Lorie à l’Impérial Bell | Redécouvrir Lorie au-delà de la nostalgie
Figure de la pop française dans les années 2000, Lorie n’avait encore jamais donné de concert au Québec. À l’occasion du 25e anniversaire de son premier succès Près de moi, l’artiste française vient enfin jouer enfin dans la Belle Province. Un rendez-vous très attendu par un public fidèle et nostalgique, qui n’a pas manqué de faire sentir tout son amour à l’Impérial Bell le 19 juin à Québec.
On a rarement vu un public aussi chaud et participatif dès la première partie avec la drag queen Sami Landry. Les looks phares des années 2000 étaient de la partie : fard à paupières flashy, le fameux bandana ou encore le pantalon de jogging Adidas. Ça donnait le ton à une soirée empreinte de nostalgie!
Le spectacle s’ouvre sur une projection de Lorie, en noir et blanc, dans une entrevue où elle se met à nue sur sa façon de voir sa vie et ses choix : « Je vais là où mon cœur me dit. Je souhaite qu’on soit tous dans la même énergie et qu’on profite du moment présent ». Deux décennies ont passé, elle a aujourd’hui 43 ans.
Elle n’a rien perdu de sa voix, son énergie et son charisme qui ont fait son ascension. Lorie fait son apparition sur scène en interprétant À 20 ans, dans une relecture accélérée et revampée, plus pop-rock qu’électro. C’est d’ailleurs le fil conducteur du spectacle : toutes les pièces ont été réarrangées dans une version moderne, sans toutefois perdre quelques éléments sonores de la signature des années 2000. C’est très réussi et au goût du jour.
Les trois musiciens accompagnateurs donnent du torque à ces mélodies naïves. Mention spéciale à la batterie qui joue fort et fait groover l’univers de la vedette pop. Ça aurait été facile de tomber dans des versions calquées sur les chansons originales pour ne pas décevoir, mais on sent que ce n’est pas le but ici. Le public embarque avec joie!
La force de son répertoire, c’est des vers d’oreille, qu’on soit fleur bleue ou non. Ça parlait à l’adolescente, mais aussi à la jeune adulte qui croyait naïvement au grand amour (J’ai besoin d’amour) sans se faire duper (Toute seule).
Le hic quand le public connaît les chansons par cœur
Lorie enchaîne les titres sans que la foule ne s’essouffle dans l’interprétation à tue-tête des paroles. Ce n’est pas pour rien que la tournée s’intitule « Lorie Party ».
Tous les tubes y passent, que ça soit dans leur version complète (J’ai besoin d’amour, Sur un air latino, Ton sourire) ou dans un pot-pourri (Week-end, La Positive Attitude, Ensorcelée).
On n’est donc pas surpris que le public chante TRÈS fort. Lorie se gâte en laissant souvent chanter le public sans elle, parfois à regret, la chanteuse n’interprétant plus les refrains (ou seulement les débuts) pour les laisser à la foule. C’est vrai que c’est impressionnant d’entendre autant de monde chanter avec autant d’enthousiasme (et d’amitié!) Je serai (ta meilleure amie), certainement l’un des moments les plus attendus du spectacle. Cependant, si l’on a adoré ces pièces, c’est aussi parce que Lorie les interprétait. On en aurait pris plus!
Néanmoins, l’artiste polyvalente habite très bien la scène en dansant et en faisant de nombreux clins d’oeil aux spectateurs, qu’ils soient près d’elle ou aux balcons. Habituellement entourée de danseurs, on assiste au Québec à une mise en scène minimaliste du spectacle comparé à la tournée européenne. À plusieurs reprises, la danseuse (cette fois!) se déchaîne sur des séquences rock ou électro, pour le plus grand bonheur des fans entrant dans la même transe.
Les projections sont aussi très réussies et en totale phase avec l’univers des chansons, tantôt intimes tantôt délurées, où l’on voit la Lorie comédienne.
Découvrir la femme derrière la vedette
Dans la deuxième partie du spectacle, on a aimé aussi découvrir la Lorie quarantenaire, celle qu’on connaît moins, finalement. Désormais maman d’une petite fille, elle a interprété la chanson inédite Nina en son honneur.
Dans les dernières années, elle est devenue une voix importante dans la sensibilisation à l’endométriose et à l’adénomyose, qui ont rendu difficile sa fertilité. Engagée pour mieux faire connaître ces maladies et faire tomber les préjugés sur les douleurs qui sont liées, elle a aussi tenu à faire passer ce message engagé pendant la fête.
La soirée prend alors une tournure plus intime : Près de moi en piano-voix où Lorie s’est assise près du public ou encore 20ans x 2 à propos du temps qui passe.
Et après la nostalgie?
Troisième changement de tenue pour Lorie, et le party est repogné. Vêtue d’un magnifique costume de scène en jeans pailleté, c’est le tube de l’été 2003 qu’elle entonne et qui nous rappelle aussi la Jennifer Lopez de l’époque : Sur un air latino, amplifié par le public. La transe atteint son apogée dans une ambiance électro, moment que choisit l’interprète pour aller danser dans la foule.
Pour le rappel, le guitariste s’avance sur scène et tout le monde reconnaît l’air de Je serai (ta meilleur amie), que les spectateurs interprètent sans la chanteuse, en boucle, jusqu’à la voir apparaître dans la fosse. Elle la traverse pour savourer la proximité avec son public, au rendez-vous 20 ans plus tard, alors qu’elle ne pensait jamais refaire de la musique après une pause forcée. Ça donne lieu à des beaux moments de sourires, d’excitation, de câlins; bref, toutes sortes d’expressions d’affection. C’est touchant à souhait. Et en plus, on a le plaisir d’entendre enfin un refrain complet, interprétée par Lorie, à la fin de la chanson.
Deux fois plutôt qu’une, on réentend ce succès et son premier Près de moi, cette fois dans une version plus proche de l’originale.
Sous ces airs de nostalgie feel good, on assiste au retour d’une artiste qui n’a pas fini de nous surprendre si elle continuait sa carrière en musique. Et si après cette tournée anniversaire, Lorie profitait de son profil multifacettes (comédienne, chanteuse et danseuse) pour revenir voir le Québec avec encore plus de chansons originales? C’est tout ce qu’on lui souhaite!
Lorie sera en supplémentaire le 20 juin à l’Impérial Bell, dernière date au Québec avant de repartir pour une tournée de festivals en Europe.
Sami Landry en première partie
Le public était déjà nombreux pour la première partie de la flamboyante drag queen Sami Landry, originaire du Nouveau-Brunswick. Celle qui s’est fait connaître avec sa vidéo As-tu des cigarettes sur TikTok, puis dans Canada’s Drag Race a su réchauffer la salle comme il se doit.
Vêtue de sa robe bleue pailletée, chaussures à talons rouge et son purse, Sami Landry a offert une ouverture dynamique, entre humour bon enfant et numéros drag sur des chansons d’icônes de la pop. Après avoir présenté As-tu des cigarettes sur l’instrumentale de Gimme Gimme de Britney Spears, elle a terminé son passage sur Love Can Move Mountains / River Deep Mountain High Enought de Céline Dion, où elle termine sa prestation en mangeant une carotte.
Les interactions directes avec les spectateurs et ses références aux singularités acadiennes ont largement séduit. Assez pour avoir le public dans sa poche et lui demander de l’aider à réaliser sa vidéo de soutien pour Canada’s Drag Race All Stars, qui reviendra sur Crave le 9 juillet prochain.
Bonne joueuse, la foule a embarqué sans retenue!
- Artiste(s)
- Lorie, Sami Landry
- Ville(s)
- Québec
- Salle(s)
- Impérial Bell
- Catégorie(s)
- Pop,
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