Kurt Vile and the Violators au Théâtre Beanfield | Nonchalant, mais loin d’être paresseux
Le mercredi 17 juin, au Théâtre Beanfield, Kurt Vile and the Violators présentaient le deuxième spectacle de leur tournée internationale. Connu initialement comme guitariste de The War on Drugs, Vile a commencé sa carrière solo il y a maintenant près de 10 ans. Il part en tournée à la suite de la sortie de son album en mai dernier, Philadelphia You’ve Been Good to Me, avec les Violators (Jesse Trbovich, Kyle Spence et Adam Langellotti). L’album de 64 minutes, une ode à ses origines, vise à capturer dans sa vraie gloire sa ville natale qui a formé sa musique. Ce dernier étant son 10e album sorti, Kurt Vile a collaboré avec une variété d’artistes au long de sa carrière, dont The Sadies, auxquels on a eu droit en première partie.
Kurt Vile and The Violators
Un vieux panneau publicitaire, presque identique à celui sur la couverture du nouvel album, s’illumine en arrière-scène pendant que Kurt et les Violators s’installent. À la suite du chargement sur scène de plus de huit guitares, un pedal board qui prenait deux personnes à rentrer, et une variété d’autres instruments, la soirée annonce déjà sa polyvalence musicale.
C’est alors commencé. La figure vêtue de flanelle reste plutôt distante dans son attitude. Chansons d’amour, de peine – il reste caché derrière ses cheveux, préférant laisser la guitare parler pour lui. Cette nonchalance vient en contraste avec les riffs ensoleillés et errants qu’il explore librement. Les Violators l’accompagnent sans hésitation, gardant une cohésion musicale malgré autant de changements d’instruments que leur frontman. Le tout s’assimile facilement : du indie-rock décontracté, marchant sur la ligne de crête entre nostalgie et existentialisme. Vile, une incarnation du mouvement slacker avec une démarche qui ne semble pas avoir changé depuis son adolescence, se fond dans ses chansons, les laissant là, sans influence. Chacune de celles-ci est ponctuée par des « Yeah bro » et des fist pumps à la foule.
À ne pas confondre avec de la timidité, l’attitude réservée de Kurt Vile reste charmante, n’enlevant rien à la musique, mais laissant plutôt place à la poésie de ses chansons, dont certaines sont interprétées pour la toute première fois sur scène depuis la sortie du nouvel album. Kurt passe alors un moment sur scène avec une guitare acoustique, interprétant quelques chansons en solo. Avec une reprise de How Lucky Can One Man Get?, l’influence du génie de John Prine sur la simplicité et la profondeur de ses œuvres apparaît clairement. Quand nous pensions que c’était fini, il est revenu pour un rappel de trois chansons, la dernière étant Cool Water avec Travis Good des Sadies. Le Théâtre Beanfield était laissé dans un état de calme, revenant encore de l’éloquence musicale qui venait d’y être produite.
The Sadies
En première partie s’est produit le groupe légendaire canadien The Sadies. Les fans des Sadies sont fidèles : il ne faut que quelques chansons avant que quelqu’un dans la foule crie « meilleur band ever! ». Après la mort du cofondateur et frontman Dallas Good en 2022, le groupe a continué en trio avec ses parties redistribuées à son frère Travis. The Sadies ont aussi fait plusieurs collaborations avec d’autres artistes au long de leur carrière, notamment John Doe de X, Rick White et, bien sûr, Kurt Vile.
Montant sur une chanson de Bob Dylan, les Sadies mettent bien en place leur ambiance. Veston-cravates et lunettes de soleil, ils n’étaient pas là pour niaiser – sans tarder, ils se sont lancés dedans. Avec un dynamisme exceptionnel, le groupe passe d’une teinte de surf rock au country à des breakdowns plus heavy. Good navigue des riffs à la guitare de plus en plus rapides et de plus en plus impressionnants. Le groupe termine son set avec Stop and Start de leur album sorti en 2022, Colder Streams. Le public est laissé avec des bribes de l’instrumental rockabilly des Sadies, résonnant encore dans leurs têtes.
Photos en vrac
Kurt Vile and the Violators
The Sadies
- Artiste(s)
- Kurt Vile and the Violators, The Sadies
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Théâtre Beanfield
- Catégorie(s)
- Alternatif, Americana, Grunge, Indie Rock, Lo-fi, Rock, Stoner rock,















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