Francos de Montréal 2026 – Les Entrevues Banane Banane | Les premières parties prennent toute la lumière avec PRINCESSES, Simon Boisseau et Alice Bro [balado]
À la Jasette des Francos de Montréal sur l’Esplanade Tranquille, le mercredi 17 juin dernier, l’équipe de Culture Cible a repris son concept de l’an dernier : les entrevues Banane-Banane! Celles-ci ont une mission bien particulière : mettre en valeur les artistes qui ouvrent les spectacles des têtes d’affiche. Animée par Marc-André Mongrain (Sors-tu?), Louis-Philippe Labrèche (Canal Auditif) et Camille Dehaene (atuvu.ca), cette série d’entretiens a accueilli cette année les membres du groupe PRINCESSES, Flavie Léger-Roy et Marie-Philippe Thibeault-Desbiens, avant de recevoir Simon Boisseau et Alice Bro.
Derrière l’humour, les costumes de bananes et l’ambiance décontractée se cachent des discussions éclairantes sur la réalité des artistes émergents, le rôle crucial des premières parties et les défis de la carrière musicale au Québec.
Invitées à quelques heures de leur prestation en première partie de Fuudge aux Foufounes Électriques, Flavie Léger-Roy et Marie-Philippe Thibeault-Desbiens ont défendu avec passion l’importance des premières parties. Pour elles, ces prestations sont bien plus qu’un simple échauffement avant le spectacle principal.
« C’est essentiel », résume Flavie Léger-Roy, qui rappelle qu’une première partie permet autant aux artistes de rejoindre un nouveau public qu’aux spectateurs de faire des découvertes inattendues.
Le duo reconnaît toutefois qu’il existe une certaine pression à se produire devant un public venu voir quelqu’un d’autre. Ouvrir pour des groupes comme Fuudge, Galaxie, Billy Talent ou même Bad Religion représente un défi, mais aussi une occasion unique de présenter l’univers de PRINCESSES à des auditoires parfois immenses.
Malgré tout, la philosophie du groupe demeure simple : offrir le même spectacle, peu importe la taille de la foule. Qu’elles jouent devant quelques personnes ou plusieurs milliers, les deux musiciennes affirment chercher avant tout à transmettre l’énergie brute et le plaisir qui sont au cœur du projet.
Une naissance dans l’épuisement… et la liberté
L’entrevue a également permis de revenir sur les origines de PRINCESSES. Les deux artistes, qui menaient déjà chacune leur carrière solo, se sont rencontrées durant la pandémie. Fatiguées de porter seules le poids administratif de leurs projets respectifs, elles ont ressenti le besoin de créer quelque chose de plus instinctif.
Le groupe est né d’une volonté de retrouver le plaisir de faire de la musique, loin des préoccupations liées à la gestion de carrière. Le rock est alors apparu comme le véhicule idéal pour canaliser leur frustration et leur désir de liberté.
Selon elles, la première chanson du groupe, J’ai-tu du fun dans’ vie, résume parfaitement cet état d’esprit. À l’époque, les deux musiciennes traversaient une période de remise en question profonde. PRINCESSES est devenu une façon de retrouver un souffle créatif et de renouer avec l’essence même de la création musicale.
Trois ans plus tard, le projet est toujours bien vivant. Un nouvel album est attendu à l’automne et le groupe continue de prendre de l’ampleur sur la scène québécoise.
Chouchoune, le membre masqué
Parmi les sujets abordés, impossible d’ignorer la présence du mystérieux « Chouchoune masqué », troisième membre du groupe. Les musiciennes ont expliqué que le masque répond autant à un désir de créer un personnage qu’à une façon pour le musicien de se sentir libre sur scène sans être constamment sous les projecteurs.
Cette dimension théâtrale contribue à l’identité visuelle du groupe et ajoute une touche ludique à un projet déjà fortement marqué par l’autodérision.
PRINCESSES à la Ligue du Rock à Saint-Hyacinthe en 2025. Photo par
Simon Boisseau : de l’ombre à l’avant-scène
Dans la seconde partie de l’entretien, Simon Boisseau est revenu sur son propre parcours. Connu comme musicien accompagnateur auprès de plusieurs artistes, il développe désormais un projet solo instrumental qui connaît une progression remarquée.
Quelques semaines seulement après la sortie de son album, le musicien s’apprêtait à assurer la première partie de Cœur de pirate dans la prestigieuse salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.
Pour Boisseau, cette invitation représente une étape importante. Signé chez Bravo Musique, le label fondé par Béatrice Martin, il voit dans cette opportunité une marque de confiance qui lui permet de présenter sa musique néoclassique et cinématographique devant un public considérable.
Le musicien a toutefois souligné les contrastes parfois saisissants de la vie d’artiste. Il peut passer d’une grande scène de festival à une prestation beaucoup plus modeste dès le lendemain. Cette réalité fait partie intégrante du métier, particulièrement lorsqu’on développe un projet instrumental indépendant.
Alice Bro et la planète Butch
À ses côtés, Alice Bro a rapidement capté l’attention grâce à son humour débridé et à son célèbre costume de « botch » géante, devenu l’un des symboles de son univers artistique.
* Photo par Charles-Antoine Marcotte.
L’artiste, qui devait assurer la première partie du Québec Redneck Bluegrass Project, a raconté plusieurs anecdotes de tournée, notamment une marche hivernale mémorable à Rimouski après une prestation avec J.P. « Le Pad » Tremblay.
Alice Bro a aussi évoqué les contrastes entre les grands événements comme M pour Montréal et les spectacles présentés dans de petites salles régionales. Loin de s’en plaindre, elle y voit une occasion de repousser les limites de sa créativité, allant parfois jusqu’à transformer un concert en véritable performance théâtrale inspirée de sa fictive « planète Butch ».
Elle a également souligné le plaisir – et parfois l’intimidation – de jouer devant des publics très attentifs, comme lors de sa première partie de Vilain Pingouin à l’Impérial Bell de Québec, en plus de revenir sur son attendrissante relation avec le leader des Pingouins, Rudy Caya, qui lui fait apparemment livré de la soupe chez elle lorsqu’elle est malade!
* Photo par Charles-Antoine Marcotte.
Célébrer les découvreurs
Au-delà des anecdotes et des éclats de rire, cette édition des entrevues Banane Banane a surtout rappelé l’importance des artistes qui ouvrent les spectacles. Souvent reléguées au second plan, les premières parties constituent pourtant un maillon essentiel de l’écosystème musical.
Que ce soit PRINCESSES en pleine ascension, Simon Boisseau qui développe patiemment son projet instrumental ou Alice Bro qui construit un univers aussi singulier qu’attachant, tous ont démontré que les découvertes les plus marquantes d’un festival se trouvent parfois avant même que la tête d’affiche monte sur scène.
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- Artiste(s)
- Alice Bro, PRINCESSES, Simon Boisseau
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Esplanade Tranquille
- Catégorie(s)
- Balado, Instrumental, Punk, Rock,
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