. Âgée d’à peine 20 ans, elle se retrouve sur la  scène BBC Introducing lors du festival de Glastonbury à l’été 2019, avant de dévoiler son premier single, Deep End, et de prendre la route avec nul autre que Lewis Capaldi, juste avant la pandémie.

De l’autre côté de l’Atlantique, on la perçoit déjà comme une étoile montante. Dans son pays natal, elle a même été invitée à assurer la première partie de Taylor Swift au Wembley Stadium à l’été 2024, deux ans après avoir tourné avec Olivia Rodrigo. Solide curriculum pour un si jeune âge!

 

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On la comprendrait de s’enfler la tête. Mais Holly Humberstone se révèle, en personne, une voix et une présence d’une clarté désarmante. Entre deux souvenirs de son passage remarqué au festival Osheaga il y a trois ans, l’artiste s’est confiée sur la dualité de sa vie de performeuse et l’évolution de son processus créatif.

Pour Humberstone, la scène n’est pas qu’un lieu de travail, c’est un espace de transformation nécessaire. Elle admet d’emblée que, dans la vie de tous les jours, sa personnalité penche vers la timidité : « quand je ne suis pas sur scène, je suis assez timide et un peu introvertie », nous explique-t-elle en toute vulnérabilité.

Pourtant, dès qu’elle foule les planches, un changement radical s’opère : « je me sens comme si tout change quand je suis sur scène. Et je me sens comme si je pouvais être un personnage, être quelqu’un d’autre et s’éloigner un peu ». Cette métamorphose lui permet de livrer des chansons d’une intimité profonde, transformant ses doutes de jeune adulte en hymnes universels. Elle voit dans cet exercice une forme d’autonomisation, espérant que sa vulnérabilité « puisse faire sentir que quelqu’un d’autre est plus compréhensible, ou moins seul avec ses propres sentiments ».

Des gros festivals aux petites salles

Même si elle compte à son portefolio deux présences à Coachella, deux autres à Glastonbury et un Wembley Stadium, Holly Humberstone trouve son pied dans des plus petits lieux.  En fait, son approche du spectacle vivant varie considérablement selon le contexte. Si les festivals imposent une sélection de titres accrocheurs, le concert en salle offre une liberté narrative précieuse. Ceux et celles qui l’ont vue à Osheaga pourront en témoigner lors de son concert au Beanfield, théâtre de moins de 1000 places, dans quelques semaines.

« Dans mon propre show, je pense que ce sera plus un voyage, et je serai capable de raconter un peu plus l’histoire de Cruel World et de l’album ». Pour elle, peu importe la taille de l’audience, chaque prestation est un rappel de sa passion fondamentale. Elle note d’ailleurs qu’un lieu plus restreint est « presque mieux parce que je peux parler plus et me connecter avec les gens de manière réelle ».

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Des racines tout sauf showbizz

Son parcours artistique semble d’autant plus singulier qu’il n’est pas issu du showbusiness. Née dans une zone rurale du Royaume-Uni de parents travaillant dans le secteur médical pour les Nations Unies, Holly a grandi loin des réseaux de l’industrie. C’est dans le cocon familial, entre la poésie de son père et la fibre musicale de sa mère, qu’elle a commencé à composer.

Je me souviens de jouer au piano, il mettait ses poèmes préférés devant moi et je faisais des chansons de ses poèmes.

Ce cadre lui a offert l’espace nécessaire pour forger son identité créative aux côtés de ses sœurs.

Aujourd’hui, avec maintenant quelques années d’expérience, Humberstone aborde la suite de sa carrière avec une maturité acquise. Elle décrit la période de ses 20 ans comme une « constante crise d’identité », un sentiment qui transparaît dans son écriture. Pour son deuxième disque, elle a dû apprendre à naviguer entre les attentes et son propre besoin de temps. Contrairement au « petit scramble chaotique » de ses débuts , elle s’efforce désormais d’être plus indulgente envers elle-même, acceptant que « tu ne peux pas forcer la créativité ».

En fin de compte, Holly Humberstone perçoit son rôle de musicienne comme une bénédiction qu’elle ne tient jamais pour acquise. Inspirée par une industrie qu’elle juge aujourd’hui « dominée par les hommes [sujet qu’elle aborde d’ailleurs sur son excellente chanson Beauty Pageant], mais envahie par des femmes artistes incroyables », elle mise sur la préservation de sa santé mentale pour tenir la distance face à l’intensité des tournées mondiales. En discutant avec elle cette semaine, on a découvert une artiste lucide pour qui « n’importe quel concert est un rappel que je fais ce que j’aime vraiment, vraiment faire ».

Détails et billets pour le spectacle au Théâtre Beanfield le jeudi 4 juin par ici.

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