Francos de Montréal – Jour 2 | Ariane Roy livre « son plus grand spectacle à vie » sur la Place des Festivals
Contraste entre les têtes ; une mer de cheveux, de casquettes et de calvities forment la foule. Sur la scène, le mot DOGUE s’affiche. Le décompte prend fin. Ariane Roy arrive avec ses musiciens. Un close-up sur elle, un sourire narquois aux lèvres, son corps frappe l’air de ses hanches au rythme du kick. Ses yeux se fixent à la caméra… et elle commence.
Habillée d’une chemise blanche enrobant son cou, d’une jupe carottée formée de plusieurs maillons en tissu, son look dégage quelque chose d’un uniforme scolaire. Ses cheveux se tirent en deux tresses qui viennent s’attacher parallèlement le long des extrémités de sa tête. Trois choristes derrière elle sont vêtues dans le même style. Les autres musiciens portent des tenues plus formelles, veston cravate et patati et patata.
La voix mielleuse d’Ariane Roy se fait juxtaposer à celles des choristes, créant un sentiment de surcharge, parfois électrisant, parfois étourdissant. L’apparition d’un saxophone nous surprend, surtout que celui-ci en profite pour se déchaîner en solo. Ensuite, une flûte arrive pour mêler les pistes. La batterie garde le tempo et décide quand on danse. La basse fait sa job dans l’ombre, comme toujours. La guitare fait le cow-boy et le synthétiseur au problème identitaire se réinvente à chaque chanson. Tout se tient aussi bien que les notes d’Ariane.
Si vous avez écouté son dernier album DOGUE, comme vous devriez le faire, vous savez que le mix est très expérimental, mystérieux et pertinent. Pour ce spectacle du 13 juin, c’est de la même qualité avec un côté plus percutant. La foule d’abord incertaine se laisse lentement conquérir par l’héroïne de la soirée, qui nous décomplexe en nous autorisant à danser, à nous libérer et à oser se foutre du ridicule. I.W.Y.B. est un moment clef. Tout le monde s’assoit au sol avant le refrain sous les ordres d’Ariane. Puis, après un moment stressant ne sachant quand le décompte se compterait, le 1-2-3-4 arrive et tout le monde crie sur la même note « I WANT YOUR BODY » en boucle, pendant que des cyclones de mosh pits forment des spirales dans ce ciel troublé.
C’est le plus grand spectacle d’Ariane Roy à vie, et elle essaye d’en savourer chaque seconde. Justement, on le sent. On assiste à quelque chose de spécial, de marquant. Elle invite deux de ses grands amis que vous connaissez sûrement. Et oui, vous savez, elle avait un projet musical avec eux : Le Roy, la Rose et le Lou[p]. Voir Thierry Larose l’accompagner avec sa guitare est percutant. Et ensuite, voir Lou-Adriane Cassidy rejoindre Ariane Roy est tout au plus touchant.
Les chorégraphies sont incroyables. Toute seule, Ariane a un style de danse hypnotisant et décomplexé comme celui des coléoptères en bagarre. Ensuite des danseuses la rejoignent et s’unissent dans des mouvements d’araignées pendant que le jeu de lumière crée une seule silhouette : on dirait qu’on assiste à un exorcisme. Sans prêtre pour nous ennuyer, les sorcières volent sur scène et ne s’arrêtent jamais.
Ariane nous laisse avec un message d’espoir, nous disant que la culture québécoise est belle à cause de sa variété, de ses multiples origines et de son ouverture. Elle nous montre aussi la solidarité que nous avons eue au cours du spectacle, et nous invite à la conserver une fois que nous sommes rentrés chez nous.
Bref, incroyable soirée avec une foule soudée, et aucune IA utilisée, tout ce que j’adore.
Photos en vrac
- Artiste(s)
- Ariane Roy, Lou-Adriane Cassidy, Thierry Larose
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Place des Festivals
- Catégorie(s)
- Chanson, Electropop, Francophone, Indie Pop, New wave, Québécois,
Événements à venir
-
vendredi
Festival de la poutine | avec Lou-Adriane Cassidy, Vulgaires Machins, Les Shirley
Lieu : Centre Marcel-Dionne -
vendredi
-
samedi
Festival de la poutine | avec Coeur de Pirate, Ariane Roy, Greenwoodz, Anyma Ora
Lieu : Centre Marcel-Dionne -
samedi
-
vendredi
-
vendredi
-
jeudi
-
vendredi
-
samedi
-
vendredi















Vos commentaires