Nancy Boulay
Collaboratrice (Qc) Pour rejoindre Nancy: abhffbz@vpybhq.pbzRupture à domicile au Théâtre Petit Champlain | Quand les mensonges deviennent le plus beau prétexte pour rire
Il suffit parfois d’une simple sonnerie de téléphone pour faire chavirer une soirée… et une vie. Présentée jusqu’au 15 août au Théâtre Petit Champlain, Rupture à domicile transforme un processus aussi complexe qu’une séparation amoureuse en une mécanique théâtrale d’une efficacité savoureuse. Entre quiproquos, mensonges et rencontres improbables, cette comédie estivale mise en scène par Marie-Hélène Lalande offre exactement ce qu’on attend du théâtre d’été : un moment léger, rythmé et divertissant.
Dominic Paquet à la salle Albert-Rousseau | Rire de vieillir sans jamais perdre son coeur d’enfant
Il y a des humoristes dont les blagues font sourire et d’autres qui créent instantanément un sentiment de familiarité. Dès les premières secondes de ce nouveau spectacle présenté devant une salle complète, on comprend pourquoi, après des décennies de carrière, Dominic Paquet demeure l’un des visages les plus appréciés de l’humour québécois. Cette nouvelle tournée, portée par du matériel inédit, prouve qu’il est possible de grandir sans renoncer à cette part de folie qui fait éclater les rires les plus sincères.
Zaz au Centre Vidéotron | Chanter comme si rien d’autre n’existait
Il y a des artistes qui montent sur scène pour chanter. Puis il y a ceux qui semblent incapables de rester immobiles parce que quelque chose brûle à l’intérieur d’eux. Hier soir, au Centre Vidéotron, Zaz faisait partie de cette deuxième catégorie. Pendant près de deux heures, l’autrice-compositrice-interprète française a transformé la scène en un immense terrain de liberté où la musique devenait presque une entité. Une présence impossible à ignorer. Une énergie impossible à contenir.
Le Diamant présente sa saison 2026-2027 | Ralentir le temps pour mieux regarder le monde
Il y avait quelque chose de beau dans cette salle remplie de coeurs fébriles, mercredi avant-midi, au Diamant. Quelque chose qui ressemblait à une réunion de vieux amis, à un refuge discret pour ceux qui cherchent encore à être bouleversés par l’art. Plusieurs semblaient se connaître. Comme si cet endroit, au fil des saisons, avait fini par créer sa propre communauté de fidèles.
«Aimons-nous sans attendre» | Michel Rivard face au temps qui file
Au moment où les lumières s’éteignent, une étrange douceur envahit la salle. Sur scène, un long banc de salle d’attente, derrière, un mur tapissé de feuilles épinglées, oubliées sur un babillard, une petite musique d’ambiance presque rassurante. Puis, Michel Rivard entre avec sa soif de raconter et son regard chargé de temps. Dès les premières phrases lancées pour cette proposition musico-théâtrale de Après on va où?, présenté hier au Grand théâtre, tout devient évident: il ne sera pas seulement question de musique. Il sera question de la vie. De la mort. De l’amour. Et surtout de ce qui reste à la fin.
Jo Cormier à la salle Albert-Rousseau | De la machine à l’humain
Il y a des soirs où une salle entière semble branchée sur la même prise électrique. Hier, à la Salle Albert-Rousseau, c’était le cas. Alors même que les lumières finissaient de s’ajuster, Jo Cormier lançait au micro un tonitruant «Comme on down mes petites peanuts de Québec!», déclenchant instantanément rires et cris d’amour venus de la foule. Celui qu’on a découvert avec Animal, premier one-man-show salué pour son originalité, présentait cette fois Machine, deuxième spectacle en carrière et nouvelle plongée dans ce qui l’obsède: l’humain, ses contradictions, ses élans, ses travers. Dans une époque où tout doit aller vite, où l’on doit performer et être le plus beau possible, Jo Cormier choisit plutôt de rire des contrastes. Et le salle, manifestement, n’attendait que cela.
Le vieux monde derrière nous au Diamant | Sur les traces d’un père, dans les pas d’un fils
Présenté au Diamant jusqu’au 18 avril, Le vieux monde derrière nous n’est ni une simple pièce biographique ni un exercice nostalgique sur les liens familiaux. C’est une traversée. Celle d’un fils, Olivier, qui tente de comprendre un père disparu à travers des cartes postales jaunies, des souvenirs imparfaits et ce qui reste quand le temps a passé. Sur scène, tout est simple. Pourtant, dès les premières minutes, quelque chose d’important se met en place: le sentiment d’assister à une parole vraie.
Alexandre Poulin à L’Anglicane | Ralentir, pour mieux ressentir
Il arrive parfois qu’un léger décalage fasse basculer une soirée dans autre chose. Hier, à L’Anglicane, le spectacle d’Alexandre Poulin a débuté avec une vingtaine de minutes de retard, conséquence d’un souci au bar. Une situation inhabituelle que l’artiste a nommé avec simplicité, presque avec tendresse, comme un détail de plus dans le récit de la soirée. Rien de forcé, rien de crispé. Juste un homme sur scène, prêt à reprendre là où la vie venait de s’interrompre un instant.
Macbeth au Diamant | Quand Shakespeare enfile le cuir et sent l’essence
Dès notre arrivée au Diamant, quelque chose ne tient pas en place. Une tension électrique, palpable, circule entre les corps. Comme si la foule savait déjà qu’elle n’en sortirait pas indemne. Hier soir, Macbeth, revisité par Robert Lepage, ne se contentait pas d’être présenté: il s’annonçait,, obligeait, grondait déjà avant même que la première parole ne soit prononcée.
Méthadone Bertrand à La Bordée | Entre éclats de rire et infinie solitude
Il faisait encore clair dehors à l’entrée… et il faisait encore clair à la sortie. Entre ces deux moments, le Théâtre de la Bordée accueille Méthadone Bertrand, présentée en formule 5 à 7 jusqu’à la fin mars. Avant même que la fiction ne prenne place, le directeur artistique et général monte sur scène pour introduire la pièce, un moment chargé d’émotion puisque pour quiconque le sait, il s’apprête lui-même à tirer sa révérence après plusieurs années à la tête de l’institution. Puis, presque sans transition, la scène s’anime : Madame Bertrand et Félix passent par le public pour monter sur scène.. Et avec eux, un monde entier.