crédit photo: François Morisset (MetalUniverse.net)
Shinedown

Shinedown au Centre Vidéotron | Le groupe américain met le feu à la salle !

Le Centre Vidéotron a vibré au rythme du heavy metal hier soir alors que Shinedown, l’un des groupes les plus populaires de la scène rock américaine, s’arrêtait  à Québec dans le cadre de sa tournée mondiale « Dance, Kid, Dance Act II ». Reconnue pour ses succès incontournables comme « Second Chance », « Sound of Madness » et « A Symptom of Being Human », la formation menée par Brent Smith nous promettait une soirée mémorable. Pour compléter l’affiche, Coheed and Cambria et From Ashes to New assuraient la première partie.

Les origines

Shinedown a vendu des millions d’albums à travers le monde et accumulé un nombre record de chansons ayant atteint la première place des palmarès rock américains. Grâce à des albums comme The Sound of Madness, Amaryllis, Threat to Survival, Attention Attention et Planet Zero, le groupe américain a bâti une excellente réputation et est devenu un incontournable du style arena rock. La formation nous avait rendu visite lors de la tournée Planet Zero en juillet 2022. Brent Smith, de son propre aveu, avait eu des problèmes de voix lors de cette prestation.

* Au Centre Vidéotron en 2022. Photo par Normand Trudel.

Le rêve

Présenter Shinedown au Centre Vidéotron en plein cœur du Festival d’été de Québec représentait un pari particulièrement audacieux. Alors que des dizaines de spectacles étaient proposés simultanément dans la capitale, le promoteur devait convaincre le public de délaisser l’effervescence du centre-ville pour se rendre à l’amphithéâtre. Le défi a toutefois été relevé avec succès, puisque la salle a accueilli une assistance plus que respectable.

Difficile, malgré tout, de ne pas imaginer l’ampleur qu’aurait pu prendre ce même concert sur les plaines d’Abraham. Avec la popularité de Shinedown, une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes aurait certainement pu être au rendez-vous. Mais enfin, il est parfois permis de rêver.

C’est sur l’air de Sledgehammer de Peter Gabriel que quelques hurluberlus viennent se dandiner sur scène en guise d’introduction. Des bouffons cagoulés en rouge et un personnage portant un téléviseur en guise de tête arpentent la scène.

Sous une pétarade et d’immenses jets de flammes, Safe and Sound commence le marathon de décibels. Brent Smith, bien ancré sur la petite scène centrale, est flanqué du bassiste de tournée et du guitariste Zach Myers à droite. La proximité des musiciens avec la foule est incroyable. Une explosion n’attend pas l’autre et la foule en redemande.

La voix de Smith résonne haut et fort dans les estrades. Rien à voir avec la performance de 2022. Il est en grande forme et ça paraît. Il ne cesse de se déplacer de la scène principale à la petite scène centrale au plus grand plaisir des fans. Il parle énormément avec la foule et même à l’occasion beaucoup trop en ce début de spectacle, mais la foule est très réceptive. Le show prend des allures ésotériques qui s’étirent en longueur. Le chanteur ira d’une tirade en lien avec la vie après la mort et invite les fans à fermer les yeux dans une grande prière rock. Il finit par interpréter le succès planétaire 365 sous l’effet de boule lumineuse et d’éclairages cristallins.

Le divin fait place au malin avec la puissante Devil. C’est le contraste absolu entre la lumière et l’ombre ou la chaleur des immenses jets de flammes sur scène font perler des gouttes de sueur sur mon front tellement c’est torride. Il faut le voir pour le croire. Lors de Enemies, c’est l’hystérie collective. La foule est debout et saute sur place à pieds joints en complète osmose avec la formation floridienne.

Une petite pose disco avant la partie acoustique du spectacle nous permet d’apprécier les talents de danseurs de la mascotte du groupe coiffée de son vieux téléviseur et portant fièrement le chandail rouge de Remparts de Québec de la LHJMQ.

Avant d’interpréter Call Me sur la petite scène de la partie centrale, Zach Myers nous fait part de l’absence du bassiste du groupe Eric Bass qui a dû faire une pause et prendre du temps pour lui. Eric Bass est absent de la tournée ayant récemment connu des problèmes de santé mentale. Le party se poursuivra sur la petite scène pour encore trois autres chansons.

De retour sur la scène principale, le dernier bloc de chansons de la soirée peut commencer. Fly From The Inside remet le feu aux poudres. Avant les canons tant attendus de la soirée, le chanteur nous mentionne qu’un dollar pour chaque billet vendu lors des concerts est remis à l’organisme City of Hope: Top Cancer Treatment and Research Center.

Pour les rappels, le niveau sonore remonte encore d’un cran. Suite à l’interprétation du monument qu’est Monsters, Zach Myers, seul à la guitare, gratte un extrait de Kryptonite de 3 Doors Down et le groupe enchaîne avec immédiatement avec l’incontournable Simple Man de Lynyrd Skynyrd. Sound Of Madness et finalement Second Chance clôturent ce spectacle magistral de haut niveau.

Shinedown a complètement relevé le défi d’offrir un spectacle d’une qualité exceptionnelle à un prix des plus raisonnables. Le concert intégrait tous les éléments d’une soirée parfaite: une foule en feu, une exceptionnelle qualité sonore et visuelle dans une mise en scène léchée et dynamique. Et que dire de l’excellente performance du chanteur Brent Smith. Shinedown a mis le feu au Centre Vidéotron ce soir et ce n’est pas peu dire. Pour ceux qui n’étaient pas là, et bien, vous avez manqué toute une performance !

Coheed and Cambria

Coheed and Cambria demeure l’une des formations les plus singulières et respectées de la scène rock progressif moderne. Mené par le chanteur et guitariste Claudio Sanchez, le groupe new-yorkais se distingue par un savant mélange de rock progressif, de métal sous des mélodies et structures ambitieuses. L’univers du groupe repose en grande partie sur The Amory Wars, une vaste saga de science-fiction imaginée par Sanchez et développée à travers plusieurs albums-concepts.

Je n’avais eu l’occasion de voir Coheed and Cambria qu’une seule fois à Québec, lors du Festival d’été de 2011, pendant la tournée Year of the Black Rainbow. À l’époque, la performance n’avait malheureusement pas été à la hauteur de mes attentes.

Ce n’était pas facile de monter sur scène après la prestation énergique et rassembleuse de From Ashes to New, et les membres de Coheed and Cambria semblent rapidement en prendre la mesure. Malgré une balance sonore impeccable et des éclairages particulièrement soignés et colorés, l’écoute demeure plutôt passive dans les gradins.

Sur scène, les harmonies vocales impressionnent par leur richesse et leur profondeur. Musicalement, l’exécution est irréprochable : les arrangements sont complexes, les changements de rythme précis et le jeu des musiciens témoigne d’une grande maîtrise technique. L’univers du groupe demeure toutefois moins accessible pour les néophytes, qui peuvent avoir davantage de difficulté à entrer dans ses compositions progressives et souvent très élaborées.

Cette nouvelle prestation s’avère néanmoins largement supérieure à celle que j’avais vue et entendue il y a maintenant 15 ans. J’ai d’ailleurs encore le chandail acheté à l’époque, preuve que mon intérêt au groupe ne date pas d’hier. Je dois toutefois admettre que Coheed and Cambria est le genre de formation que je préférerais voir dans une salle plus intime, où la proximité permettrait de mieux apprécier les subtilités de ses compositions.

Je ressors malgré tout très heureux d’avoir pu revoir le quatuor américain à Québec et, surtout, d’avoir enfin pu mesurer à leur juste valeur la précision, la virtuosité et la cohésion de ses musiciens.

From Ashes to New

Fondé en 2013 en Pennsylvanie, From Ashes to New s’est rapidement taillé une place sur la scène rock moderne grâce à un alliage efficace de nu metal, de hard rock, de rap et d’électro. Menée par Matt Brandyberry et le chanteur Danny Case, la formation revendique des influences telles Linkin Park, Korn et Papa Roach, tout en développant une identité musicale qui lui est propre.

Chargé d’ouvrir la soirée devant une assistance encore clairsemée, From Ashes to New reçoit un accueil chaleureux du public de Québec. Les spectateurs les plus fervents se massent autour de la petite scène installée au centre de la patinoire et accompagnent les rythmes saccadés en levant les bras dans les airs.

L’alternance entre les passages rap et le chant puissant, parfois guttural, sert particulièrement bien les compositions du groupe. Denses, compactes et énergiques, les chansons conservent toujours une forte dimension mélodique.

La mise en scène contribue également à l’impact de la prestation. Disposés comme des colonnes industrielles, les éclairages suivent avec précision la cadence imposée par les musiciens. À un certain moment, les spectateurs allument les lampes de leurs téléphones cellulaires, transformant le Centre Vidéotron en une véritable pluie d’étoiles.

Bref, ce passage éclair de From Ashes to New aura certainement fait de nouveaux adeptes. Sans attente particulière au départ, j’ai été agréablement surpris par l’intensité et l’efficacité de leur performance. Une entrée en matière convaincante pour une formation qui mériterait assurément de revenir à Québec dans un rôle plus important.

DJ Rock Feed

En ouverture de soirée, la personnalité bien connue de la communauté rock nord-américaine et créateur de contenu suivi par de nombreux amateurs du genre, DJ Rock Feed prend possession des platines durant chacune des intermissions. À l’écoute du public, il répond aux demandes spéciales et enchaîne plusieurs succès du rock d’hier et d’aujourd’hui afin de maintenir l’énergie dans l’amphithéâtre entre les prestations.

Installé sur un podium derrière la régie de scène, à l’extrémité opposée de la patinoire, il intervient régulièrement au micro et parvient chaque fois à faire réagir la foule. L’initiative s’avère particulièrement efficace pour éviter les temps morts et prolonger l’ambiance du spectacle jusque dans les changements de groupe.

Il s’agit d’une excellente idée, que l’on gagnerait à revoir lors de futurs concerts au Centre Vidéotron. Pour ma part, c’était la première fois que j’étais témoin  de ce type d’animation.

* Merci aux amis de MetalUniverse.net pour la permission d’utiliser quelques-unes de leurs photos. Consultez aussi leur review (avec encore plus de photos) par ici.


Grille de Chanson – Shinedown

Safe and Sound
Devour
Diamond Eyes
How Do You Love
365
Devil
Searchlight
Enemies

Scène Centrale

Call Me
Crow and the Butterfly
Misfits
If You Only Knew

Fly From The Inside
Young Again
Symptom
Cut The Cord
Monsters
Kryptonite
(3 Doors Down)
Simple Man
(Lynyrd Skynyrd)
Sound Of Madness
Second Chance

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