Festival international de Jazz de Montréal 2026 | 7 shows pas-que-jazz à surveiller!

Capables de nous nommer les notes cet accord : D#min7Δ ? Capables de citer des artistes de doom jazz, d’ethio-jazz ou de nu-jazz? Capables de nous détailler exhaustivement tous les line-ups des quartets, quintettes et sextes de Miles Davis et de Coltrane? Si les plus grands amateurs de jazz saliveront à l’idée de répondre à ces questions, et qu’ils seront ravis par une belle partie de l’affiche du prochain Festival international de Jazz de Montréal (FIJM), ne paniquez pas : le FIJM, ce n’est pas que pour les férus de jazz!

On vous a donc préparé une fine sélection des sept meilleurs spectacles à aller voir dans le cadre du prochain Festival de Jazz qui ne sont PAS purement jazz, et qui plairont à ceux qui ne veulent pas se casser le ciboulot à comprendre cet accord : D#min7Δ (sérieux, on se demande nous aussi comment le jouer…).

St. Vincent – le 28 juin à la salle Wilfrid-Pelletier, à 19h30

Annie Clark, cette grande dame qui se présente sur scène par le nom de St. Vincent, n’avait pas foulé le sol montréalais depuis huit ans : pire, son dernier spectacle en salle remonte à 2014, lorsqu’elle s’était produite au MTelus dans le cadre du FIJM. Elle était pas mal due pour revenir nous visiter!

St. Vincent revient se produire au même festival, 12 ans plus tard, mais dans une formule bien plus audacieuse encore : accompagnée d’un orchestre local qui n’a pas encore été annoncé, l’artiste indie pop revisitera certaines de ses plus grandes chansons tirées d’albums majeurs de sa discographie, comme Marry Me, Actor, Strange Mercy, MASSEDUCTION, Daddy’s Home et All Born Screaming… mais attendez-vous aussi à des titres méconnus!

Jules Buckley, également arrangeur, sera à la tête de l’orchestre symphonique, s’associant à St. Vincent dans cette rencontre entre deux univers distincts qui s’annonce grandiose.

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Yoo II & Nolan Potter – le 3 juillet au Club Montréal Loto-Québec, à 23h

Envie de mosh piter à foison? On a le spectacle idéal pour vous.

Les rockeurs de Yoo Doo Right, considéré comme le groupe le plus « loud » de la scène montréalaise (avec raison), se sont récemment associés à l’excellent trio de prog-psychédélique Population II et à Nolan Potter, auteur-compositeur-interprète originaire du Texas.

En a résulté un album, Yoo II (2025), très bien reçu du côté du public et de la critique. Exploitant autant un mur du son que des textures plus psychédéliques et même un peu free jazz (Nolan Potter est derrière le saxophone tout l’album), Yoo II ravira autant les nerds de théorie musicale que les mélomanes à la recherche de puissance et de défoulement.

Father John Misty – le 30 juin au MTelus, à 20h30

Dandy extrêmement charismatique, Father John Misty est de retour au MTelus quatre ans après avoir foulé les mêmes planches dans le cadre de sa tournée Chloë and the Next 20th Century. Au grand dam de ses amateurs québécois, Josh Tillman n’avait pas tourné son dernier album, Mahashmashana, en ville, préférant Toronto (comme souvent) et Ottawa (plus étonnant) à Montréal.

Il est pourtant de retour avec, probablement, un nouvel album en préparation, comme en témoignent ses deux nouveaux excellents singles sortis cette année, The Old Law et The Payoff, paru le mois dernier. Adoptant un son de plus en plus « beatlesesque », Father John Misty promet des compositions pop-rock luxuriantes et efficaces, rappelant aussi un album comme Figure 8 d’Elliott Smith.

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Ping Pong Go – le 28 juin au Club Montréal Loto-Québec, à 20h

« Gamer jazz », vous dites? Peut-être, mais nous sommes pas non plus sur un jazz dans le sens pur du terme : Ping Pong Go, duo formé du pianiste Vincent Gagnon et du batteur P-E Beaudoin, propose des compositions oscillant entre le jazz, le psychédélique, la musique électronique et le funk, rappelant grandement l’univers musical de vieux jeux vidéo Nintendo des années 80 et 90 (c’est à cause des claviers, nous avouaient-ils en entrevue).

Au mois d’avril dernier, Ping Pong Go lançait l’album Smash Combat, reflet le plus abouti de l’univers façonné par les deux musiciens depuis la COVID : des compositions où chacun se passe la balle, où ça « s’affronte » et ça part un peu dans tous les sens… dans le meilleur sens du terme!

The Halluci Nation – le 27 juin au Club Soda, à 21h

Portant auparavant le nom de A Tribe Called Red, inspiré, évidemment, du groupe de jazz-rap A Tribe Called Quest, The Halluci Nation est un collectif de DJ autochtones originaire d’Ottawa. Aussi présent au Festif! de Baie-Saint-Paul cette année, The Halluci Nation est formé par des membres d’étant rencontrés lors des soirées Electric Pow Wow : le groupe mélange des chants et rythmes traditionnels autochtones avec des sonorités électroniques, comme le dubstep et le hip-hop. En 2014, ils étaient nommés aux prix JUNO, une première pour une formation autochtone, alors qu’en 2018, ils y remportaient le prix du groupe de l’année, encore une première pour une formation autochtone.

Après deux albums lancés au début des années 2010, la formation a officialisé son changement de nom en 2016 avec We Are the Halluci Nation (2016), suivi de One More Saturday Night en 2021, son dernier album en date.

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Klaus – le 27 juin au Club Montréal Loto-Québec, à 20h et à 23h

D’abord formé de François Lafontaine (Karkwa, Marie-Pierre Arthur, Galaxie), de Joe Grass (Patrick Watson) et de Samuel Joly, ce dernier a ensuite quitté la formation, la laissant évoluer en duo. Après un premier album homonyme lancé en 2018, Klaus a lancé sept ans plus tard Klaus II, continuant à explorer un son de plus en plus aventureux qui anime les talentueux musiciens : on passe du funk au psychédélique, en s’engageant également dans le stoner rock, le jazz et même la new wave. Le tout enrobé de jolies influences classic rock!

Lafontaine et Grass se retrouvent au cœur créatif du projet, mais avec un C.V. comme le leur, pas compliqué de rassembler les troupes : rien que sur la première chanson, Wider Sky, nous retrouvons Robbie Kuster, Lysandre Ménard, Laurence-Anne, Naomie de Lorimier (N Nao), Marie-Pierre Arthur ou encore Antoine Corriveau, non le moindre.

Les Avengers de la musique québécoise!

Étran de l’Aïr – le 4 juillet à la scène Rio Tinto, à 19h et 21h

Un peu d’amour pour le rock africain! Après avoir visité Montréal l’année dernière au Ritz PDB, puis l’année précédente encore au FIJM, Étran de l’Aïr sera de retour dans la métropole pour présenter ses compositions à tendance tichoumaren. Composé de frères et de cousins ayant tous grandi à Agadez, au Niger, Étran de l’Aïr s’est formé en 1995 et a joué pendant plus d’une vingtaine d’années dans des mariages locaux, avant d’enfin lancer son premier album, No 1, en 2018. Amanda Petrusich, rédactrice au magazine The New Yorker, a placé ce premier volume d’Étran de l’Aïr au rang de son album préféré de l’année!

La formation nigériane a ensuite fait paraître Agadez en 2022, suivi de 100% Sahara Guitar deux ans plus tard.


* Cet article a été produit en collaboration avec Équipe Spectra.

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