crédit photo: Dylan Page
Gwen Stefani

Festival d’été 2026 – Jour 8 | Gwen Stefani fait exploser les Plaines pour une première visite inoubliable

Il y a des artistes dont la réputation les précède. D’autres qui, malgré une carrière déjà bien remplie, réussissent encore à surprendre. Pour sa toute première présence au Festival d’été de Québec, Gwen Stefani a prouvé qu’elle entrait dans les deux catégories. Jeudi soir, sur les plaines d’Abraham, la chanteuse américaine a livré un spectacle aussi énergique que généreux, transformant une soirée pourtant fraîche et venteuse en immense fête. Avant elle, Jessie Reyez avait préparé le terrain avec une performance authentique, portée par une personnalité attachante et un désir évident de connecter avec le public québécois.

UNE ENTRÉE QUI FAIT RAPIDEMENT OUBLIER L’ATTENTE

Il aura fallu patienter quelques minutes de plus que prévu avant que le spectacle ne débute. De légers problèmes de son semblent retarder l’arrivée de l’artiste, mais l’attente est de courte durée.

Lorsque Gwen Stefani apparaît enfin sur scène, la réaction est instantanée. Impossible de ne pas être frappé par son look. Les années semblent avoir glissé sur elle sans laisser de traces. Tout son être mais aussi son énergie donnent l’impression qu’elle n’a rien perdu de la Gwen Stefani qui a marqué les années 1990 et 2000.

Elle choisit d’ouvrir la soirée avec The Sweet Escape, l’un des plus grands succès de sa carrière. Un choix assumé. Plusieurs artistes préfèrent garder leurs incontournables pour la fin afin de maintenir l’intérêt du public. Gwen Stefani, elle, n’en ressent manifestement pas le besoin. Elle sait que son public restera jusqu’au dernier rappel. Alors, elle offre dès les premières minutes ce que les spectateurs sont venus entendre.

La foule chante chaque parole, elle danse, elle applaudit. Dès cette première chanson, les plaines d’Abraham deviennent une immense piste de danse à ciel ouvert.

 

UNE ÉNERGIE QUI NE FAIBLIT JAMAIS

Vêtue d’un ensemble jaune à carreaux d’inspiration écossaise, Gwen Stefani impose immédiatement son style. Fidèle à elle-même, elle se démarque sans jamais tomber dans l’excès. Rien n’est provoquant, rien n’est trop suggestif. Elle n’en a pas besoin. Sa présence suffit à remplir la scène.

Après The Sweet Escape, elle invite rapidement le public à frapper dans ses mains et multiplie les échanges avec les spectateurs tout au long de la soirée. Son bonheur d’être à Québec est évident. Il se lit dans son sourire autant dans la drive qui la porte.

Car de l’énergie, elle en a à revendre. La chanteuse ne cesse pratiquement jamais de bouger. Elle traverse la scène d’un bout à l’autre, chante, danse et enchaine les chorégraphies sans difficulté. Les danseurs qui l’accompagnent exécutent des numéros précis et rigoureux qui ajoutent encore davantage de dynamisme au spectacle.

Sur les écrans géants, des images de la Gwen Stefani de ses débuts apparaissent parfois,  notamment pendant It’s My Life. Le parallèle est fascinant. Bien sûr, le temps a passé, mais l’artiste est demeurés fidèle à elle-même. Son emblématique rouge à lèvres est toujours là, légèrement plus foncé qu’à l’époque, tout comme cette personnalité unique qui fait d’elle une artiste immédiatement reconnaissable.

20260716 ambiance gwen stefani dylanpage 316* Photo par Dylan Page.

DES MOMENTS QUI RESTERONT GRAVÉS

Deux des instants les plus touchants surviennent lorsque deux spectateurs sont invités à monter sur scène avec leur pancarte fabriquée spécialement pour elle. Leur émotion est plus qu’évidente. Ils exultent de bonheur. Ces moments rappellent à quel point Gwen Stefani rejoint aujourd’hui autant les admirateurs de la première heure que ceux qui ont découvert sa musique bien plus tard.

Avec Undernearth It All, l’ambiance devient plus douce. La chanteuse interprète la pièce avec beaucoup de cœur avant de lancer un enthousiaste «Quebec, I love you!». Les cris qui lui répondent témoignent immédiatement de l’affection que lui porte le public.

Puis vient Ex-Girlfriend, qu’elle présente comme une chanson inspirée de sa propre vie, avant de faire exploser la foule avec Hella Good. Lorsqu’elle demande aux milliers de spectateurs de sauter avec elle, les Plaines explosent sous les bonds de la foule. Le moment est impressionnant à voir.

Après un seul changement de costume, pendant lequel ses danseurs occupent la scène, Gwen Stefani revient vêtue d’un ensemble rose. Quelques instants plus tard, ses danseurs reviennent eux aussi habillés de rose.

Avec Rich Girl, c’est le public qui prend le relais. Les voix répondent naturellement à celle de l’artiste.

Puis survient un moment unique. Elle annonce qu’elle souhaite nous dire un truc très important. La foule attend, suspendue à ses lèvres. Puis elle lance simplement qu’elle aime Québec. Les cris qui suivent suffisent à mesurer que cet amour est partagé.

Pour conclure, Gwen Stefani enchaine plusieurs de ses grands succès dont, What You Waiting For?, Don’t Speak, Spiderwebs, Just a Girl et Hollaback. Impossible de demander une meilleure finale.

Pour une première visite au Festival d’été de Québec, difficile d’imaginer supérieure carte de visite. Du début à la fin, Gwen Stefani livre une prestation impeccable, généreuse et d’une intensité remarquable.

20260716 ambiance gwen stefani dylanpage 270* Photo par Dylan Page.

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JESSIE REYEZ LA PRÉCÈDE AVEC AUTHENTICITÉ

Avant ce véritable party musical, Jessie Reyez avait la lourde tâche de préparer le terrain. Une mission qu’elle remplit avec beaucoup de naturel.

Dès son arrivée, elle salue le public d’un enthousiaste « Hello Quebec, are you down? », rapidement suivi d’un « Hello Québec, comment ça va? » qui déclenche une belle réaction. L’effort qu’elle fait pour s’adresser en français au public est apprécié et créé immédiatement une proximité.

jessie reyez feq 02* Photo par Dylan Page.

Elle instaure l’ambiance de la soirée en déclarant que les Plaines deviennent une « no shame zone », invitant chacun à rester soi-même.

Perchée sur de hauts talons aiguilles et vêtue d’un short court et d’un teeshirt sportif malgré le vent, elle se déplace d’un côté à l’autre de la scène. Derrière elle, les projections demeurent sobres, un feu, des coeurs, des visuels épurés, laissant toute la place à sa présence.

Elle échange beaucoup avec le public, demande qui la connait, puis qui connait ses chansons. Les cris du public semblent la toucher. Elle passe naturellement de l’anglais à l’espagnol, parfois au français. Soucieuse de bien transmettre son message, elle demande même à un moment à quelqu’un dans le public de la traduire.

Le moment le plus fort de sa prestation demeure sans contredit Figures, qu’elle interprète seule avec sa guitare. Dans cette simplicité, toute la beauté de sa voix et de sa chaleur prend son sens.

Même si ses chansons étaient moins connues d’une partie des festivaliers, Jessie Reyez a livré une prestation enflammée, chaleureuse et humaine.

Le vent aura parfois emporté quelques paroles au passage, mais il n’aura jamais réussi à refroidir l’ambiance. Cette huitième soirée du FEQ restera surtout celle où Gwen Stefani a confirmé qu’après plusieurs années, certaines artistes ne perdent rien de leur aura. Bien au contraire.

photo : stéphane bourgeois* Photo par Dylan Page.

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