Festival international de Jazz de Montréal 2026 – Jour 2 | Diana Krall à la salle Wilfrid-Pelletier : L’idylle d’une nuit
Diva et star mondiale au regard de désir, sans paillettes ni artifices, la blonde chanteuse de 61 ans s’est offerte à ses fans dans un esprit de proximité. Première de deux représentations à la salle Wilfrid-Pelletier, la chanteuse a démontré son agilité ciselée aux touches du piano, mais aussi à l’orgue lors du rappel. Presque deux heures d’émerveillement, un voyage à la découverte des partitions infinies d’une jazzy lady canadienne à l’humour trempé.
Il était évident que l’artiste hissée à maintes fois au firmament du Billboard, entourée de deux virtuoses, à la contrebasse Dennis Crouch et aux percussions Jay Bellerose, aspirait à un concert sans ligne directrice. Habile au partage de ses souvenirs, Diana Krall se plaît à prendre le temps de revenir sur des tranches de sa vie. Son attachement à Montréal, à ses figures de jazz. Sa relation avec le clan Krall, sa sœur avec qui elle découvre la puissance de la musique à l’adolescence sur l’île de Vancouver. Le temps est au récit, il lui faut se rappeler de ces moments charnières ayant fomenté son art.
Elle nous montre les feuilles de ses compositions, disposées pêle-mêle sur son élégant piano à queue comme par désinvolture. « Je prends de l’âge », lance-t-elle avec légèreté, pour justifier son attitude juvénile. Évidemment, elle n’a rien à prouver, sa marque est plus qu’imprégné dans le panorama de la grande musique. Celle de ses inspirations Oscar Petterson, Nat King Cole, Tom Waits, Tony Benett et Leonard Cohen dont elle reprendra la classique Tower Of Song. Chaque pièce atteint son degré de perfection, son ascension tout droit vers l’excellence, dans tous les registres.
D’ailleurs, par moments, la chanteuse jazz flirte avec les formes du rock, elle nous ouvre les portes de son cabaret musical. On s’imagine attablés au comptoir d’un bar tellement l’ambiance est conviviale. Puis, le rythme change, ralentit, et s’installe alors le délice des balades sulfureuses de l’artiste. Les moments feutrés initiés par ses compositions intimes, entre désirs et illusions. Les sulfureuses Almost Like Being in Love et The Look of Love dont elle susurre certaines paroles pour nous envoûter davantage. L’occasion se prête aussi à dévoiler de nouvelles perles cachées. À ces moments, Diana Krall semble plus vulnérable, sur une certaine corde raide : celle de l’appréciation du public. À plusieurs reprises, l’artiste exprime à quel point cet amour agit comme un métronome sur son art. Et l’auditoire lui rend bien.
La clôture du concert réservera encore plusieurs moments de grâce, fruits mûrs d’un répertoire de plus de 30 ans. Ses reprises de standards, tel qu’I’ve Got You Under My Skin de Cole Porter, incarne la quintessence d’une maîtrise jazz. Une femme exposée aux flammes de la passion sans en craindre les brûlures. Une respiration naturelle pour celle que l’on a dans la peau…
- Artiste(s)
- Diana Krall
- Catégorie(s)
- Festival,


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