Francos de Montréal – Jour 7 | Pierre Lapointe célèbre les 20 ans de «La Forêt des mal-aimés» et son nouvel album à la Maison Symphonique
Jeudi, à la Maison Symphonique, c’était la grande première du spectacle La Forêt des Coeurs Abîmés, réunissant Pierre Lapointe et l’Orchestre Métropolitain de Montréal, sous la direction du chef Thomas Le Duc-Moreau. Les arrangements musicaux étaient inspirées des idées du talentueux Antoine Gratton. On a donc eu la chance d’assister à un concert en deux volets ; la première partie étant consacrée aux pièces de son nouvel album paru en janvier 2025, Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé, alors que la seconde revisitait ce classique chéri de la musique québécoise, La Forêt des mal-aimés. L’idée de ce projet a traversé l’esprit de sa gérante, Karine, alors qu’ils étaient en voyage à l’étranger, il y a de ça quelques mois.
Le chanteur s’est pointé sur scène vêtu d’un chic costume aux imprimés noirs et blancs. Après avoir résumé le déroulement de la soirée, il a tout de suite tenu à préciser, avec humour, qu’il mettrait de côté ses habituelles blagues et interventions entre les morceaux pour céder toute la place aux 90 minutes de musique. Puisqu’on avait assisté à sa performance à l’église de Tadoussac le week-end dernier, on a rapidement remarqué l’absence d’un piano et des ses fidèles accompagnatrices de tournée, Amélie Fortin et Marie-Christine Poirier. Les instruments de l’Orchestre se sont donc substitués à ce choix artistique.
LE MARIAGE PARFAIT
Dès l’ouverture, Toutes tes idoles nous a transportés avec légèreté, sous les belles envolées de cuivres et de cordes, avant d’enchaîner avec Hymne pour ceux qui ne s’excusent pas. Difficile de ne pas craquer, sa voix était comme à l’habitude, puissante et juste. La charmante introduction musicale de la troisième pièce de l’album, Comme les pigeons d’argile, a donné l’occasion à l’artiste de mettre l’accent sur le texte, la musique jouant plutôt le rôle de sous-trame. Solennel devant son micro, Pierre Lapointe s’est ensuite lancé dans l’exercice périlleux et exigeant du morceau Dans nos veines. Une performance accueillie sous un tonnerre d’applaudissements.
Ceux qui sont familiers avec le plus récent opus de Lapointe ont certainement déjà remarqué ici qu’il nous a présenté l’intégralité de l’album, tout en respectant sa chronologie. Moment comique lorsqu’il s’est un peu « enfargé » sur le rythme de sa composition Le secret, en s’exclamant « J’étais tellement fier de l’avoir ! ». Note parfaite pour l’espace réservé aux percussions sur L’amour est une bague alors que nos émotions ont grimpé d’un cran à l’écoute de la naïve Arrête de sourire. Bien que la qualité du son soit prioritaire aux éclairages à la Maison Symphonique, on aurait peut-être pu songer à leur accorder une place de choix sur Madame, bonsoir, en raison de son interprétation théâtrale et intime. Avant la pause, on s’est laissé bercer tout en fermant les yeux, aux doux sons des violons accompagnant Où iront nos souvenirs ; il ne manquait que des chants d’oiseaux !
QUAND ON S’ATTAQUE AUX CLASSIQUES
Le chanteur nous avait réservé une surprise au retour de l’entracte. Disons que la principale attraction des premières minutes n’était pas uniquement l’interprétation de Dans la forêt des mal-aimés. Son changement de costume contrastait avec le précédent, c’est le moins qu’on puisse dire. Il portait un long manteau jaune, coloré de nombreuses bulles de couleurs, un legging saumon et d’étranges chaussures bleu pastel, ne laissant pas le public indifférent. Il s’est même amusé à dire plus tard qu’ils n’avaient pas consacré d’énergie sur les éclairages et le décor, en ajoutant « Je me rends compte que c’est moi, le décor ! ».
Et nul besoin de connaître parfaitement cet album pour réaliser son immense potentiel symphonique. L’artiste a rappelé sa genèse (une réalisation de Jean Massicotte), une aventure qui, à l’époque, s’était conclue à la Place des Festivals. Les magnifiques arrangements de Deux par deux rassemblés n’ont pas conduit ce succès vers le grand déploiement que tout le monde anticipait (à notre grand bonheur, on nous avait réservé une version beaucoup plus dynamique lors du rappel). Encore cette fois, l’ordre a été respecté, incluant les pièces instrumentales. L’idée de conclure la pièce L’endomètre rebelle uniquement sur les notes des flûtes traversières était brillante. Et pour une des rares occasions de la soirée, le chanteur de 45 ans a sollicité la participation de l’auditoire pour le refrain de Nous n’irons pas. Soulignons qu’à de multiples reprises, Pierre a fait preuve de délicatesse envers l’orchestre en se plaçant en retrait ; chapeau pour ça !
Pour conclure, en quelques mots, l’adaptation, l’interprétation et l’orchestration : magistrales.
Sa tournée se poursuit, sans l’orchestre bien entendu ! Tous les détails sur le site du chanteur.
- Artiste(s)
- Orchestre Métropolitain, Pierre Lapointe
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Maison Symphonique de Montréal
- Catégorie(s)
- Canadien, Chanson, Classique, Festival, Francophone, Québécois,
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