Billy Talent et Alexisonfire au Centre Bell | Vieillir comme du bon vin
The cracks is the pavement match the cracks in their weathered skin.
D’entonner Dallas Green pendant la classique This Could Be Anywhere in the World.
Jamais de la vie je n’aurais cru, à l’époque où j’écoutais pas mal d’Alexisonfire, que je finirais par me reconnaître dans ces paroles, mais me voici pourtant là, 20 ans plus tard, rides aux visages, entouré de mes comparses millénariaux qui, eux aussi, sont sûrement en train de se dire qu’ils n’auraient pas dû mettre des Vans Slip-Ons sachant qu’ils allaient rester debout pendant des heures parce que c’est pas bon pour leur dos.
Hey, 20 ans. Ça fait 20 ans que Crisis, troisième album des pionniers du post-hardcore canadien, est sorti. Et 20 bougies aussi pour II, le deuxième (obviously) album de leurs contemporains Billy Talent.
Pour célébrer ça, les amis ont décidé de s’offrir, et de nous offrir, la totale. Une tournée du territoire natal où les groupes jouent, dans leur entièreté, les albums susmentionnés. Et ce soir, c’est au Centre Bell, toi chose.
Un demi Centre Bell, faut le dire, mais rempli à capacité, tout de même. C’est pas rien.
FAZE
Et c’était définitivement pas rien pour Faze, le groupe de hardcore montréalais qui a été invité pour ouvrir la soirée. On pourrait penser que les gars auraient paru intimidés par l’ampleur de la scène, eux qu’on est davantage habitués de voir dans des setups beaucoup plus punk que ça, mais que nenni.
Même énergie, même voltage, même mouvements déjantés, juste avec plus de place pour les faire.
C’est un bel hommage à la ville que d’avoir choisi un groupe local pour la première partie.
Moins bel hommage à Montréal, par contre, quand un peu plus tard, Wade, guitariste d’Alexisonfire, lancera qu’il habite maintenant notre belle municipalité depuis deux ans et qu’il peut donc maintenant le dire en toute confiance : la meilleure poutine, c’est à l’Orange Julep.
Un énoncé qui ferait éclater un long « choooooooouuuuuuuu » dans la foule.
Sacrilège. À l’Orange Julep? Es-tu fou? Est pas mangeable. Pis tout le monde sait que la meilleure, c’est celle de Chez ma tante. Avec un steamé moutard, chou, oignon, cayenne.
J’ai tellement faim.
ALEXISONFIRE
Aujourd’hui, c’est à Alexisonfire de jouer en premier (au cours de la tournée, et eux Billy Talent s’échangent le rôle de headliner à chaque date).
L’écran géant qui couvre l’arrière de la scène s’illumine. On y voit une tempête de neige, on entend le vent souffler. L’écran se givre. Apparaissent les héros.
Ça part, le groupe entame Drunks, Lovers, Sinners and Saints. Qui est évidemment la chanson d’ouverture de Crisis. Ouais y’aura pas beaucoup de surprises côté setlist aujourd’hui.
Ce qui est fun de lancer le bal avec cette chanson, c’est que ça permet tout de suite d’apprécier à quel point les 3 voix de George, Dallas et Wade sont au top de leur forme et se mêlent encore mieux qu’on ne se souvenait. George hurle à plein poumons et est visiblement capables de retourner à ce genre de scream, même si son style de chant s’en est éloigné avec les années. Dallas s’occupe des parties mélodiques, lui et sa voix de PETIT ANGE. Wade est quelque part entre les deux, mi-crié mi-chanté, et s’occupe des bouts les plus anthémiques.
Track 2.
This Could Be Anywhere in the World. Mis à part le fait qu’elle nous confronte à notre propre vieillesse, cette chanson arrache tout. Plus personne n’est assis dans les estrades. Comment rester sur son siège avec cette légendaire intro de drum?
La foule au parterre se réveille aussi. Un gars habillé en « Où est Charlie » fait du crowd surf.
On passe à travers l’album, on vie des moments drôles (exemple George Pettit qui demande à la foule de faire du bruit et leur dit ensuite « well that was dog shit ») et d’autres moments plus dramatiques (l’interprétation de You Burn First, qui originalement met de l’avant la voix de Gared O’Donnell, ami du groupe et frontman de Planes Mistaken for Stars décédé il y a quelques années, et à qui Alexis rendra hommage ce soir).
Une fois Crisis terminé, on a tout de même droit à quelques pièces du reste du catalogue. Young Cardinals étant peut-être la plus cathartique. C’est d’ailleurs sur cette toune que Chris, le bassiste, déchirera sa camisole.
J’avais envie de faire de même, mais j’avais mis un de mes beaux chandails. Je m’abstient donc.
AH. J’allais oublier!
Alexisonfire va sortir un nouvel album l’an prochain.
BILLY TALENT
Les nouveaux albums, c’est bien le fun, mais ce soir, le futur ne nous intéresse pas. Ce soir, on vit dans le passé. Et dans le déni, me dis-je en prenant un gorgée de ma grosse IPA qui va, pour sûr, me donner des brûlements d’estomac.
On fixe le décompte qui apparait à l’écran, tout fébrile sachant déjà que la première chanson jouée sera Devil in a Midnight Mass.
Hey, c’est-tu assez bon du Billy Talent, estie.
Pardonnez l’excès d’enthousiasme, c’est juste que j’en n’écoute jamais et que je n’ai jamais été le pluuuuuus grand fan, mais là, d’entendre ça live me rappelle à quel point TOUT est bon dans ce band-là.
Ils ont composé parmi les mélodies les plus reconnaissables pour quiconque est dans la trentaine et a déjà porté du Emerica. Les harmonies vocales sont absolument délicieuses.
Et, on en parle-tu, du fait qu’Ian D’Sa est un guitar hero?
Pas du style long solo de shred, mais pour vrai, personne ne joue comme lui, personne ne reproduit son style.
Bref. Après Devil in a Midnight Mass, boom, Red Flag.
Hey c’est-tu assez bon du Billy Talentl, estie.
Après Red Flag? This Suffering. Deux tounes plus tard? Fallen Leaves.
Cet exercice de jouer l’album au complet, c’est parfois un jeu risqué. Certains groupes qui s’y prêtent finissent par livrer une performance où il n’y a qu’un hit où toute la foule embarque et 16 deep cuts qui ne plaisent qu’aux die hards. Mais dans le cas de Billy, ça fait l’inverse et ça nous rappelle à quel point cet opus est remplie à ras-bord de chansons devenues des incontournables de l’histoire du rock canadien.
C’est satisfaisant de les voir pouvoir faire vibrer un (demi) Centre Bell encore toutes ses années plus tard.
Surtout que beaucoup de gens dans le public portent un chandail de leur dernière tournée dont les dates étaient les suivantes: Trois-Rivières, Saguenay, Cowansville, Rimouski.
Rien contre ces villes, toutes des places que j’adore, mais avec les indéniables tubes que ce groupe a derrière la cravate, ça me semble amplement mérité de jouer davantage au Centre Bell et un peu moins à Cowansville.
Encore une fois, rien contre Cowansville. Belle place. Le Ben & Florentine est très joli là-bas.
Photos en vrac
Alexisonfire
Billy Talent
- Artiste(s)
- Alexisonfire, Billy Talent, Faze
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Centre Bell
- Catégorie(s)
- Alternatif, Pop-punk, Power pop, Rock,
Événements à venir
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samedi
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