Festival international du Domaine Forget 2026 | Un programme pensé pour plaire à tous
Le Festival international du Domaine Forget à Charlevoix bat son plein depuis un mois. À mi-parcours de cette célébration de la musique classique, Sors-tu? s’est entretenu avec le chef d’orchestre, bassoniste et directeur artistique et musical du festival, Mathieu Lussier.
Un festival de musique classique à Charlevoix, pour plusieurs c’est la description même d’un rêve éveillé. Force est d’admettre qu’après 48 ans d’existence, le Domaine Forget et son équipe ont trouvé la formule pour attirer les foules dans leur coin de pays. Mais quelle est-elle? Pour Mathieu Lussier, c’est la rencontre de plusieurs éléments attirants, dont la beauté et l’emplacement du site, et la salle de spectacle qui offre une acoustique exceptionnelle autant aux musiciens qu’aux spectateurs. « Il y a un combo dans une aussi petite localité que Saint-Irénée [où se trouve le Domaine Forget] d’avoir à la fois cette nature majestueuse, puis des installations de ce calibre-là, c’est je pense que ce caractère exceptionnel-là qui donne envie aux gens de faire le détour », nomme-t-il.
La programmation joue également un rôle crucial dans l’achalandage ou non d’un festival, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un festival qui nécessite plusieurs heures de route pour la plupart des festivaliers. Mathieu Lussier en est conscient et souhaite vraiment que les festivaliers s’attachent au festival et au Domaine Forget, pour qu’ils y reviennent d’été en été.
Ce qu’on essaie de développer ici aussi, c’est un lien affectif entre le public et le Domaine, que les gens aient envie d’y venir peu importe ce qu’on présente, qu’ils s’attachent à des artistes, à notre lieu, à la formule de nos concerts.
Comment M. Lussier compte-t-il y arriver? Notamment, en mélangeant oeuvres connue et appréciées du public, et répertoire plus niché. « Je sais évidemment qu’il y a plusieurs œuvres incontournables que moi j’aime, que les musiciens et musiciens aiment jouer, et que le public aime entendre. Mais moi je suis aussi quelqu’un d’assez curieux qui aime fouiller. C’est sûr qu’un de mes axes de programmation, c’est de s’assurer idéalement que dans la plupart des concerts, il y ait des œuvres de compositrices », explique-t-il.
Le Domaine Forget est également une académie de formation pour des jeunes musiciens. Dans la programmation, Mathieu Lussier se fait donc aussi un point d’honneur de stimuler les étudiants qui passent l’été à Charlevoix. « J’essaie de créer un d’équilibre pour satisfaire mon appétit curieux pour le répertoire, mais aussi pour permettre d’élargir les horizons, oui du public, mais surtout de nos étudiantes et étudiants qui sont ici pour apprendre et qui sont des éponges. Si on leur fait découvrir du répertoire qui n’a pas été joué jusqu’à maintenant, pour eux, ça va devenir normal de penser à ce répertoire-là plus tard », fait-il savoir.
Les composantes qui entrent en ligne de compte dans la création de la programme du Festival international du Domaine Forget sont donc multiples. Ce qui reste la pierre angulaire de tous ces choix artistiques, selon le directeur artistique et musical du festival est l’envie de rendre le festival le plus accessible possible, sans mettre de côté la qualité. « Le pari que je fais c’est qu’à chaque concert qu’on présente, j’ai envie que la personne qui connaît et aime la musique classique, qui vient chercher en salle l’expérience en direct de la musique, trouve son bonheur, mais que n’importe quel touriste qui débarque sur notre site, puisse rentrer dans la salle peu importe son niveau d’appréciation, de connaissance, de fréquentation et y trouver son compte et son plaisir », confie-t-il.
Comme l’expose Mathieu Lussier, l’importante fréquentation des radios web de musique classique et la création d’Apple Music Classical, sont des bons indicateurs que la musique classique est populaire et « qu’il n’y a jamais eu autant de gens qui l’écoutent, la musique classique. » L’enjeu réside donc dans l’attraction des concerts classiques. « On travaille sur le contenant sans faire de compromis sur le contenu pour que le contenant soit attractif et accessible. Le problème, c’est pas la musique qu’on joue, c’est la formule du concert. Alors, c’est pour ça que moi je veux que le Domaine Forget, ça soit pour tout le monde », renchérit le chef d’orchestre.
Un concert de clôture rassembleur
Le concert de clôture du festival, intitulé Fleurs et couronnes, aura lieu le 22 août et sera dirigé par Mathieu Lussier lui-même, qui se dit « particulièrement animé » par ce défi. Le concert mettra en valeur 400 ans de musique française, un des dadas du bassoniste et maître de cérémonie.
Sur scène, les festivaliers pourront assister à la rencontre de musiciens professionnels et des élèves du Domaine Forget. M. Lussier a deux souhaits avec ce concert. Le premier est de « montrer sur scène toute la qualité et le talent de cette relève-là qui vient se perfectionner Domaine Forget. » Il souhaite également, dû à son amour du répertoire français, « le faire rayonner, puis de se servir de l’attractivité habituelle d’un concert de clôture pour promouvoir un répertoire, comme celui-là, qui est moins connu. »
D’ici là, le Festival international du Domaine Forget se poursuit, avec, notamment, un concert de l’Orchestre Métropolitain sous la direction de Yannick Nézet-Séguin le 24 juillet.
Consultez le site officiel du festival pour plus de détails.
- Artiste(s)
- Mathieu Lussier
- Ville(s)
- Saint-Irénée
- Salle(s)
- Domaine Forget
- Catégorie(s)
- Classique, Festival,


Vos commentaires