crédit photo: Muriel Brachelet

Les SDC, ou comment découvrir votre quartier différemment

Cet été, l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM) fête son 45e anniversaire. Encore une structure plutôt méconnue du grand public, les SDC sont pourtant essentielles au dynamisme d’un quartier : Cabane Panache, c’est une SDC qui est derrière le projet. Les courses des triporteurs et les Shows de ruelle, c’est aussi une SDC derrière! La piétonnisation d’artères passantes lors des mois ensoleillés, eh bien… vous vous doutez c’est grâce à qui maintenant! Nous nous sommes entretenus avec Sébastien Ridoin, directeur général de l’association des SDC de Montréal, détaillant l’impact essentiel de ces organismes. Une exposition ambulante et un balado immersif co-signé par notre rédacteur en chef Marc-André Mongrain et le collègue Louis-Philippe Labrèche du Canal Auditif complètent l’offre de cet anniversaire.

SDC, SDC… d’accord, mais concrètement, qu’est-ce que ça veut dire?

« C’est un regroupement de commerçants qui vont se doter d’une cotisation obligatoire pour être capable d’améliorer la vie de quartier d’un point de vue économique, social, culturel ou encore environnemental, détaille Sébastien Ridoin, en entrevue. Ils vont travailler sur des événements ou des projets qui vont avoir un impact dans la communauté. Travailler à développer des campagnes promotionnelles, soutenir la communauté d’affaires. À Montréal, on a 25 SDC qui représentent 15 000 entreprises et places d’affaires. »

Les SDC se sont d’abord développées en Ontario, au début des années 1970 : face à une forte dévitalisation sur les artères, un faible achalandage causé par l’essor des voitures, et donc, l’émergence de centres d’achat en périphérie, les commerçants au cœur des quartiers ont répondu au problème en se structurant eux-mêmes une société commune solidaire. Le Québec a rapidement suivi le pas : « On a commencé en 1981 avec quatre SDC : la SDC Plaza Saint-Hubert, la SDC promenade Masson, la SDC boulevard Monk et la SDC Ontario, qui est maintenant la SDC Hochelaga-Maisonneuve. Et maintenant, on a un modèle qui s’est transporté à l’échelle du Québec. On est à peu près à 50 SDC au Québec », annonce Sébastien Ridoin, précisant qu’au Canada, on peut retrouver 400 SDC, et qu’à l’échelle de l’Amérique du Nord, on en retrouve plus de 2000!

* Photo par Pierre Langlois.

Célébrer un cap important

Les SDC n’arrêtent pas de grandir, d’accueillir de nouvelles têtes dans leur grande association : encore au début de l’année, le 1er janvier dernier, l’association des SDC de Montréal intégrait l’Espace Fleury Est, dans le quartier d’Ahuntsic-Cartierville. « Chaque SDC a vraiment ses nuances, ses couleurs qui font qu’on ne vit pas la même expérience d’un quartier à un autre, d’une rue commerciale à une autre, clame M. Ridoin. Sans elles, est-ce qu’on aurait une identité de quartier aussi riche et développée? Probablement pas. »

Pour mettre de l’avant ces organismes encore trop peu connus, triste réalité même avouée par Sébastien Ridoin, l’ASDCM organise une exposition intitulée Les SDC de Montréal au cœur de nos quartiers, qui se baladera dans huit quartiers différents jusqu’au 7 septembre prochain. Actuellement sur la promenade Wellington et dans le quartier Villeray, l’exposition s’exportera notamment dans le Village et sur L’Avenue du Mont-Royal, mais aussi dans le Quartier Latin ou encore Montréal-Nord.

L’exposition Les SDC de Montréal au cœur de nos quartiers met notamment de l’avant la programmation évènementielle et les défis actuels auxquels peuvent faire face les SDC, mais détaille aussi les gestes posés au quotidien par les commerçant pour revitaliser les artères, sans oublier, bien sûr, de plonger dans le passé pour faire connaître les débuts des sociétés de développement commercial à Montréal.

Le balado, quant à lui, prend un virage pleinement immersif : on est sur le terrain, on parle à l’humain derrière! Dans une série de trois balado-reportages, le collègue Labrèche se promène de cafés en commerces et rencontre les hommes et les femmes qui font vibrer Montréal. Nous pouvons notamment entendre derrière le micro le jeune directeur d’un bar de la Petite Italie qui fait rayonner l’art du cocktail, comprendre l’impact environnemental de la piétonisation sur l’Avenue du Mont-Royal ou encore écouter les histoires racontées par les gilets roses des Allié·es du Village, veillant sur les personnes vulnérables dans le quartier.

Lancée au milieu du mois de juin dernier, la série de balados Un quotidien de services est disponible sur diverses plateformes, notamment Spotify :

Foires commerciales, festivals, jeux, cinéma, activités sportives et gastronomie : plus de 500 activités gratuites sont offertes pendant l’été à Montréal, portées par 7000 adresses veillant au dynamisme et au rayonnement de Montréal.

« Si je peux avoir un dernier message, c’est d’encourager vraiment les gens à vivre cette expérience montréalaise là. Pendant l’été, et puis tout au long de l’année, ça ne s’arrête pas après l’été! lance Sébastien Ridoin. Nos SDC sont actives pour Halloween, pour le temps des Fêtes, pour la saison des sucres. C’est vraiment une expérience à vivre à l’année, les SDC. »

On vous invite à profiter de votre vie de quartier plus que jamais cet été en prenant connaissance juste ici de l’offre culturelle de l’ASDCM.

expo45ans muriel brachelet 15* Photo par Muriel Brachelet.


* Cet article a été produit en collaboration avec l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal.

Vos commentaires