Festirame 2026 | Bilan du premier week-end
En collaboration avec le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), Sors-tu? ouvre sa plateforme à la relève journalistique par le biais du programme Horizons, qui permet à des étudiants en journalisme et en communication de plonger dans le monde des festivals en couvrant les événements sur le terrain. Nous donnons aujourd’hui la parole à Vittoria Caputo, qui a couvert pour nous le premier week-end du Festirame d’Alma, qui se déroule du 3 au 10 juillet 2026.
Le marathon de chaloupes à rames fait la renommée du Festirame, mais une fois la soirée venue, c’est la musique qui prend le relais. Retour sur les spectacles marquants du premier week-end, entre le retour de Marjo après 29 ans d’absence à Alma, les univers éclatés de Gab Paquet et d’Alice Bro, et l’énergie contagieuse de Salebarbes.
L’énergie éternelle de la grande Marjo
Dimanche soir, Marjo a enflammé la scène de Place Festivalma au grand plaisir des Almatois qui ne l’avaient pas vue depuis 29 ans. Dès Illégale, l’ambiance était lancée et la foule réagissait dès les premières notes. Elle a enchaîné ses grands classiques ainsi que quelques pièces du groupe Corbeau, dont elle a déjà fait partie. Le spectacle s’est conclu en bonne et due forme avec une reprise des Yeux du cœur en hommage à Gerry Boulet.
Le parterre du site était particulièrement dense, au point où les spectateurs se retrouvaient serrés comme des sardines. Malgré cette proximité, l’ambiance restait vive, entre réactions spontanées et énergie constante du public. Cependant, en raison de la densité de la foule, il fallait faire plus attention pour ne pas accrocher les jeunes fans qui envoyait des signes rock à Marjo.
Ceux qui souhaitaient profiter davantage de la musique pouvaient se déplacer vers les gradins, offrant une vue plus dégagée sur la scène et sur le coucher du soleil. Cette perspective ajoutait une dimension particulière au spectacle, où les lumières du site contribuaient à la magie du moment.
Comparé à un passage précédent à Petite-Vallée, le spectacle prend ici une autre ampleur. Le site plus vaste et l’ambiance festive du Saguenay–Lac-Saint-Jean contribuent à une énergie différente, plus expansive. Une chose demeure toutefois inchangée : l’énergie de Marjo. Figure marquante du rock québécois, elle a livré une performance sans retenue, enchaînant sauts, déplacements et interactions avec le public, tout en maintenant une intensité constante.
La magie du spectacle ne s’est pas terminée à la dernière chanson, elle a continué jusqu’au stationnement où plusieurs chantaient encore ses grands classiques.
Gab Paquet, un vrai homme de scène
Gab Paquet aime la scène, et la foule l’aime aussi!
Dès son arrivée sur scène on pouvait entendre par-ci par-là des « Gab, t’es parfait! », « Gab, lâche pas! » et même « Gab, épouse-moi! ».
Dès le début, on entre dans l’univers de Gab Paquet : collier de diamants à la main et chandail zébré, il interprète avec énergie la chanson Diamants. Après quelques chansons, il revient vêtu d’une cape rose et adopte une démarche mystérieuse pour interpréter Magie Rose.
Malgré cette mise en scène extravagante, le public est demeuré relativement réservé pendant une bonne partie du spectacle, et rares étaient ceux qui partageaient l’énergie dégagée sur scène. Cela n’était toutefois pas dérangeant, mais pouvait plutôt être perçu comme une forme de fascination du public face à l’énergie absorbante de l’artiste.La lumière du jour a également pu jouer un rôle dans cette retenue, le soleil n’étant pas encore couché, ce qui se prêtait moins à l’énergie de la fête.
Les festivaliers ont tout de même eu droit à plusieurs autres chansons, dont Sex Machine et 1-800-666-Sexe. Entre quelques chansons, Gab Paquet discutait avec le public. Celui-ci s’est réveillé lorsque le band a demandé conseil à la foule pour trouver la meilleure poutine d’Alma, sans toutefois réussir à obtenir un consensus.
La reine des botchs dans la région des buveurs
Le Saguenay–Lac-Saint-Jean traîne depuis longtemps sa réputation de région où l’on aime lever le coude. Un terrain de jeu tout désigné pour Alice Bro, affectueusement surnommée la « reine des botchs » par sa communauté. Avec son univers sans filtre, la jeune auteure-compositrice-interprète a trouvé sa place sur la scène du Festirame.
Accompagnée de ses deux musiciens, elle a offert un spectacle à la fois festif et étonnamment intime. Verre levé avec les festivaliers, anecdotes spontanées et échanges complices ont rapidement installé une proximité avec le public. Elle a même été amusée d’apprendre que sa réputation de grande fumeuse l’avait précédée jusqu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
La complicité entre les trois artistes est d’ailleurs l’une des grandes forces du spectacle. Les musiciens ne se contentent pas d’accompagner la chanteuse : chacun profite de son moment pour briller, les solos s’enchaînent naturellement et les regards complices témoignent d’une réelle chimie. On comprend facilement pourquoi Alice Bro affirme ne pas vouloir se séparer de ses acolytes.
Si vous n’êtes pas friand de chansons grivoises, l’ivresse du moment pourrait bien vous faire changer d’avis.
Le countryside acadien à Alma
SaleBarbes a offert un spectacle festif samedi soir à Alma. Dès les premières minutes, la complicité entre les membres du groupe était évidente et s’est rapidement transmise au public. Les harmonies vocales, les arrangements instrumentaux et les pas de danse sur scène ont créé une ambiance soutenue et entraînante.
Le groupe a rapidement enchainé leurs succès tels que Good Lord et Y a l’bon Dieu qui l’attend, si bien que certains festivaliers ont quitté avant le rappel, déjà satisfait des chansons entendues.
Le spectacle reposait sur une énergie constante, typique de leur univers aux accents country et acadiens, où le rythme et la convivialité occupent une place centrale. Le public a rapidement embarqué, chantant et dansant au rythme du groupe. L’atmosphère générale était résolument rassembleuse, touchant autant les plus jeunes que les festivaliers plus âgés.
Le Festirame se poursuit jusqu’au 10 juillet, avec notamment David Pineau (8 juillet), Ariane Moffatt (9 juillet) et JF Pauzé (10 juillet), suivi de la Grande Nuit d’Alma avec Qualité Motel et Soleil Launière, le 11 juillet. Détails et billets par ici.
Cet article a été produit en collaboration avec le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN).
- Artiste(s)
- Alice Bro, Gab Paquet, Marjo, Salebarbes
- Ville(s)
- Alma
- Salle(s)
- Place Festivalma
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