Reverend Horton Heat au Théâtre Fairmount | Toujours l’oeil vif et le sourire carnassier
C’est dans un Théâtre Fairmount à pleine capacité et dans une ambiance chaude et moite que le trio aux accents rockabilly The Reverend Horton Heat nous a offert toute sa fougue et son énergie captivante, avec un concert solide et efficace. Et n’oublions pas le groupe torontois The Sufrajettes qui a magnifiquement ouvert la soirée avec leur surf rock aux accents pastels et délicieusement surannés.
En ce samedi soir, j’avais le choix quasi cornélien entre revoir Angine de Poitrine avec une foule monstrueuse ou découvrir enfin pour la première fois sur scène le trio rockabilly Reverend Horton Heat, qui avait marqué mes jeunes années avec leur excellent album The Full-Custom Gospel Sounds of the Reverend Horton Heat, sorti en 1993 chez Sub Pop. Comment ça se fait d’avoir attendu plus de 30 ans avant de les entendre enfin sur scène? Des dates qui tombaient mal, d’autres shows le même soir, tout plein de bonnes et de mauvaises excuses! Pour conjurer ce mauvais sort, c’est ce très cher révèrent qui prend la priorité ce soir, mais j’ai porté fièrement mon chandail Angine de Poitrine tout de même, même si j’étais bien le seul. De toute façon, j’avais eu déjà le bonheur et la joie de voir le fantasque duo saguenéens lors de leur lancement en avril au Club Soda, et je suis loin d’être un amateur de grosse foule : vous me trouverez plus facilement au P’tit Ours ou à la Casa Del Popolo qu’au Centre Bell…
Reverend Horton Heat est un trio originaire de Houston, Texas, qui joue un rockabilly modernisé et avec une bonne grosse dose de vitamines en plus, qui fait leur originalité et qui rafraîchit le genre pour aller dans le psychobilly avec une attitude punk, sans renier leurs origines country. Le Révérend, c’est Jim Heath, à la guitare et au chant depuis les origines de la formation en 1985, toujours sur son 36, comme ce soir avec une veste noire pleine de brillants et un élégant pantalon noir aux plis marqués avec de belles chaussures en cuir. Les cheveux blancs sont plaqués, et il est accompagné de son incontournable guitare orange de marque Gretsch, le standard en rockabilly.
De l’autre côté de la scène, la contrebasse coincée entre les cuisses, légèrement voûté avec la chevelure blanche, c’est le fidèle Jimbo Wallace, compagnon de route du Révérend depuis 37 ans, qui a même droit à une toune où l’on épelle son nom à maintes reprises. À la batterie, c’est le petit « nouveau » Jonathan Jeter, qui sévit avec le groupe depuis 2020 tout de même, producteur et multi-instrumentiste, notamment avec son groupe Jonathan Jeter and The Revelators.
Quand Jim Heath a monté précautionneusement les quelques marches vers la scène en grimaçant, j’ai eu peur que les années de tournées aient diminué les capacités du Révérend. Mais une fois sa guitare en main et planté devant son micro, la fougue refait surface, et le bonheur commence.
Si musicalement, il n’y a pas grand-chose à redire, l’énergie et la qualité des titres sont bien là : Heath est aussi bavard, avec plein d’anecdotes entre les titres. Et on repassera sur les quelques interventions stagées qui n’ont pas surpris grand monde, comme lorsque le guitariste « décide » d’interrompre le concert après 30 minutes et de sortir de scène… avant de revenir en s’étant fait désirer par le public, bon joueur malgré tout. Plus tard, c’est la « confrontation » avec Jimbo qui prend la mouche et qui quitte aussi la scène « fâché », pour mieux revenir sous les applaudissements. Mettons que le jeu d’acteur ne mérite pas vraiment un Oscar et qu’on se serait passé de ces séances de cabotinages.
Il reste que l’efficacité est bien là, malgré les années et les cheveux blancs, la fougue et l’œil vif du guitariste sont pleinement dans le moment. Avec son sourire aussi enjôleur que carnassier et son regard qui se plante droit dans mes yeux en entamant le solo de ma toune, 400 Bucks, à un mètre de moi, j’avoue que ça m’a fait de quoi, après ces 30 ans d’attente.
Avec une prestation solide et énergique, le Reverend Horton Heat a encore des choses à dire, et même si ses racines sont solidement ancrées dans le rockabilly, il sait sortir de sa zone de confort sans être perdu. Il l’a prouvé avec une reprise du Ace of Spade de Motörhead, pour clore la soirée en beauté avec un mosh pit intense.
La dernière offrande du Reverend Horton Heat propose un florilège de reprises liées à l’histoire du trio :
The Surfrajettes en ouverture
Pour débuter la soirée en beauté, c’est le quatuor instrumental The Surfrajettes qui nous enchante avec leur surf rock plein de reverb et de couleur pastel. La formation torontoise et exclusivement féminine est composée de McKenzie « Shermy » Freeman et Nicole Damoff aux guitares, Abby Jo Powell est à la basse et Annie Lillis à la batterie.
Elles sont toute habillées de la même façon : chemisier panthère, jupe courte en cuir noir et bottes de cuir blanc. Avec des perruques très années 60 et des cils aussi longs que possibles, la place est mise pour un surf rock instrumental très bien interprété avec des musiciennes aguerries et talentueuses.
Elles commencent par leur version du thème de la Soirée du Hockey, avant de nous jouer une reprise des Sadies, Clam Chowder. On aura droit aussi au fameux El cóndor pasa, ainsi qu’une poignée de titres originaux comme Banshee Bop. Le son est bien là, les guitares sont cristallines et dégoulinent de réverbération, avec une basse puissante et envoûtante. La batteuse Annie Lillis est intense et nous propose un jeu particulièrement enflammé.
Évidemment, pour terminer, on retrouve les reprises qui font leur notoriété, à savoir le Spice Up Your Life des Spice Girls et le Toxic de Britney Spears, avec un morceau du Satan’s Holiday d’Edvard Grieg (le thème de l’Inspecteur Gadget!). Le dernier titre de la soirée sera For Your Love des Yardbirds, mon groupe fétiche! J’avoue que j’aurais préféré The Train Kept A-Rollin’, l’autre titre emblématique des Yardbirds qu’elles jouent également, mais ça m’a tout de même fait plaisir.
Solides et efficaces, les quatre talentueuses musiciennes de The Surfrajettes ont été fidèles à leur réputation, avec leur surf rock sans faille et leurs reprises surprenantes à la sauce des années 60.
Photos en vrac
- Artiste(s)
- Reverend Horton Heat
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Théâtre Fairmount
- Catégorie(s)
- Psychobilly, Rock 'n' roll, Rockabilly,







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