crédit photo: Thomas Paquet

Francos de Montréal – Jour 1 | Laurent Voulzy enchante le Théâtre Maisonneuve

Le Théâtre Maisonneuve a ce don de nous offrir un véritable cocon intimiste. Un écrin parfait pour accueillir un artiste comme Laurent Voulzy, qui fait partie de ces chanteurs qui m’accompagnent depuis mon enfance. Son premier grand album, Le Cœur grenadine, est paru en 1979. Originaire de la Guadeloupe, il a connu ses premiers grands succès entre la fin des années 1970 et la fin des années 1980. Ayant moi-même grandi en Guadeloupe, autant dire que Laurent Voulzy a bercé ma jeunesse.

Pourtant, en ce début des Francos, la salle n’était pas aussi remplie que je l’aurais imaginé. Vu l’immense carrière de Laurent Voulzy, je m’attendais à voir un Théâtre Maisonneuve bondé, comme lors de ma précédente visite ici, à l’occasion du concert solo de Ben Harper.

À 19h45 précises, Laurent Voulzy entre sur scène sous une chaleureuse ovation. Le public lui réserve un accueil des plus enthousiastes.

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Le spectacle débute avec Bubble Star, suivi du Rêve du pêcheur, avant un sublime Quatre nuages. Dans une formule presque sans batterie, portée par les percussions les harmonies vocales et des cordes, les chansons prennent une dimension tout simplement incroyable.

Car Laurent Voulzy, c’est avant tout l’art de l’entrelacement des voix, des mélodies et des arrangements. Depuis toujours, ses orchestrations sont d’une richesse et d’une finesse sensationnelles.

Sa musique est empreinte de mélancolie et de nostalgie, mais toujours traversée par un rayon de soleil et une légère brise marine. Comme il le chante lui-même : « Je suis né dans le gris par accident. »

Impossible d’évoquer Laurent Voulzy sans parler d’Alain Souchon. Les deux artistes semblent indissociables. Voulzy reprend d’ailleurs plusieurs chansons de son ami de toujours, jusqu’à la magnifique Foule sentimentale. Plus qu’une collaboration, leur relation artistique appartient au patrimoine de la chanson française.

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Il offre également une très belle reprise de The Captain of Her Heart, du duo Double. Entre les chansons, Laurent Voulzy prend plaisir à raconter des anecdotes et à faire des allers-retours dans sa vie, notamment avec Alain Souchon. Ces récits contribuent au charme du spectacle.

Autre moment touchant : un duo avec sa compagne Isaure sur une chanson de Souchon, ainsi que l’interprétation du poème Ma seule amour de Charles d’Orléans.

Je ne m’attendais pas non plus à entendre une touche d’auto-tune dans un concert de Laurent Voulzy. Non pas sur sa voix, mais sur celle de sa violoniste, qui assure également plusieurs parties chantées. L’effet apporte une modernité inattendue et ajoute encore davantage de profondeur à des orchestrations déjà remarquables.

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Vers 21h, le spectacle prend une tournure plus rock. La violoniste délaisse son instrument pour la guitare, tandis que le batteur, jusque-là dans une approche plus minimaliste, retrouve une batterie complète.

Cette seconde partie, plus électrique et plus marquée par les sonorités des années 1980 et 1990, fait notamment la part belle à Le Soleil donne, véritable chef-d’œuvre mélodique, ainsi qu’à Les Nuits sans Kim Wilde, aux accents pop-rock et électro typiques de cette époque.

La musique de Laurent Voulzy est intemporelle. Son ouverture d’esprit et sa capacité à s’entourer de musiciens intergénérationnels font de lui un artiste à part, pratiquement intouchable.

Moment particulièrement savoureux avec Amélie Colbert, en clin d’œil à ses origines guadeloupéennes. Il est d’ailleurs assez amusant de penser qu’au même moment, à quelques dizaines de mètres de là, Kassav’ faisait danser les festivaliers. Avec ses rythmes de zouk et de merengue, Laurent Voulzy réussit lui aussi à faire lever la salle.

Puis vient l’incontournable Rockollection, immense classique qui replonge dans toute une époque et rappelle les années yéyé et les émissions musicales françaises qui les accompagnaient.

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Enfin, Changer les choses, juste après Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante, conclut cette deuxième partie plus rock, plus pop et plus marquée par les décennies 1980 et 1990, plus par le Laurent Voulzy Fm que l’on connaît.

Une soirée tout en douceur, en élégance et en harmonies, à l’image de Laurent Voulzy lui-même. Une soirée qui rappelle à quel point certaines chansons, certaines voix et certains artistes traversent les décennies sans jamais perdre de leur éclat.

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