crédit photo: Annie Diotte
Richard Desjardins

L’Effet Lisa au Centre Culturel Desjardins | Richard Desjardins à la sauce Broadway

Les chansons de Richard Desjardins ont résonné longtemps hier soir, au Centre culturel Desjardins à Joliette, lors de la première de L’Effet Lisa, nouvelle production du Théâtre de l’Oeil ouvert (TOO). Théâtre musical empruntant une bonne partie du répertoire de Desjardins, la pièce, mise en scène par Jade Bruneau, nous transporte dans un village fictif de l’ouest du Québec où un feu de forêt fait rage. Numéros chantés, chorégraphies, épopée romantique, drame écologique : L’Effet Lisa renferme beaucoup d’éléments qui sont, dans l’ensemble, fort réussis.

Le Théâtre de l’Oeil ouvert est un habitué des théâtres musicaux inspirés de notre patrimoine culturel. Après Belmont, mettant en scène les chansons de Diane Dufresne, Clémence, des fleurs d’enfants pour grandes personnes, sur la vie de Clémence Desrochers et La Géante, à propos de la vie de Rose Ouellette, il n’est pas surprenant de voir la troupe fondée par Jade Bruneau et Simon Fréchette-Daoust donner une nouvelle vie aux mots de Richard Desjardins.

Sur scène se retrouvent sept personnages : deux frères, le Bum et le Bon gars (Simon Fréchette-Daoust), Jenny (Jade Bruneau), celle qui sera enceinte et prise entre les deux, la barmaid (Geneviève Alarie), la femme de ménage (Sarah Villeneuve-Desjardins), l’Homme du campe (Jean-François Casabonne) et Lisa la Lune (Noémie Godin-Vigneau), narratrice de l’histoire. Tous ensemble, ils peignent pendant les deux heures que durent la pièce une fresque touchante et tragique, qui nous émeut autant qu’elle nous fait rire.

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La trame sonore est appuyée de deux musiciens de grand talent : le violoncelliste Stéphane Tétrault et le pianiste Marc-André Perron. Leur musique en accompagnement, tout au long de la pièce, tisse un fil qui lie à merveille tous les éléments du scénario. On ne peut qu’être impressionné par le jeu de Tétrault, maître de son Stradivarius, qui à lui seul, peut faire changer d’un seul coup de corde l’ambiance au Centre culturel Desjardins.

Des interprètes de haut calibre

Ce qui fait la réussite de ce spectacle, outre la musique impeccable et les dialogues intenses, ce sont les performances des interprètes, tout spécialement de Geneviève Alarie et de Noémie Godin-Vigneau. Alarie nous offre une barmaid (surnommée L’Enracinée) pleine de fougue et de passion. C’est elle qui nous a le plus fait rire et qui a failli nous arracher une larme, dans une scène poignante à la fin du spectacle. Elle fait respirer la pièce, la rend vivante et, sincèrement, offre la performance la plus convaincante du groupe d’acteurs. Noémie Godin-Vigneau, vêtue d’une longue robe blanche, ne vole pas sa place non plus. Elle personnifie la Lune, prénommée ici Lisa, qui va narrer l’histoire. Elle est le fil conducteur du récit, la pierre angulaire de cette histoire, celle vers qui les personnages se tournent la nuit venue pour demander conseil. Elle impose respect et dévouement. Ce n’est pas pour rien que l’Homme du campe, interprété solidement par Jean-François Casabonne, va lui sérénader la pièce-titre, L’Effet Lisa de Desjardins, dans une scène à couper le souffle au début du spectacle, où les deux personnages sont seul à seul.

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Petits bémols : le spectacle est long, voire trop long. On aurait pu couper dans le gras, beaucoup de morceaux sont chantés. Seulement, n’est pas Richard Desjardins qui le veut et quelques-unes des interprétations, notamment celle de Tu m’aimes-tu par Simon Fréchette-Daoust, nous ont un peu déçues.

Néanmoins, on ne peut que saluer le travail du Théâtre de l’Oeil ouvert qui, année après année, produit et créée des productions originales théâtrales 100% local. L’Effet Lisa sera à Joliette jusqu’au 1e août. Il s’arrêtera ensuite à Victoriaville, à Québec puis un peu partout dans la province pour une tournée qui durera jusqu’en avril 2027.

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