Tiken Jah Fakoly

Tiken Jah Fakoly au Festival International Nuits d’Afrique 2026 | Pleine conscience reggae

Pour clore l’historique page des 40 ans de la fête des continents en rythmes, le maître du reggae africain a brillé de toute sa force intérieure face à une foule de tous âges qui buvait ses paroles et brandissait le poing. Soirée abondante en tubes reconnaissables aux premiers accords de basse, bien au-delà du couvre-feu de 23h, avec tout l’arsenal instrumental : chœurs, cuivre, basse, guitare et ngoni traditionnel.

Chez Tiken Jah Fakoly, tout concert débute par une ambiance planante dub en un survol de ses titres. Du lourd, fruit d’une quinzaine d’albums en trente ans de vocation depuis la sortie en 1996 de Mangercratie. Et l’instant tant attendu survient : l’homme colosse apparaît vêtu en large boubou, la tête recouverte, tel un sage prêt à ouvrir le grand livre de l’Afrique version reggae.

Toujours fidèle, comme magnétisé à l’artiste ivoirien, le super groupe maîtrise chaque subtilité du répertoire. Leur joie d’être au reggae se sent dans l’adoption d’un jeu positif, dans la lumière, comme le veut la tradition jamaïcaine. Lorsque le chanteur dégaine ses critiques sur l’étroitesse de l’accès au globe pour la jeunesse africaine privée de visa sur l’émouvante Ouvrez les frontières (L’Africain, 2007) ou sur la corruption et la gouvernance qui gangrènent le continent divisé sur Plus rien ne m’étonne (Coup de gueule, 2004) et la puissante Y’en a marre (Françafrique 2002), une impression de communion se soude entre chaque musicien et les choristes. Ainsi va le reggae et son combat musical.

tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 09

La forme physique de Tiken Jah Fakoly fait plaisir à voir. Courant comme un jeunot de gauche à droite, sautant jambes en l’air comme un samouraï, l’artiste se donne entier jusqu’à sa dernière goutte de sueur. Reproduisant la gestuelle de Bob Marley. Ses dernières pièces dont son hit Françafrique résonne toujours comme un cri à la souveraineté, au réveil du peuple trop longtemps paramétré par le colonisateur.

Lorsque le chanteur condamne l’Occident dans son acte de pillage passé et présent du continent africain – le plus riche en richesses naturelles et sous-terraines, paradoxalement le plus pauvre chez sa population – on sent qu’il ne lâchera jamais la bride de la revendication. Son Afrique réveillé, aux commandes de son destin, il y croit et le chantera à jamais.

Voix de l’hymne Unis par les Nuits, ce chant collectif de la 40e édition du Festival auquel plusieurs artistes locaux ont aussi apporté leur chant pour se rappeler ce grand cru des musiques mondiales et le courage de son fondateur Lamine Touré, Fakoly a invité en fin de concert son compatriote ivoirien Meiway. Ensemble, ils ont noué ce lien africain entre frères, réjouissant la foule par l’union de ces deux stars ici, le temps d’un été à Montréal.

Clôture magistrale Rastafari qui aurait pu durer jusqu’au petit matin.

Photos en vrac

tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 16 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 15 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 14 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 19 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 18 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 17 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 13 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 12 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 11 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 08 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 07 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 06 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 05 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 04 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 03 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 02 tiken jah fakoly festival nuits afrique 2026 01

Vos commentaires