Bloc Party au Théâtre Beanfield | Le retour en ville des rockeurs les plus chill
Jeudi soir, au Théâtre Beanfield, la proportion d’hommes dans la quarantaine aux chandails de têtes de mort et à la barbe pas faite était à son maximum. Pour cause? Le concert du groupe de rock anglais Bloc Party, qui faisait son premier concert à Montréal depuis dix ans. Récit de la soirée d’un Gen Z amateur de musique, seul parmi des papas trippeux de rock.
Le groupe originaire de l’Essex en Angleterre l’avait bien précisé sur ses réseaux sociaux : le concert était à 20h et il serait sur scène à 20h. On s’est donc rendus au Théâtre Beanfield à 19h30, question de se trouver un endroit convenable sur le parterre. À notre surprise, la salle était déjà bien remplie et pour bien voir la scène, il a fallu se faufiler un peu. Ce n’est pas bien grave, l’attente ne fut pas bien longue avant que le groupe, qui a respecté sa parole, embarque sur scène à 20h tapante.
La formation menée par le chanteur et guitariste Kele Okereke a ouvert le bal avec Coming On Strong, nouvelle chanson tirée de leur album Anatomy Of A Brief Romance, à paraître le 11 septembre prochain. Déjà, la foule était en délire. Et cette énergie admirative du public restera pour l’ensemble du concert. Le groupe a poursuivi avec Mercury et Hunting for Witches, avec une aise et un calme désarmant.
Ce qui a frappé immédiatement, avec Bloc Party, c’est à quel point les quatre membres du groupe, Kele Okereke, Russell Lissack (guitare), Louise Bartle (batterie) et Harry Deacon (basse), avaient du plaisir à jouer devant le public montréalais. Tout le long du spectacle, ils ont été tout sourires, quatre amis juste heureux de jouer de la musique ensemble. Il se dégage d’eux une énergie qu’on pourrait décrire avec un seul mot : cool. Qu’ils sont cool, Bloc Party. Leur démarche totalement sérieuse, maîtrisée, mais décontractée les rend si attachants.
Après vingt ans de carrière pour les fondateurs du groupe, Okereke et Lissack, il était beau de les voir s’amuser autant et surtout, épater la galerie. Parce que Kele Okereke, derrière ses airs de papa en vacances, a une voix très solide et une intensité bouleversante dans sa livraison des paroles. À la guitare, Russell Lissack ne donne également pas sa place. Il nous a impressionné à plusieurs reprises, notamment lors d’un solo sur Banquet, succès incontesté du groupe.
Ils nous ont ensuite interprété quelques chansons de leur prochain album, soit Love Bombs, déjà disponible sur les plateformes d’écoute, et Lagoon Blue, inédite. L’atmosphère plus moderne de ces deux morceaux n’était pas déplaisante du tout, surtout sur la Lagoon Blue, plus douce, qui a permis de faire briller la voix du chanteur. Il va sans dire que ce nouvel opus s’annonce prometteur.
Vers 21h10, Bloc Party s’est éclipsé de scène, immédiatement après avoir joué The Love Within. Était-ce la fin du concert? Bien sûr que non. Le public montréalais n’allait pas laisser passer ça. S’en est suivi un « Olé, olé, olé » digne de ce nom, et la formation anglaise est revenue sur la scène du Beanfield pour faire un pot-pourri de leurs plus grands succès. Ils ont enchaîné Helicopter, Flux, This Modern Love et Ratchet, à la plus grande joie de tous. Une réelle communion et l’amour de la musique de Bloc Party régnaient à ce moment-là au parterre. C’était palpable et ça transcendait l’âge. Aussi ringard soit-il, c’est ça le pouvoir de la musique au fond, non?
À 21h35, nous sommes libérés. Les mélodies de Bloc Party résonnent dans notre tête jusqu’à notre retour au bercail, et c’est tant mieux. Ce moment au Théâtre Beanfield, en compagnie de ce band venu d’Angleterre et de quadragénaires passionnés était mémorable.
- Artiste(s)
- Bloc Party
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Théâtre Beanfield
- Catégorie(s)
- Alternatif, Post-punk, Rock,
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