Dominic Paquet à la salle Albert-Rousseau | Rire de vieillir sans jamais perdre son coeur d’enfant
Il y a des humoristes dont les blagues font sourire et d’autres qui créent instantanément un sentiment de familiarité. Dès les premières secondes de ce nouveau spectacle présenté devant une salle complète, on comprend pourquoi, après des décennies de carrière, Dominic Paquet demeure l’un des visages les plus appréciés de l’humour québécois. Cette nouvelle tournée, portée par du matériel inédit, prouve qu’il est possible de grandir sans renoncer à cette part de folie qui fait éclater les rires les plus sincères.
Avant même son arrivée sur scène, le ton est donné. Habituellement, les consignes d’usage sont livrées par une voix impersonnelle préenregistrée. Cette fois, Dominic Paquet prend lui-même possession du micro. À la manière d’un pilote d’avion, il détaille les procédures à suivre en cas de problème, glissant au passage quelques blagues qui déclenchent déjà les premiers éclats de rire. Une entrée en matière simple, mais efficace, qui démontre une fois de plus sa capacité à transformer le quotidien en terrain de jeu.
Après la première partie, offerte par Marco Métivier, sur scène, une immense ampoule illuminée de néons attire le regard. La scénographie ne fait pas dans la discrétion. Une musique accompagne l’arrivée de l’humoriste, qui surgit littéralement à travers cet élément central du décor. Rien n’est petit. Rien n’est fait à moitié. Tout est pensé pour créer un effet spectaculaire.
Et pourtant, malgré cette grandiosité visuelle, c’est la proximité qui domine.
Dominic Paquet rappelle qu’il s’agit de son cinquième one-man-show. À 50 ans, promet-il, le public assistera à un spectacle plus mature. Une affirmation qui provoque immédiatement le rire tant elle semble difficile à concilier avec le personnage qu’il incarne depuis toujours.
Parce que Dominic Paquet demeure Dominic Paquet.
Les célèbres « envoie donc » sont toujours au rendez-vous. Les grimaces se succèdent. La langue sort parfois pour accentuer l’effet d’une chute. Son corps devient un véritable instrument comique. Chaque mouvement, chaque posture, chaque accent adopté participe à la blague. Peu d’humoristes maîtrisent aussi bien l’humour physique sans tomber dans la caricature excessive.
Sous ses allures de grand enfant se cache toutefois une observation étonnamment juste du quotidien.
Le coût de la vie, les arrêts au Tim Hortons, la nostalgie de Zellers, la rage au volant, la vibe des conducteurs de pickup, la différence entre 40, 45 et 50 ans : Dominic Paquet s’amuse des réalités actuelles en les confrontant à l’expérience du vieillissement. Il raconte des tranches de vie qui semblent appartenir à tout le monde. Ce rire-là nait moins de la surprise que de la reconnaissance. Le public ne rit pas seulement de lui; il rit aussi de lui-même.
À quelques reprises, il chante, multiplie les parallèles improbables et ponctue certaines réflexions de son traditionnel « penses-y », devenu au fil des ans une signature aussi reconnaissable que ses expressions cultes. Bien que le matériel soit entièrement nouveau, ces clins d’oeil à son univers créent un effet rassurant. Comme retrouver un vieil ami qui aurait encore mille histoires à raconter.
Les animaux occupent également une place dans le spectacle. Ses observations sur certaines limites imposées aux animaux domestiques figurent parmi les moments les plus hilarants de la soirée. Impossible de résister devant l’absurdité des situations qu’il raconte. Ses réflexions sur les différences entre les chats et les chiens tombent aussi juste.
Un seul segment semble légèrement s’étirer : celui consacré à son Golden Doodle. L’idée amuse d’abord énormément, mais la très grande répétition finit par affaiblir quelque peu son efficacité. Heureusement, il s’agit de la seule exception dans un spectacle dont le rythme demeure autrement remarquée.
Ce qui distingue Dominic Paquet de plusieurs humoristes du même registre, c’est peut-être cette absence totale de cynisme. Là où certains misent sur la provocation ou l’ironie mordante, il choisit l’émerveillement devant les absurdités humaines. À certains égards, son énergie rappelle celle des grands maitres de l’humour physique, tout en demeurant profondément ancrée dans une sensibilité québécoise reconnaissable entre toutes.
Au moment de remercier la foule, les remerciements paraissent sincères. Le plaisir d’être sur scène est évident. Celui d’entendre rire est encore intact. Après toutes ces années, Dominic Paquet ne donne jamais l’impression d’exécuter une mécanique bien rodée. Il joue. Il s’amuse. Il s’émerveille encore.
Et c’est peut-être là le véritable secret de sa longévité: à une époque où tout semble devoir être calculé, Dominic Paquet continue simplement d’aimer faire rire.
Envoie donc, penses-y!!
Marco Métivier part le bal
La première partie était confiée à Marco Métivier. Humoriste originaire de Drummondville, actif depuis maintenant 18 ans, il puise largement dans son vécu d’homme de 45 ans et de père de deux enfants. Vieillir, voir ses habitudes changer, préférer une marche tranquille à une sortie tardive, constater que l’amour à 40 ans ne ressemble plus à ce que c’était à 20 ans : autant de sujets qui trouvent rapidement écho auprès du public. Il aborde aussi les absurdités du code vestimentaire moderne, et même la durée interminable d’une fondue chinoise. Une première partie solide, chaleureuse et rassembleuse.
- Artiste(s)
- Dominic Paquet
- Ville(s)
- Québec
- Salle(s)
- Salle Albert-Rousseau
- Catégorie(s)
- Humour,
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