crédit photo: Maureen Sassi

Festival international de Jazz de Montréal 2026 – Jour 1 | Max Richter berce et envoûte la salle Wilfrid-Pelletier

La salle Wilfrid-Pelletier accueillait hier soir le compositeur anglais Max Richter à l’occasion de l’ouverture de l’édition 2026 du Festival international de Jazz de Montréal. Il est venu y présenter son spectacle en tournée mondiale The Blue Notebooks and In A Landscape, du nom de deux de ses albums sortis à 20 ans d’intervalle, en collaboration avec les musiciens de The American Contemporary Music Ensemble (ACME).

Le sexagénaire a transcendé la relative confidentialité des compositeurs de musique classique grâce à l’utilisation massive de sa musique en bandes originales de films (Ad Astra de James Gray) ou de séries (The Leftovers). Pour le situer à celleux qui ne le connaîtraient pas, on parle d’un artiste qui compose des musiques sans paroles atteignant le milliard d’écoutes sur les plateformes et le million d’albums vendus. Point culminant de sa carrière, il a été nommé à l’Oscar 2026 de la meilleure bande originale pour le film Hamnet de Chloe Zhao, car son morceau On the Nature of Daylight, que l’on a entendu hier, portait musicalement et émotionnellement le film.

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La salle de la Place des Arts était très remplie hier, beaucoup de têtes blanches, même si les âges du public couvraient un large éventail : on a même vu un bébé ! Ses « stories » Instagram nous ont aussi appris que Cœur de Pirate était dans la salle; c’était sans nul doute un concert à ne pas manquer. Vers 19h45, l’éclairage se tamise, et Max Richter ainsi que cinq musiciens – deux violons, un alto et deux violoncelles – font leur entrée. Le compositeur, après s’être accordé, prendra le micro et expliquera le programme de la soirée : lui et l’orchestre joueront les deux albums, In a Landscape (sorti en 2024) et The Blue Notebooks (2004) en entier, avec un entracte au milieu.

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Le premier opus était selon lui une manière de « réconcilier en musique une dualité – l’électronique et le classique, dans une société de plus en plus divisée ». Les 75 minutes de cet album sont assez planantes, émouvantes parfois. Ça berce un peu, parfois trop car il y a un côté légèrement répétitif dans ces morceaux. Le très bel éclairage intimiste (les musiciens sont éclairés par de petites lampes près d’eux, et c’est presque tout) ajoute à l’atmosphère, mais nous rend aussi très, voire trop confortables dans nos sièges.

Après l’entracte, Max Richter reprend le micro pour parler un peu de The Blue Notebooks, l’album qui l’a fait connaître et continue de définir sa carrière. « J’ai écrit cet album à un moment de ma vie où je me sentais désespéré par rapport à l’état du monde, et pour m’aider à traverser cette période je me suis mis à relire Kafka, qui est un écrivain qui aide à se mouvoir dans le monde. » Dans l’album, c’est l’actrice Tilda Swinton qui lit des extraits des Carnets bleus/Cahiers in-octavo de l’écrivain tchèque, et hier soir, il y avait également une lectrice présente sur scène. L’un des joueurs de violoncelle devenait par ailleurs « musicien volant », étant tour à tour derrière son pupitre ou au clavier électronique.

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Cette seconde partie de 40 minutes était d’une plus forte puissance émotionnelle, peut-être parce que son morceau le plus connu, évoqué plus haut, a tellement fait pleurer les foules pendant Hamnet. L’envolée lyrique des dernières secondes du dernier morceau, The Trees,  a terminé le concert de manière époustouflante, les musiciens brandissant leurs archets en l’air après les toutes dernières mesures. Seul regret de ce concert : Max Richter tournait le dos au public lorsqu’il était sur son piano « classique » – on aurait aimé le voir au moins de profil pour voir ses expressions de visage, mais au vu des applaudissements nourris et de la salle à pleine capacité hier soir, Montréal ne lui en tiendra pas rigueur.

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