Matt Holubowski

Les soirées à L’Ange Cornu de L’Assomption | Le retour attendu de Matt Holubowski… et pourquoi pas pour deux soirs !

Après s’être récemment dégourdi au Verre Bouteille sur l’avenue Mont-Royal et à la Cidrerie Milton en Estrie, Matt Holubowski est monté seul sur la scène de l’Ange Cornu mardi et mercredi soirs derniers pour présenter ses plus récentes compositions ainsi que quelques versions revisitées de ses classiques. De son propre aveu, ce recul de quelques années en campagne était une excellente façon d’éveiller son processus de création. On doit reconnaître que l’auteur-compositeur-interprète de 38 ans a visé juste, puisque le bilan de l’exercice a été prolifique ; plus de 50 morceaux composés en l’espace de deux ans.

Rappelons-nous que son quatrième album, Like Flowers on a Molten Lawn, remonte à 2023. Et bien qu’il y ait eu quelques simples qui ont suivi sur un microalbum paru en 2024, dont l’énergique Control, the Idle Youth, and Repose, ce fut presque le silence radio par la suite. Son 5e album, dont la date de sortie est prévue pour janvier prochain et qui regroupera une douzaine de nouvelles compositions, respecte donc le rythme de «livraison» du chanteur originaire de Hudson. Ses admirateurs étaient heureux de le retrouver et lui ont démontré de la plus belle des manières, en lui accordant une écoute digne de la Maison Symphonique, un silence qualifié même «d’excessivement déconcertant» par l’artiste. Bref, un public en or pour ces deux soirées qui affichaient complet.

L’évolution

Dès les premiers accords à sa guitare acoustique, sous une lumière discrète, on a immédiatement ressenti que «la magie Holubowski» est toujours aussi vivante. Il n’a absolument rien perdu de son timbre de voix unique, mis en valeur par l’excellent travail de son technicien Antoine Goulet (Vulgaires Machins, SUUNS). Son style planant est demeuré intact, sinon meilleur, et l’on distingue de plus en plus sa propre signature, le libérant peut-être enfin de certaines comparaisons, bien que flatteuses.

En début de concert, on a eu le plaisir d’entendre une version épurée de la pièce bien connue, Exhale/Inhale. Fait à noter : pour ce rodage, Matt s’était d’ailleurs accordé une belle liberté de partager les contextes de créations de ses nouvelles compositions.

Parmi les découvertes, le musicien a joué Lost Dog, un morceau qu’il considère lui-même «d’inattendu» , inspiré en partie d’une expérience vécue avec le chien qui partage le quotidien de son couple depuis bientôt quatre ans. Grand fan de Peaky Blinders, une série à succès qui raconte l’histoire d’une famille criminelle de Birmingham au début des années 1900, il a ensuite introduit une nouvelle composition insufflée par l’intervention d’un personnage qui l’a porté à réfléchir sur la nature humaine et le cercle vicieux de la violence et de l’addiction dans certains milieux. On s’est justement attardé plus particulièrement à Inside The Merry Loop en raison de sa construction musicale et son refrain accrocheur ; cette pièce a toutes les chances de devenir l’une des pièces phares du nouvel opus.

Bien déposé avec sa guitare sur un tabouret pendant un long moment, il s’est aussi accompagné au clavier sur quelques pièces dont Around Here, que les spectateurs avaient eu le plaisir de fredonner avec lui lors d’une tournée précédente. Il nous a aussi fait voyager avec lui sur une plage de Nouvelle-Écosse, là où est née Sandy Cove. Quelques spectateurs chanceux ont eu le plaisir d’entendre leurs demandes spéciales suggérées via les réseaux sociaux, dont L’imposteur. Mais au-delà de tout ça, on conservera longtemps le souvenir de sa performance énergique sur Eyes Wider, lors du second concert. Nous l’avons alors réellement senti s’évader dans son propre monde.

Janvier 2027 n’est pas si loin… et notre expérience nous a confirmé que notre patience sera récompensée.

Allons-y d’une suggestion pour le 6e : pourquoi pas une compilation acoustique ?

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