EMF au Ritz P.D.B. | Bien plus qu’Unbelievable!
La scène alternative anglaise du début des années 1990 a produit plusieurs groupes rangés un peu trop vite dans la catégorie des « one-hit wonders ». Pourtant, derrière le succès massif de la chanson Unbelievable, EMF incarnait quelque chose de beaucoup plus vaste : une rencontre entre le rock, la culture rave et la dance music britannique. On en faisait d’ailleurs mention dans l’article « 20 shows à voir en mai 2026 ». LesEpsom Mad Funkers (c’est ce que l’acronyme signifie!) étaient de retour pour une première fois à Montréal depuis le début des années 1990 lors d’un concert au Ritz P.D.B. dimanche soir.
Dans un Ritz P.D.B. presque vide aux alentours de 20 h, j’ai eu un petit peu peur que le concert se passe bizarrement, vu la météo clémente et le fait que le Canadien joue ce soir. Néanmoins, restant confiant, je m’installe devant la scène afin de supporter la formation new-yorkaise portée par le génialissime David Roush, véritable artiste coloré. En me documentant davantage sur le groupe, et particulièrement sur David Roush, j’ai découvert l’étendue de ses inspirations musicales : 311, Cat Power, John Coltrane ou encore The Dillinger Escape Plan. Une diversité d’influences qui aide immédiatement à comprendre la musique d’Ecce Shnak et cette impression constante de voir plusieurs univers entrer en collision sur scène.
Dès le début du concert, Ecce Shnak installe une ambiance particulière avec quelques mots de la solaire Bella Komodromos qui lance au public, en français : « Bonjour, je parle un peu de français… mais pas québécois. » Bon, c’est correct.
Visuellement et musicalement, le groupe possède quelque chose de très théâtral. Avec un côté à la David Bowie, David Roush vient directement captiver la salle. L’esthétique oscille entre post-punk coloré, chant lyrique et chaos mathcore. La voix lyrique de la chanteuse apporte une dimension totalement différente à l’ensemble et complète parfaitement le chant plus éclaté du frontman. Le résultat donne naissance à un mélange extrêmement singulier : riffs metalcore, double pédale, passages presque djent, énergie hardcore new-yorkaise et growls qui coexistent dans une espèce de collision musicale permanente.
Mon morceau coup de cœur du groupe, Prayer on Love, arrive au milieu du set après une trentaine de minutes de concert et confirme tout le potentiel créatif d’Ecce Shnak.
EMF
Après un line check extrêmement rapide, presque expéditif, EMF monte sur scène à 21 h devant un Ritz un peu plus rempli que durant la première partie, et surtout plus réceptif que pour le premier groupe. Très vite, le concert bascule dans une énergie où se croisent rave, rock alternatif et culture dance anglaise.
Sur certains concerts donnés ces derniers temps, un musicien aux claviers et à la programmation était présent, mais ce soir EMF se présente en formule quatuor avec Ian Dench, guitariste original du groupe, qui s’occupe lui-même des programmations via son pédalier.
Une setlist de 12 chansons pour 1 h 10 de show chronométré avec, au milieu du set, un mashup incroyable entre Pump Up the Jam de Technotronic, Blue Monday d’Orgy et Smack My Bitch Up de The Prodigy.
En tout cas, EMF nous a gâtés avec des pièces légendaires comme I Believe, Lies, They’re Here, la pièce LGBTQ+ Lover tirée de leur dernier EP Reach for Something Higher, sorti en 2025 avec un featuring avec Ecce Shnak, et bien sûr Unbelievable.
EMF m’a conquis ce soir et souligne son importance à la scène musicale des années 90, jusqu’à aujourd’hui.
- Artiste(s)
- Ecce Shnak, EMF
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Bar Le Ritz P.D.B.
- Catégorie(s)
- Alternatif, Dance, Pop, Rock,
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