crédit photo: Pierre Langlois
Marcus Miller

Festival international de Jazz de Montréal 2026 – Jour 1 | Souligner le centenaire de Miles Davis avec Marcus Miller

Cette année, Miles Davis aurait eu 100 ans, et le Festival international de Jazz de Montréal ne laisse rien au hasard pour souligner cet héritage, multipliant les hommages qui revisitent l’œuvre du trompettiste légendaire. Parmi eux, une relecture de Kind of Blue, portée par le trompettiste Ron Di Lauro, et le ciné‑concert Ascenseur pour l’échafaud, dont la bande sonore, signée Davis, est revisitée par le Rémi Cormier Quintet.

Pour ouvrir cette série, le concert We Want Miles – A Miles Davis Centennial Celebration, devant une salle comble à la Maison symphonique, s’est imposé comme une véritable classe de maître.

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Sur scène, cet hommage gravite autour du désormais incontournable bassiste Marcus Miller et réunit plusieurs musiciens qui, au tournant des années 1980, ont participé au retour de Miles Davis après une absence de près de six ans pour raisons de santé.

Le saxophoniste Bill Evans, que Miller présente comme l’un des artisans clés du retour de Davis sur scène, aurait même contribué à le remettre en forme en s’entraînant avec lui à la boxe. Le guitariste Mike Stern et le percussionniste Mino Cinelu, également sur scène hier soir, complètent ce noyau issu du groupe de la renaissance de Davis. Jadis jeunes et encore peu connus, ces musiciens ont accumulé au fil des décennies une expérience qui s’entend dans la maîtrise de leurs solos et se ressent dans une complicité instinctive, particulièrement dans les moments d’improvisation.

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Les accompagnaient sur scène, le batteur Anwar Marshall et le pianiste John Beasley. Dans le rôle de Miles Davis hier, le trompettiste Russell Gunn qui, comme Miles Davis, a grandi dans le East St. Louis dans l’Illinois.

Le début du concert s’est résolument ancré dans les années 1980, revisitant des pièces tirées de We Want Miles (1982), mais aussi de Tutu (1986) et Amandla (1989). Le répertoire a néanmoins remonté plus loin, du côté de la fin des années 1960 et du début des années 1970, notamment avec In a Silent Way (1969), une période que Marcus Miller a évoquée avec humour, rappelant « qu’on avait tous les cheveux plus longs et on prenait quelques substances qui nous ouvraient les horizons ».

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Le moment fort de la soirée restera sans doute Jean-Pierre, incontournable du jazz fusion issu de We Want Miles, où la mélodie de la berceuse française Dodo, l’enfant do se glisse à travers les solos. Véritable favorite du public, la pièce s’est déployée à partir d’une ligne de basse sobre mais obstinée de Marcus Miller, bientôt rejointe par les bongos de Mino Cinelu, puis par la guitare de Mike Stern, l’éclatement de la trompette de Russell Gunn et finalement une invitation de Miller à reprendre à l’unisson la mélodie de cette berceuse. Le saxophoniste Bill Evans et le claviériste s’y sont greffés à leur tour, nourrissant un crescendo festif qui a basculé par moments dans une énergie presque rock, porté par le dialogue incandescent entre Miller et Stern, avant de se conclure sous une ovation debout.

Hier soir, certes un répertoire a été revisité dans un élan de commémoration, mais avec une énergie et une modernité qui ancrent l’héritage de Davis dans le présent.

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Zohar & Adam

En début de spectacle, les deux frères musiciens américains, Zohar Cabo (claviers) et Adam Cabo (batterie), sont venus présenter un jazz minimaliste aux accents électroniques et aux influences hip-hop.

Issus d’une famille de musiciens, ils jouent ensemble depuis l’enfance, leur proximité et plaisir de jouer se traduit sur scène par une cohésion presque instinctive, communicative du début à la fin.

Ils ont proposé des pièces tirées de leur premier album encore à paraître, Osmosis. Après un passage minimaliste et abstrait, le duo a progressivement élargi la palette sonore en invitant le saxophoniste Ben Mizrach, qui a apporté une dimension mélodique plus affirmée, puis le rappeur Nory, venu injecter une énergie hip-hop inattendue dans la salle de l’OSM.

D’abord un peu réservé, le public s’est laissé gagner par la proposition. Au terme d’un set d’environ trente minutes, la salle semblait déjà conquise, ce qui pourrait laisser croire que le duo Zohar & Adam pourrait bien être l’une des nouvelles voix prometteuses du jazz contemporain.

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