Le Festival de Lanaudière, plus ouvert sur le monde que jamais

Le 3 juillet prochain, le Festival de Lanaudière, mettant de l’avant des acteurs locaux et internationaux de la musique classique (mais pas que!), donnera le coup d’envoi de sa 49e édition. Nous nous sommes entretenus avec Laurie-Anne Deilgat, directrice générale du festival, et François Toutant, programmateur de la série de spectacles Hors les murs, une proposition sortant des sentiers battus qui pourra plaire à tous ceux n’étant pas forcément familiers avec cet univers.

3 juillet, place Bourget de Joliette, 19h30. Voilà les données du premier rendez-vous offert par le festival, une ouverture « festive ». François Toutant insiste sur ce mot! « L’ensemble Oktopus [qui se produira ce soir-là], ce sont tous des musiciens, à la base, qui œuvrent dans le milieu de la musique classique au Québec, mais qui ajoutent toujours un espèce d’enrobage très dansant, très Europe de l’Est, détaille-t-il. C’est un mélange entre les musiques de Brahms, de Mahler, de Kodály et de Liszt, mais dans un ensemble où il y a de la percussion, où il y a du piano, du violon. Ça bouge beaucoup et ça swing, comme on dit! »

Il y a toujours moyen, par exemple, d’aller pimenter, d’aller soit utiliser un langage qui est d’une autre culture, mais avec des instruments classiques, ou faire l’inverse, utiliser des instruments peut-être un peu plus exotiques, mais en jouant de la musique classique. C’est toujours ça, je pense, qui est notre ligne conductrice : c’est de la musique classique, mais après ça, on a le droit d’explorer. -François Toutant

oktopus emmanuelcrombez©* Photo par Emmanuel Crombez.

La série Hors les murs est née après la pandémie de Covid-19 dans une volonté du festival d’étendre ses horizons, autant dans la proposition artistique que dans les lieux. D’abord articulé autour de l’amphithéâtre extérieur Fernand-Lindsay, surtout, mais aussi autour de quelques églises de la région, le Festival de Lanaudière présente depuis quelques années cette offre alternative.

« On a commencé aussi à aller faire des concerts en extérieur dans des lieux champêtres, agro-touristiques de la région. Par exemple, cette année, on est aux Jardins Arômes et Saveurs, qui est un lieu tenu par une entreprise qui est spécialisée en épices, fines herbes, lavande. Le concert aura lieu à l’extérieur, dans un champ de lavande », détaille Laurie-Anne Deilgat, faisant référence au spectacle Mozart dans les jardins. Le 1er août prochain, la soprano Sophie Naubert, accompagnée d’un quatuor à cordes, livrera des airs ultra populaires de Mozart, comme Les Noces de Figaro ou Une petite musique de nuit, dans un contexte délicat comme tout.

« On propose également aux gens de bonifier leur expérience d’un concert avec une visite ou un complément qui va avec les lieux, poursuit Mme Deilgat. Par exemple, à la distillerie, ça vient aussi avec une dégustation de produits. Au Musée d’art de Joliette, tant qu’à être au musée, restez-y et visitez le lieu! Il y a cette complémentarité qui s’applique, car il y a une richesse et une effervescence culturelle très forte dans Lanaudière, autour de Joliette particulièrement. »

La programmation de la série Hors les murs est complétée par les spectacles Escapades à la cour du Roi-Soleil (le 4 juillet à l’espace Culturel Jean-Pierre Ferland), Le Quatuor pour la fin du Temps, une œuvre du compositeur français Olivier Messiaen (le 9 juillet au Musée d’art de Joliette), Voxpopuli au Grand Dérangement (le 14 juillet à la Distillerie Grand Dérangement) et Nebulae, par la harpise Valérie Milot (le 25 juillet au CRAPO de Lanaudière).

amphithéâtre fernand lindsay

On explore le reste de l’affiche

On sillonne la programmation du 49e Festival de Lanaudière… tiens, du Gershwin, du jazz! Marié à des airs de Carmen, de Bizet, de Saint-Saëns et de Jacques Ibert, pour le spectacle Invitations au voyage le 25 juillet, à l’amphithéâtre Fernand-Lindsay. Deux semaines avant, le joueur de mandoline israélo-marocain Avi Avital se produira dans le cadre du festival, encore à l’amphithéâtre Fernand-Lindsay.

Proposant des pièces baroques, Avital compose également et revisite le folklore de sa région. Le Festival de Lanaudière ne se limite pas qu’à la musique classique occidentale, et c’est, d’après Laurie-Anne Deilgat, l’une de ses plus grandes forces.

« C’est sûr qu’il y a une vision qui existe de la musique classique qui peut être élitiste ou très fermée, très conventionnelle. Et ici, nous, ce n’est pas du tout ça qu’on veut incarner. On fait face à une diversification du public, donc il y a aussi une nécessité de diversifier la proposition pour pouvoir enrichir le dialogue qui existe entre les artistes, les orchestres et le public également, dit-elle. Et ce n’est pas en étant dans un carcan serré qu’on va y parvenir. Parce que ce n’est pas vrai que la musique classique est restée figé dans le temps au 17e, 18e siècle. Non, c’est quelque chose qui est encore vivant aujourd’hui, qui est en mutation », poursuit Laurie-Anne Deilgat.

Un spectacle de la programmation qui allume particulièrement Mme Deilgat? Chostakovitch par Payare et l’OSM, le 18 juillet à l’amphithéâtre Fernand-Lindsay, où sera notamment présentée la 10e symphonie de Dmitri Chostakovitch.

« C’est un nom, Chostakovitch, qui commence à être de plus en plus connu. C’est un compositeur du 20e siècle qui a vraiment vécu toute l’évolution de la crise politique de la Russie, jusqu’en 1975 [année où il est mort], précise-t-elle. Et moi, ce que j’aime particulièrement de ces symphonies, c’est qu’il y a une puissance incroyable, il y a du dynamisme. Autant il peut y avoir des moments doux, très chaleureux, mais il y a aussi des moments d’une incroyable violence. Et c’est là qu’on voit tout le potentiel de l’orchestre », lance Laurie-Anne Deilgat.

Derrière la baguette, un nom que nous connaissons bien : Rafael Payare, directeur musical de l’OSM depuis cinq ans, qui vient tout juste de se faire reconduire pour cinq autres années. Une semaine plus tard, un autre visage familier, celui de Yannick Nézet-Séguin, fera son apparition au festival pour le spectacle Extase romantique, mettant en vedette la violoniste allemande Veronika Eberle.

osm 27 mai 2026 médias©gabriel fournier 5* Photo par Gabriel Fournier.

L’année prochaine, le Festival de Lanaudière célébrera sa 50e édition, un cap remarquable qui sera souligné sur « près d’un an et demi, et non sur les quelques semaines du festival », nous dévoile Laurie-Anne Deilgat.

D’ici là, on vous invite à consulter la programmation complète de la 49e édition du Festival de Lanaudière juste ici, en donnant une attention toute particulière à la série Hors les murs, permettant de conjuguer l’expérience d’un concert de musique classique à du tourisme de qualité dans la ville de Joliette et ses environs.


* Cet article a été produit en collaboration avec le Festival de Lanaudière.

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