Zaz au Centre Vidéotron | Chanter comme si rien d’autre n’existait
Il y a des artistes qui montent sur scène pour chanter. Puis il y a ceux qui semblent incapables de rester immobiles parce que quelque chose brûle à l’intérieur d’eux. Hier soir, au Centre Vidéotron, Zaz faisait partie de cette deuxième catégorie. Pendant près de deux heures, l’autrice-compositrice-interprète française a transformé la scène en un immense terrain de liberté où la musique devenait presque une entité. Une présence impossible à ignorer. Une énergie impossible à contenir.
Sur scène, tout semblait pensé pour mettre l’artiste au centre de l’expérience sans jamais brimer la musique elle-même. Derrière elle, quatre musiciens solides et précis. En arrière-scène, un immense écran projetait des images pendant le spectacle, parfois poétiques, parfois abstraites, parfois simplement pour augmenter l’intimité du moment. À un moment Zaz, s’adressait directement à une petite caméra et son visage apparaissait alors en temps réel sur l’écran.
Mais malgré les projections, malgré les éclairages, malgré la mise en scène, impossible de porter le regard ailleurs que sur elle.
PARCE QUE ZAZ NE S’ARRÊTE JAMAIS
Elle traverse la scène parce que l’espace entier lui appartient. Vêtue entièrement de noir, elle apparait d’abord dans une longue robe avant de revenir plus tard dans une robe-pantalon large. Une simple queue de cheval. Aucun artifice inutile. Seulement cette impression de mouvement constant. Comme si son corps refusait le repos.
Et cette intensité-là finit par contaminer tous les spectateurs.
Le public du Centre Vidéotron formait d’ailleurs un mélange fascinant. Ni particulièrement jeune ni particulièrement âgé. Des gens qui semblaient tous avoir trouvé Zaz à différents moments de leur vie, et qui connaissaient ses chansons par cœur. Plusieurs refrains étaient chantés spontanément par la foule, donnant parfois l’impression d’assister davantage à une célébration collective qu’à un simple spectacle.
Le moment où la salle bascule complètement arrive avec Qué vandrá.
La chanson soulève le Centre Vidéotron. Les mains se lèvent. Les corps bougent. L’énergie devient électrique. Tout autant que lorsque elle lance à la foule: « Est-ce que ça chante à Québec? » La foule répond immédiatement alors qu’elle commence des vocalises que le public reprend.
LES MAINS FRAPPENT EN RYTHME
L’artiste est débordante d’énergie. Elle saute, elle tourne, elle danse sans arrêt, portée par un élan impossible à freiner.
Ce qui démarque chez Zaz, c’est cette façon particulière d’habiter la scène sans beaucoup parler d’elle-même. Peu de confidences personnelles. Peu d’anecdotes. L’artiste préfère présenter ses chansons, leur sens, leur émotion. Comme si toute la vérité passait davantage par la musique que par le récit.
ET QUELLE VOIX
Une voix suave, puissante et fragile sans jamais devenir agressive. Une voix capable de rugir puis de redevenir douce quelques secondes plus tard. Une voix qui a ce quelque chose d’extrêmement humain, même dans les envolées les plus grandes.
Avant d’interpréter J’imagine que tu sais, Zaz glisse d’ailleurs quelques mots simples qui résument peut-être l’esprit entier du spectacle : ce moment où l’on apprend enfin à s’aimer et à se respecter est souvent celui où tout change. Un instant plus intime, plus fragile aussi. Et lorsque la dernière note résonne, l’artiste, couchée complètement au sol termine le morceau ainsi, dans un abandon total, comme vidée par ce qu’elle vient de donner.
Quelques chansons plus tard, le Centre Vidéotron se transforme de nouveau. Pendant Au pays des merveilles, des centaines de cellulaires s’allument dans la salle. Une mer de lumières apparaît alors partout dans l’amphithéâtre, créant un contraste magnifique avec l’obscurité ambiante. Un de ces rares moments où une salle entière semble partager la même émotion.
Puis quelqu’un crie :« On t’aime! » Et Zaz répond simplement: « Moi aussi, je vous aime. » Sans détour. Sans surjeu. Juste assez pour provoquer une nouvelle vague d’applaudissements.
Parmi les autres moments marquants de la soirée, Mon coeur tu es fou occupe aussi une place particulière. La chanson, adaptée d’un poème de la grande poétesse iranienne Forough Farrokhzad, rappelle à quel point Zaz demeure avant tout une artiste profondément attachée aux mots. Parce qu’au-delà de l’énergie et du spectacle physique, il y a aussi ça : une véritable sensibilité littéraire qui traverse plusieurs de ses textes.
Hier soir, au Centre Vidéotron, Zaz n’a pas simplement offert une succession de chansons. Elle a offert du mouvement. De l’élan. Une manière presque urgente de rappeler que certaines émotions méritent d’être vécues sans retenues.
Et pendant toute une soirée, Québec a accepté de la suivre.
Photos en vrac
- Artiste(s)
- ZAZ
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- Québec
- Salle(s)
- Centre Vidéotron
- Catégorie(s)
- Chanson, Francophone, Pop,
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