A$AP Rocky au Centre Bell | Tournée DON’T BE DUMB : Rakim Mayers au sommet de son art
Avec une absence de sept ans, les gens avaient de grandes attentes envers A$AP Rocky. Disons que c’est difficile d’être déçu avec un tel spectacle. Pendant près de deux heures, il enchaîna succès après succès, ses classiques et son nouveau matériel provenant de son album Don’t Be Dumb, dans un Centre Bell rempli.
Vers 21 heures, les lumières s’éteignent et des vrombissements d’hélicoptère provenant du plafond se font entendre dans l’ensemble de l’aréna. Simulant une sorte de chasse à l’homme, des dizaines de figurants habillés en unité tactique de la police (SWAT) sortent de plusieurs sections dans les gradins. Le point fort de cette mise en scène réside dans l’incertitude entourant l’arrivée de celui que tout le monde attendait. Personne ne savait d’où allait sortir A$AP, que ce soit de l’hélicoptère au plafond, d’une section quelconque ou bien tout simplement du parterre. C’est finalement du parterre que Rakim Mayers, de son vrai nom, est arrivé. Au plus grand plaisir de la foule au sol, ces derniers ont pu mosh piter avec leur idole, recréant en quelque sorte le fameux meme de Rocky en détresse dans un mosh pit. C’est donc avec Grim Freestyle qu’il a lancé le bal. Ce morceau originellement créé pour une campagne de publicité de mode en 2020 a tellement été efficace qu’il est rendu un incontournable en spectacle.
Il monte ensuite dans l’hélicoptère pour interpréter trois nouvelles chansons issues de Don’t Be Dumb, soit ORDER OF PROTECTION, HELICOPTER et STOLE YA FLOW. Ces pièces hautes en intensité sont parfaites pour recréer le vidéoclip d’HELICOPTER, où A$AP ROCKY « spin is white tee like a helicopter ». C’est d’ailleurs pour cela que la moitié des gars au parterre étaient torse nu avec leur chandail blanc dans les mains.
Ce qui est bien dans un show d’A$AP Rocky c’est qu’il peut balancer deux énormes classiques en plein milieu de la soirée : c’est exactement ce qu’il a fait avec A$AP Forever et Praise the Lord. La particularité de ces deux morceaux réside dans leur construction basée sur de simples échantillonnages en boucle, soit les premières notes de Porcelain de Moby, pour A$AP Forever, et une mélodie de flûte de pan tirée d’une publicité de Garage Band pour Praise the Lord.
Sur le plan de la performance, ce n’est pas le genre de concert où l’on s’attend à ce que chaque chanson soit rappée : c’est plutôt une présence scénique dynamique et entraînante qui est favorable, une formule qu’A$AP maîtrise parfaitement. À l’aide de son mégaphone en guise de micro, il lance des cris et des back vocals qui agrémentent chaque pièce. On l’entend sur le morceau éponyme crier à répétition : « Shut the fuck up ». Ce dernier, un titre agressif utilisant la même base de percussion que WHAT’S GOOD de Tyler, The Creator, a permis aux danseurs masqués recrutés par Rocky d’infiltrer les mosh pits afin d’amplifier l’énergie à l’intérieur de ceux-ci. Oui, des danseurs étaient payés pour danser et brasser la foule pendant le show, chose que l’on ne voit pas souvent.
Vers le milieu de la soirée, il y a eu un petit creux de vague avec des chansons moins connues qui n’étaient pas nécessairement pertinentes, je pense, comme GEMSTONEZ ITZ THA GR1M, Slob on My Knob ou No Limit. Il aurait pu en profiter pour jouer d’autres titres (WHISKEY et SWAT TEAM) de son dernier album qui méritaient leur place dans le setlist de la soirée, à mon avis.
Cependant, le restant du spectacle était parfait, les gens dans la salle ont même eu droit à un retour dans le passé où Rocky a rendu hommage à son ami feu A$AP Yams, fondateur du collectif A$AP Mob. Il en a profité pour ramener son autre ami A$AP Twelvyy et jouer Yamborghini High et Hella Hoes, deux classiques du collectif datant des années 2010. Pour ceux qui se le demandent, A$AP est un acronyme de « Always Strive and Prosper ».
La beauté dans la discographie de Rocky, c’est qu’il y a des morceaux pour plaire à tout le monde, ce qui rassemble encore plus la foule. Autant, il peut satisfaire la rage des personnes dans le parterre, avec une chanson comme Fuckin’Problems, qu’il peut séduire la foule en bordure de scène avec une ballade comme Sundress. Le tout avec une cinématographie bien pensée sur les écrans géants ainsi qu’avec les angles de caméra en plongée, particulièrement réussis lorsqu’A$AP se trouvait au centre de la scène.
À la fin de la soirée, après environ deux heures de show, Mayers nous a avoué que c’était le meilleur spectacle de sa tournée jusqu’à maintenant. Je ne sais pas si c’était une façon de remercier la foule, mais il a choisi de clôturer le concert avec I Smoked Away My Brain, joué pour la toute première fois de la tournée. Un moment particulièrement apprécié du public. Bref, le retour d’A$AP Rocky à Montréal a été un franc succès, tant sur le plan visuel que sonore.
Grille de chansons
1- Grim Freestyle
2- Trunks
3- HIGHJACK
4- ORDER OF PROTECTION
5- HELICOPTER
6- STOLE YA FLOW
7- A$AP Forever
8- RIOT (Rowdy Pipe’n)
9- Praise the Lord (Da Shine)
10- STOP SNITCHING
11- PLAYA
12- STFU
13- PUNK ROCKY
14- Sundress
15- GEMSTONEZ ITZ THA GR1M
16- Slob on My Knob/ No Limit
17- Multiply
18- Yamborghini High (avec A$AP Twelvyy)
19- Hella Hoes (avec A$AP Twelvyy)
20- Purple Swag
21- Peso
22- LVL
23- Wassup
24- Fuckin’ Problems
25- Fashion Killa
26- Everyday
27- Jukebox Joints
28- STAY HERE 4 LIFE
29- L$D
30- I smoked Away My Brain
31- DON’T BE DUMB
Photos en vrac
- Artiste(s)
- A$AP Rocky
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Centre Bell
- Catégorie(s)
- Hip-hop, Rap/Hip-hop, Trap,
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