crédit photo: Marc-André Mongrain
Festival Petite-Vallée

Festival en chanson de Petite-Vallée 2026 | On s’imagine une journée typique dans la peau d’un festivalier

La route a été longue. Et puis, les randonnées au parc national Forillon en auront valu la peine, mais c’était épuisant! Repos bien mérité, car demain est un grand jour. Notre Festival en chanson de Petite-Vallée commence.

Réveil au gré du clapotis des vagues. Il est 8h, et le soleil est déjà bien haut dans le ciel. Ce qui frappe en Gaspésie, c’est… le silence. Plus de klaxons, le brouhaha de la ville a fait place à la danse du vent. La mer d’un côté, les montagnes de l’autre. Le paysage est simplement idyllique. Parfait pour faire le vide.

C’est le temps de déjeuner, mais il vaut mieux attendre : à 10h, le festival présentera son premier spectacle. On combat l’appel de la faim quelques heures pour bruncher en bonne compagnie : c’est Luan Larobina qui se présente devant nous, elle qui vient de gagner il y a quelques semaines à peine la 30e édition des Francouvertes. Quel privilège d’entendre cette fraîche lauréate dans une formule intime et acoustique pareille : les œufs et le bacon sont d’autant meilleurs agrémentés d’une touche de Voz de mi vida, puis d’une pincée Pointe-Sainte-Pierre. La Gaspésienne est comme un poisson dans l’eau chez elle.

luan larobina francouvertes 2026 06* Luan Larobina au Lion d’Or dans le cadre des Francouvertes, en 2026. Photo par Maëva Acolatsé.

Le brunch était copieux : on saute le dîner, mais on en profite pour aller voir l’un des spectacles extérieurs proposé à Petite-Vallée, mais aussi dans les environs, sur le temps du midi. On prend la voiture et on roule quelques kilomètres sur le boulevard Sainte-Cécile, vers Cloridorme, qui abrite le restaurant-motel L’Étoile du Nord. La route est loin d’être désagréable, au contraire : et au bout, Isabelle Charlot nous propose ses compositions aux accents dark jazz et baroque tirées de son projet Pour éblouir la fin du monde. C’est accompagnée de six autres musiciens que les chansons de Charlot prennent tout son sens.

Il est 13h, direction Dans l’Shed à Léon, rendez-vous devenu incontournable depuis 10 ans à Petite-Vallée : dans une formule acoustique, on redécouvre le répertoire d’artistes prenant part au festival. Chaque jour est une surprise, car celui ou celle qui illuminera le Shed est seulement annoncé le jour même!

* Photo par Alexandre Cotton.

Il est 14h, et on a déjà vu trois spectacles aujourd’hui… et ce n’est rien que le début! On retourne près du fleuve, près du Théâtre de la Vieille Forge : le vent bat particulièrement fort, on a l’impression qu’on pourrait s’envoler à la prochaine bourrasque d’une seconde à l’autre. On aperçoit le Théâtre debout, que, lui, rien ne pourrait déloger. Pas le vent, pas les inondations, même pas les flammes : il ne lui aura fallu que quelques années pour renaître de ses cendres, tel un phénix. Indélogeable, je vous dis.

On entre dans le Théâtre de la Vieille Forge : c’est Mathieu David Gagnon que l’on retrouve derrière les claviers. Entouré d’un quatuor à cordes et de deux claviéristes et percussionnistes. C’est un orchestre! Entre progressif, électronique et néo-classique, Flore Laurentienne nous fait voler à travers les compositions de son excellent Volume III, sorti au printemps. Nous sommes à l’intérieur du Théâtre de la Vieille Forge, et pourtant… on jurerait être à l’extérieur, au sommet du mont Didier, à apprécier le vert des arbres, ou en haut du phare, à regarder l’étendue d’eau de la rivière Madeleine qui semble infinie.

* Flore Laurentienne au Jardin botanique, en 2023. Photo par Pierre Langlois.

Basant une grande partie de son univers sur des improvisations, se laissant porter au gré du courant, on sent Gagnon et son orchestre d’autant plus inspirés ici, en Gaspésie, qu’à Montréal ou n’importe quelle grande métropole. Entourés de plantes, de forêts, du fleuve et de montagnes, et non de béton, ils semblent en transe, dans leur élément. On ne les appelle pas « Flore Laurentienne » pour rien.

Dur de revenir sur Terre, mais c’est le country-rock bien ancré de Joe Grass qui s’en charge. Les excellents morceaux de Falcon’s Heart nous font taper du pied, dandiner la tête. Les musiciens sont impressionnants : Joe Grass est à la guitare, Morgan Moore se déchaîne à la basse, tandis que c’est l’indémodable Robbie Kuster qui tient la baraque à la batterie.

L’appel de la faim revient de plus belle : c’est le temps d’aller souper, il est l’heure! Alfred Guinguette & Café nous fait vivre l’expérience gaspésienne de plus belle, typique. Ce soir, on a le choix entre fruits de mer variés ou poutine au homard. Rien que l’odeur de la sauce brune nous fait saliver : ce sera la deuxième option.

©️alexandrecotton 24 07 26 soir 7* Photo par Alexandre Cotton.

Il est 20h. On ressent un peu de fatigue, mais… non! C’est la Marée du Forgeron, l’UN des événements les plus immanquables de cet édition de Petite-Vallée. Spectacle qui avait permis l’inauguration du nouveau Théâtre de la Vieille Forge l’année dernière, il est de retour cette année pour une deuxième mouture. La deuxième vague déferle. Plus grande encore.

Sont réunies quatre générations d’artistes partageant un lien profond avec le village de Petite-Vallée et son festival : Louis-Jean Cormier, Marie-Pierre Arthur, Daniel Boucher, Patrice Michaud, Klô Pelgag, Jeanne Côté, Velours Velours, Sandrine Masse et Luan Larobina. Sans oublier Pierre Flynn, invité spécial, et la patte d’Alan Côté, grand manitou plus discret sur scène, mais toujours à la direction artistique de ce genre d’événement.

* La Marée du Forgeron au Théâtre de la Vieille Forge, en 2025. Photo par Alexandre Cotton.

On est touché par l’élan de solidarité ressenti dans cette deuxième mouture de la Marée du Forgeron. Il est tard, on savoure notre pourtant première bière de la journée, la Pit Caribou bien sûr, et puis… tiens, Louis-Jean Cormier sort de scène pour discuter avec des festivaliers! Il nous dévoile quelques secrets. Les détails du deuxième retour de Karkwa? La date de sortie de son nouvel album? Est-ce qu’il est tanné de chanter Tout le monde en même temps?

On finit par connaître toutes ces réponses, mais ça reste entre nous!

On quitte le chapiteau pour se diriger au Théâtre de la Vieille Forge pour une dernière fois de la journée : c’est Alphonse Bisaillon que l’on retrouve sur scène, le valeureux, l’audacieux. Il présente surtout son dernier album sorti à l’hiver, t.o.m. ou la trajectoire des perséides. Accents jazz, folk, indie pop, même… dubstep! La nouvelle génération de chansonniers québécois n’a pas peur d’éclater les frontières musicales, c’est une certitude.

On prend la voiture pour une dernière fois de la journée, puis on retrouve notre lit, enfin. Première journée complétée. Et c’est rien qu’un début.

Pour retrouver la programmation complète du Festival en chanson de Petite-Vallée, vous pouvez suivre le lien juste ici.


* Cet article a été produit en collaboration avec le Festival en chanson de Petite-Vallée.

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