crédit photo: Camille Gladu-Drouin
Bye Parula

Bye Parula à la Sala Rossa | S’inspirer d’hier, pour créer demain

Jeudi soir, devant une Sala Rossa bien remplie, le trio art pop Bye Parula lançait son album Something Out of Nothing, paru la semaine dernière. Entouré, en studio comme en spectacle, de légendes vivantes de la scène indépendante montréalaise des années 2000, Bye Parula semble déjà validé par le milieu. Et nous, public, les validons aussi. Une belle carrière en perspective.

Il est 20h30, le trio composé de Loïc Calatayud (bassiste et chanteur principal), Sebastián Riquelme (guitariste) et Sergio D’Isanto (batteur) gagne la scène sous les applaudissements, et livre sans tarder la chanson Home à la Sala Rossa : l’aspect cinématographique dont se vante souvent Bye Parula se fait ressentir, et le morceau prend une autre dimension dès que les rythmes plus upbeat se joignent à la partie.

Là est la principale force de Bye Parula : comme bon nombres de projets québécois actuellement, les instrumentistes osent ne pas se cantonner à un seul style de musique, eux qui peuvent en plus compter sur des horizons culturels différents (ils sont chacun originaires de Catalogne, du Chili et d’Italie, plus précisément!). C’est parfois plus pop, parfois plus rock, ça navigue en terrain folk de temps à autres : les influences sont variées, mais ça ne forme pas un ensemble sans cohérence pour autant. Un équivalent très rock de cet exemple pourrait être Population II, lui aussi un trio composé de jeunes musiciens : ça semble être une tendance particulièrement adoptée chez les artistes ayant commencé à produire de la musique ces 10 dernières années.

Deuxième chanson : Still Got the Spirit, Loïc Calatayud dévoile ce falsetto qui caractérise bon nombres de leurs compositions (un falsetto qui pourrait notamment rappeler le chant adopté par les Londoniens de Jungle). Suit IDK, la plus groovy jusqu’à présent : le public se dégêne enfin! Car Bye Parula, d’après moi, c’est surtout fait pour danser.

Sur des titres comme Recalling et Something Out of Nothing, on perçoit particulièrement les influences d’Arcade Fire, plus époque Reflektor que Funeral : ça tombe bien, Bye Parula se revendique directement de cette lignée d’artistes qui ont, par la force des choses, embourgeoisé le Mile End il y a 20 ans. Et ça tombe encore mieux : Robbie Kuster (Patrick Watson), Warren Spicer (Plants and Animals) et François Lafontaine (Karkwa), de ce même bassin d’artistes, gagnent la scène sur Burning Down the House, et ne la quitteront plus.

Ce titre-là (Burning Down the House), pas mon préféré non plus : Bye Parula abandonne quelques minutes les guitares électriques et les remplace par des acoustiques, troquant son son indie rock pour un folk de chambre aux arrangements luxuriants. Sauf que ça manque la coche, c’est cheesy : on est plus proche des Lumineers que des Fleet Foxes. Heureusement, Bye Parula, en milieu de parcours, change d’instrumentation sur la même chanson : on passe d’un hymne un peu adolescent à une pop planante downtempo rappelant Patrick Watson des débuts, entre Close to Paradise et Adventures In Your Own Backyard. La seule vraie tache du concert, à mon sens.

« On va vous jouer des chansons qui ne sont pas sur l’album et qui seront peut-être sur le prochain. Ou peut-être pas », lance Loïc Calatayud, livrant des titres intitulés Vietnam et Do Not Respond. Toujours sympathique d’entendre des inédites : Bye Parula ne s’éloigne pas du son de Something Out of Nothing, proposant encore une pop dansante bien ficelée.

Le trio (devenu sextuor, avec les musiciens accompagnateurs!) clôture son set avec KISSBURN, puis avec la chanson-titre de son projet célébré ce soir. Bye Parula quitte la scène quelques secondes, et la retrouve pour le rappel jonchée de beaux objets : des membres du public auront lancé des fleurs et des messages d’amour sur les planches pendant les applaudissements, qui seront lus dans les langues natales des membres (l’espagnol et l’italien). Une belle parenthèse touchante, pour un groupe qui met tant de l’avant sa multiculturalité.

Bye Parula quitte pour de bon le public avec Majas, tiré de son premier album : ils commencent à trois sur des airs plus folk, puis se font rejoindre par Kuster, Spicer, et finalement Lafontaine. Ça monte en intensité, puis ça termine à un volume fort, très fort!

Une grande fête remplie de bienveillance.

Grille de chansons

  1. Home
  2. Still Got the Spirit
  3. IDK
  4. I’m Getting Ready
  5. Recalling
  6. Vietnam
  7. Do Not Respond
  8. Burning Down the House
  9. [Improvisation avec Joe Cobden]
  10. KISSBURN
  11. Something Out of Nothing

Rappel

  1. Majas

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