Francos de Montréal – Jour 8 | Abracadabra, Klô Pelgag nous jette un sort
Klô Pelgag serait-elle notre David Copperfield? D’un coup de baguette magique, et avec une pincée de poudre de perlimpinpin, elle a ensorcelé la Place des Festivals avec son électro-pop texturée. Un spectacle qui confirme une fois de plus sa pertinence, comme si elle avait vraiment besoin qu’on le « confirme une fois de plus »…
On commence le concert comme on commence l’album Abracadabra, son plus récent en date : l’instrumentale de la chanson Le sang des fruits rouges retentit dans les haut-parleurs de la Place des Festivals, l’ambiance mystique à la flûte qui fait vite place à de l’électronique. Klô Pelgag se dévoile en bout de scène, en haut d’escaliers, avec un manteau trop grand, style David Byrne. Elle se laisse désirer, applaudir quelques secondes, puis enchaîne avec la mélodie atypique de Pythagore.
Les rythmes sont durs à assimiler, mais ça reste hypnotisant et accrocheur : Klô Pelgag, c’est de la pop, mais il ne faut pas s’attendre à de la pop comme les autres. Il y a un certain twist, des épices particulières qui l’élèvent au-dessus des autres.
Du rouge sang aux éclairages, on passe au vert : Klô Pelgag poursuit avec Libre et Coupable, livrant pratiquement dans le même ordre les quatre premières chansons d’Abracadabra. « Si ce ne serait pas la crème de la crème ici présente », dit-elle au micro, s’adressant au public pour la première fois après une quinzaine de minutes de spectacle. « Est-ce que vous voudriez faire un voyage dans le temps avec moi? On s’en va pas si loin que ça, en 2020. » Oh, mais comme ça a l’air loin et différent, cette époque. Klô Pelgag a une façon particulière de s’adresser à nous. Elle n’est pas à l’aise, mais ça a son charme : c’est la révolution des introvertis!
Elle embarque au piano, puis livre la chanson À l’ombre des cyprès de l’album Notre‐Dame‐des‐Sept‐Douleurs : ses lignes au clavier terminées, elle glisse à la gauche et à la droite de la scène sur sa chaise de bureau à roues. Amusant!
Pour la prochaine, Klô Pelgag invite sur scène « la personne pour qui elle a écrit cette chanson », soit sa fille, qui tient une caméra dont l’image est retransmise en direct sur un écran. C’est adorable! Sa fille gagnera d’ailleurs la scène à plusieurs autres moments de la soirée, notamment sur Deux jours et deux nuits, dansant sans gêne comme nous, adultes, n’osons plus. Quel souvenir magnifique ce sera quand elle aura une vingtaine d’années. Sa fille ne réalise pas l’ampleur du moment, mais danser avec sa mère devant des milliers de personnes, ça a son pesant d’or. Heureusement qu’il existera des archives.
Sur Décembre, Klô Pelgag dévoile son visage le plus « rock » : les rythme sont très particuliers, et les arrangements, atypiques. C’est oppressant, un peu glauque. Ça reste de la pop, très alternative, mais de la pop quand même! Quelle chanson, survoltée et étrange, qui vire électro-noise vers la fin. Un des sommets de la soirée.
Retour dans le passé : Klô Pelgag calme une nouvelle fois le jeu en piano-voix avec la magnifique Comme des rames, qu’elle appelle une « douceur de son premier album ». « Parce que j’étais encore un être si pur, qui ne se doutait pas que vous seriez là ce soir », ajoute-t-elle. « J’ai croqué ta pomme, ta pomme d’Adam », chante-t-elle. C’est vrai, on la connaît bien.
Puisqu’elle a chanté « la plus vieille chanson de son répertoire », elle chante alors juste après la plus récente. Klô Pelgag invite un certain Joseph, Joseph Marchand pour être plus précis, pour livrer en duo Le roi de la montagne, une face B qui vient tout juste de sortir.
Finale déjantée : Klô Pelgag monte sur les épaules d’un homme, qui se déplace à travers la foule pendant qu’elle interprète Les puits de lumière. Gagnant à nouveau la scène, elle livre Rémora (au riff à la guitare qui nous rappelle un certain Angine de Poitrine) alors que… tiens, Paul Piché?! Il sort des coulisses du côté jardin de la scène, vient faire une accolade à Klô, puis gagne aussitôt le backstage du côté cour, tout ça en quelques secondes. Il n’empoigne pas le micro, ne salue pas réellement la foule. Il part et repart, c’est tout. Surprenant, et tellement un drôle d’instant.
* Photo par Frédérique Ménard-Aubin.
Les olés, olés fusent, c’est l’heure du rappel : l’artiste propose une version très « Klô » du classique des classiques Le Temps des Cathédrales, de la comédie musicale Notre Dame de Paris. Si seulement il pouvait y avoir Bruno Pelletier… Souhait exaucé : le ténor aux cheveux d’argent gagne les planches. L’instant est épique, épique je vous dis! Quel duo, LE clou de la soirée, sans l’ombre d’un doute.
* Photo par Frédérique Ménard-Aubin.
Plus solennelle, Klô Pelgag nous dit au revoir sur Umami : aurait-elle dû plutôt finir avec Le Temps des Cathédrales à la place? Peut-être. C’est littéralement impossible de toucher un tel high. La Gaspésienne ramène encore sa fille, omniprésente, puis l’artiste et son groupe partent sur la musique de Jurassic Park.
Déjanté, étrange, diablement hypnotisant. C’est du Klô, et on en a tous un peu besoin en ce moment.
Grille des chansons
- Le sang des fruits rouges
- Pythagore
- Libre
- Coupable
- À l’ombre des cyprès
- Lettre à une jeune poète
- Sans visage
- Le goût des mangues
- Jim Morrison
- Décembre
- Deux jours et deux nuits
- Mélamine
- Comme des rames
- Le roi de la montagne
- Les puits de lumière
- Rémora
Rappel
- Le temps des Cathédrales (en duo avec Bruno Pelletier)
- Umami
Photos en vrac
- Artiste(s)
- Bruno Pelletier, Klô Pelgag
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Place des Festivals
- Catégorie(s)
- Art rock, Chanson, Electropop, Folk, Indie Pop, Québécois,
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