La Noce de coquelicot – Jour 2 | Une leçon d’electro-pop de course, par Milk & Bone et Ariane Roy
Pour ceuses n’ayant pas encore lu la première partie de la couverture de La Noce de coquelicot (soit un p’tit jeudi aussi humide que torride, featuring Malaimé Soleil et Angine de poitrine), réglez donc ça MAINTENANT en cliquant ici, avant de lire ce qui suit.
En plus, sachez que notre photographe Pierre a capté d’excellent clichés des performances de Laura Niquay, Éléonore Dessureault et de Lou-Adriane Cassidy (la tête d’affiche du J1, qui en a séduit plus d’un·e sur la scène Sirius XM).
JOUR 1 [suite et fin] : Des feux d’artifices en sacréfice
Pendant ce temps au CEM, Mulch puis Faze s’affairaient à brutaliser tous les tympans disponibles, à grands coups de leurs pesantes compositions hardcore respectives. Nos informateurs présents sur place soutiennent que les deux formations ont été aussi redoutables qu’efficaces.
Ensuite, c’était au tour des punks de la Vieille Capitale composant Enfants Sauvages d’ouvrir l’After de la scène Télé-Québec. C’est qu’on l’aime bien cette scène, située au cœur des ruines de la bâtisse 1903, plantée au fin fond du site de la vieille Pulperie. Quiconque connaissant la réputation de la spectaculaire Rox Arcand s’attendait à une surprenante mise en scène pour lancer le bal. Et c’est bien ça qui se passa. Coiffée d’un voilage nuptial, elle apparut aux abords de la scène… juchée sur le toit d’un putain de panel! Le véhicule, qui devait être jadis blanc, était dorénavant orné abondamment de graffitis bien salissants.
Pour vrai, dans son t-shirt de mottée, sa ceinture à paillettes et ses bobettes couleur rouge sang, c’est comme si Rox débarquait un couteau entre les dents, prête à nous en crisser une sacrament! Flanquée de deux danseuses en mode langoureuses (alias ses Allumeuses), la chanteuse-performeuse aux tatouages ostentatoires a ensuite pris d’assaut les planches, se démenant telle une maudite belle démone dans l’eau bénite, pendant à peine 15 minutes… euh, pardon?
Ouin, comme une alerte météo annonçait des orages électriques, l’organisation a dû mettre sur pause les prestations, et ce, pendant une bonne demi-heure, le temps que s’estompent les éclairs de chaleur. Coït interrompu, comme qu’y disent. D’autant plus dommage car, fidèle à elle-même, Rox était arrivée on-ne-peut-plus crinquée, aussi pétillante qu’en crisse, prête à exploser, comme un feu d’artifice en beau sacréfice.
Lorsqu’ES put enfin recommencer à jouer, c’était quasiment déjà l’heure du groupe suivant… ‘fait que leur prestation a dû être hélas écourtée, au grand dam de tout le monde présent, les membres du groupe les premiers. Surtout qu’ils ont dû exciser une pièce à laquelle l’homme de fer du Québec, alias Vincent Peake pour les intimes, devait participer. En espérant que ce n’était que partie remise et qu’ES sera à nouveau invité au Festival en 2027, afin qu’on puisse consommer leur maudit bon punk toute d’une traite, jusqu’à la dernière goutte.
Ah, Groovy Aardvark… les vieux routiers de ce bien-aimé groupe prog-trad-heavy rock célèbrent les 40 ans de naissance de leur cher fourmilier tripatif. C’est que Vincent (voix et basse), son frère Danny Peake (chœurs), Martin Dupuis (guitare), Pierre Koch (batterie) et Frank Legendre (guitare) savent comment faire un excellent show. Surtout que Vincent et Martin avaient donné un concert plus tôt dans la soirée : GrimSkunk jouaient le même soir, sur la scène du vieux port de Chicoutimi (en ouverture de Papa Roach!).
Bien que le set de Groovy a lui aussi dû être légèrement écourté (quelques pièces ont dû sauter), les fans de musique qui brasse ont tout de même été pas mal gâtés. Des 18 pièces au menu, on eut droit à une foule d’énergiques classiques, une poignée de singulières reprises, quelques raretés et mêmes une couple de nouvelles pièces. Des machines!
Et comme Vacuum — leur album le plus populaire en carrière — fête également son 30e anniversaire cette année, pas moins de cinq de ses pièces ont été jouées, contre trois d’Oryctérope, deux de leur tout premier album et une poignée de singulières reprises.
JOUR 2 : Une leçon d’electro-pop de course
Le lendemain, la journée s’amorçait dans le lieu bien connu des locaux : à Chicoutimi-Nord, au belvédère de la Croix de Ste-Anne, avec vue imprenable sur le Saguenay et le centre-ville de Ch’cout’. C’est à cet endroit magnifique que les habitués du festival avaient pu assister à une prestation d’Alaclair Ensemble en 2019. En ce vendredi, peu après midi, c’était pour un concert doux et intime du populaire chantre d’Alma, Pierre Lapointe, qu’on avait été conviés, ben relax, tous assis par terre.
Or, comble du malheur, le concert de Pierre et son accompagnatrice (au piano droit électrique) a dû être interrompu après à peine un quart d’heure. C’est qu’après avoir interprété d’entrée de jeu la douce chanson Toutes tes idoles (tirée de son plus récent album, Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abîmé, lancé l’an dernier), la paire connut des pépins techniques (le son coupait constamment), les forçant à recommencer la chanson suivante à trois reprises. Après, en essayer une autre, ils durent finalement se résigner à abandonner, n’ayant au final pu jouer qu’une seule pièce dans son entièreté. Ce qu’on pourrait hélas qualifier de pétard mouillé.
T’sais, tu sais que tu vas passer la meilleure des journées quand t’arrives à un festival, planté de surcroît dans un site magnifique aux abords d’un bois, et que le bon Joël Martel t’accueille au clavier sur un micro-scène sur le gazon entre deux gros feuillus, flanqué d’un guitariste blues jouant une espèce de bossa nova, chantant les louanges de la poutine de Chez Morasse (classique bien connu des festivaliers du FME).
C’est à 14h30 tapantes sur la scène Sirius XM que les pétillantes filles de Milk & Bone débutèrent leur parfait concert. À l’instar de la douce et fine pluie qui nous tombait dessus, cette petite heure passée en la compagnie du duo dream pop electro, s’avéra des plus rafraichissantes. Derrière leur poste de commande (s’activant aux claviers, séquenceurs et drum pads), Camille KROY Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne jouaient avec les BPM, en livrant leurs compositions tantôt douces mais souvent entraînantes, devant une foule majoritairement féminine (mais pas que), envoûtée par leurs harmonies vocales feutrées et sans faille.
Il faut dire qu’après avoir participé à La Noce de cuir (2019), les filles étaient de était VRAIMENT heureuse d’être de retour, ne voulant clairement qu’avoir (et nous donner) du fun, pareil comme Cyndi Lauper. « Avant l’été, je me souviens que notre bookeuse nous a demandé si on ne voulait faire qu’un festival cet été, ce serait lequel… pis on a répondu 100% La Noce… pis on l’a eu! », d’avouer tout sourire au micro Laurence, juste après avoir débuté le set avec le premier hit, Cococut Water, tirée de leur tout premier album, Little Mourning (2015), dont fut aussi joué la pièce Pressure.
On a aussi pu entendre, entre autres, la lancinante Deception Bay, les sautillantes Peaches et FORGONE. Les filles nous ont même offert, préparée spécialement pour nous, Noceurs et Noceuses, une formidable car vaporeuse version de l’indémodable Enjoy the Silence de Depeche Mode — que Laurence qualifia ensuite, et avec raison, de chanson intergénérationnelle, tant la foule a embarqué dans ce bref voyage dans le temps supersonique. Y fallait être là. Et en plus, tout juste avant que le set ne soit fini, le soleil a percé les nuages, comme par magie. Merci la vie!
Ayant entendu beaucoup de bien des Saguenéens du groupe Cure-Pipe, on se rendit sur l’heure du souper aux abords de la scène Télé-Québec, pour quelques pièces de leur rock psychédélique. Si on a aimé la tonne d’écho dans le vocal, ils nous ont commencé à nous perdre en ralentissant la cadence, et on n’en pouvait tout simplement plus lorsque le chanteur a commencé à abuser de l’autotune… désolé, next!
On se rendit ensuite à la scène Sirius XM pour voir ce qu’Emma Beko avait à offrir. On n’a pas du tout détesté ses pièces semi-rap en mode spoken word narré, rappelant Kendrick Lamar, sur fond de jazz saxé qui groovait grave. Il faut dire que la chanteuse était fort joliment accompagnée, six talentueux musiciens du CEM composant son live band. Or, ses (nombreuses) balades trip-hop-esques fonctionnaient pas mal moins… comme si ses compos se prenaient trop au sérieux. M’enfin.
Pendant que Jashim faisait bouger la foule à la scène Hydro Québec avec son hip hop mâtiné de reggaeton (en abusant également de l’autotune), on se rapprocha de la scène principale pour aller voir Ariane Roy, qui commençait à 20h. Et on n’a absolument pas été déçu. Sa pop patraque et touffue de cette habituée de La Noce (sa 3e fois) a fait mouche, la talentueuse chanteuse et ses trois musiciens étaient en feu… et la foule aussi!
Sur la même scène, le phénoménal Les Louanges suivait. Que reste-t-il à écrire qui n’a pas été déjà dit du projet de Vincent Roberge? Non, ce n’était pas son premier passage à la Noce, car il y était en 2019 et 2023. Fort du succès instantané d’Alouette! (son troisième album paru en avril dernier, chez Bonsound), il arrivait galvanisé, voire chargé à bloc, et le groove fut collectif.
C’était franchement magnifique de voir la foule si connectée, chantant à s’époumoner ses paroles à la fois lucides, éclectique et fédératrices. Des chansons et compositions qui sont dotées d’une singularité propre, d’une originalité débordante, et de ce côté avant-gardiste, novateur et décalé, mais accrocheur comme ce n’est pas permis, un peu celles du grand Jean Leloup à ses débuts.
Le tube de La Noce de coquelicot fut sans contredit La (bien-nommée) journée va être chaude, qui fut suivie de l’irrésistible Correct, deux pièces interprétées en toute fin de set, que tous les festivalier.es entonnaient en chœur sans se faire prier. Votre scribe skippa les afters ce soir-là, histoire de se coucher tôt en prévision d’une dernière journée flambant neuve.
P.S. Gâtez-vous ci-dessous avec les belles photos de Pierre, notre photographe, qui a également shooté plusieurs autres groupes/artistes qui performait vendredi, soit Grand Eugène, Le Belladone, Mitaine et Velours Velours.
[Conclusion à suivre sous peu…]
PHOTOS EN VRAC
MILK & BONE
CURE-PIPE
EMMA BEKO
JASHIM
ARIANE ROY
LES LOUANGES
GRAND EUGENE
LE BELLADONE
MITAINE
VELOURS VELOURS
PLUS DE PHOTOS DE LA NOCE
- Artiste(s)
- Ariane Roy, Cure-pipe, Emma Beko, Enfants Sauvages, Faze, Groovy Aardvark, Jashim, Les Louanges, Milk & Bone, Mulch, Pierre Lapointe
- Ville(s)
- Chicoutimi, Saguenay
- Salle(s)
- La Pulperie
- Catégorie(s)
- Festival, Québécois,
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Lieu : Centre Marcel-Dionne -
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