La pièce qui tourne mal au Théâtre du Nouveau Monde | Une comédie chaotique
Suite aux représentations du spectacle à Drummondville l’été dernier, La pièce qui tourne mal, des productions Monarque, prend la scène au Théâtre du Nouveau Monde avec des représentations jusqu’au 28 juin. C’est une adaptation francophone du classique de comédie anglaise The Play That Goes Wrong, écrit originalement par Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields. Le spectacle lui-même est toujours un rire assuré, l’humour et les acrobaties rendent facile de plaire au public. De cette description, nous pouvions savoir un peu à quoi s’attendre des scènes absurdes avec des personnages pince-sans-rire; cependant, cette adaptation-ci en donne plus que ce qu’on s’imaginait.
Le meurtre au manoir Haversham
Nous retrouvons sur scène une troupe de théâtre amateur, la Cornley Drama Society, représentant la première pièce de leur metteur en scène, et ceci, avec peu de prouesses. Un meurtre et un mystère à l’esthétique de Clue, Le meurtre au manoir Haversham force interprètes et techniciens à se mélanger pour raconter une simple histoire : qui a tué qui. Avec un décor qui se défait en morceaux et se décompose de plus en plus au long de la pièce, nous suivons les interprètes dans leur effort de garder le fil. À travers cabotinage, oublis de texte et problèmes d’accessoires, ils se tiraillent. « The show must go on », comme on dit au théâtre ; c’est certainement le mantra de La pièce qui tourne mal.
Le décor, un pistolet chargé
Un personnage en lui-même, le décor est ce qui fait la pièce. Tout au long, elle nous garde sur le bout de notre siège, essayant de deviner quel objet tombera du mur en prochain, prendra en feu ou frappera un comédien dans le visage… Bref, l’intrigue du meurtre et du mystère est une réflexion après coup, et le divertissement réside dans la tentative de prédire le prochain pépin. Les comédiens se démontrent grâce à leur physicalité et à leurs acrobaties ; qui sait combien d’heures ça a pris pour apprendre à jouer pendant que le sol s’effondre sous eux !
Signature des productions au TNM, la construction de l’énorme décor a été exécutée avec un talent immense. Ce manoir à deux étages joue avec les hauteurs et donne l’impression qu’il y a un vrai paysage derrière ces fenêtres – c’est-à-dire, jusqu’à ce que quelqu’un accroche un rideau et fait tout tomber ! Pyrotechnie et tours de magie, ces exploits illusoires nous laissent à se demander comment ils ont fait (ou même eu le permis pour le faire)…
Quand l’humour anglais rencontre le Québec
Adapter une pièce qui est purement de l’humour anglais à la Monty Python n’est pas la chose la plus facile à faire. Pour que les blagues marchent dans les deux langues, la traduction requiert un travail d’adaptation aux contextes culturels. Toutefois, le traducteur Normand Chouinard l’exécute sans problème. L’inclusion de sacres et expressions québécoises quand les comédiens sont hors personnage ne fait qu’accentuer l’humour et la dynamique du texte. L’ensemble composé de Fabien Cloutier, LeLouis Courchesne, Guillaume Lambert, Pierre-François Legendre, Olivia Palacci, Rémi Pierre Paquin, Julie Ringuette et Jonathan Roberge est un groupe équilibré, avec une bonne dynamique dans le jeu représentant bien la gêne et la maladresse quand les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu.
- Artiste(s)
- La pièce qui tourne mal
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Théâtre du Nouveau Monde (TNM)
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