crédit photo: Francois Morisset
Bad Religion

Envol et Macadam – Jours 2 & 3 | Groupes légendaires et soleil d’automne

Après une soirée d’ouverture mémorable 100% québécoise qui a mis le feu aux poudres à l’Agora du Port de Québec, le festival Envol et Macadam a maintenu une cadence effrénée pour le reste du week-end. Si le jeudi a donné le ton avec une énergie brute, les journées de vendredi et de samedi ont confirmé que cette édition 2026 était un grand cru. Non seulement la programmation internationale a livré la marchandise avec brio, mais les éléments se sont aussi mis de la partie. Le ciel gris a laissé place à un radieux soleil d’automne pour la finale de samedi, baignant la foule dans une chaleur des plus agréables. Récit de deux soirées sous haute tension.

Vendredi : La puissance brute et le retour des rois

La soirée de vendredi a attiré un peu moins de festivaliers que la veille, peut-être en raison d’une offre plus pointue axée sur le métal et le hardcore. Qu’à cela ne tienne, les absents ont eu tort, car l’intensité était à son comble sur le site.

Les pionniers de Vader, avec leur thrash metal pur et dur, avaient la lourde tâche de réchauffer la place. Ils ont livré une performance solide qui a plu aux amateurs du genre, mais sans réussir à rallier l’unanimité dans une foule encore éparse. C’était bon, carré, efficace, mais sans cette étincelle de folie qui marque les esprits.

envol et macadam suite 1* Photo par Francois Morisset.

Le véritable coup de cœur de cette soirée, et peut-être du festival pour certains, a été sans contredit Despised Icon. Les Montréalais effectuaient un retour à Québec après quatre ans d’absence, et l’attente était palpable. Quel show ce fut ! Dès les premières notes, l’intensité était à son comble. Le dynamisme du groupe était incroyable, et le public a répondu avec une ferveur monstre. C’était un assaut sonore parfaitement maîtrisé.

Enfin, le moment fort de la soirée était le retour des titans du hardcore, Hatebreed. Absents de la Vieille Capitale depuis de nombreuses années, le groupe était en feu et visiblement heureux de retrouver son public québécois. Les fans les attendaient de pied ferme et ont explosé dès leur entrée en scène. C’est toute une leçon de musique que Jamey Jasta et sa bande sont venus donner. Avec une tonne de classiques bien connus qui ont fait lever la poussière dans le mosh pit, l’ambiance était tout simplement incandescente. Hatebreed n’a pas déçu et a prouvé qu’ils sont toujours les maîtres incontestés de la scène hardcore.

envol et macadam suite 3* Photo par Francois Morisset.

Samedi : soleil et punk rock

Samedi, le décor était totalement différent. La grisaille de la veille avait laissé place à un magnifique soleil et une chaleur très confortable, et la foule a répondu à l’appel en grand nombre. Le site était bondé pour la grande finale.

La journée a été une succession de prestations de haut niveau. La jeune relève locale était bien représentée par General Chaos, qui se positionne de magnifique façon dans l’univers punk rock québécois. De leur côté, les vétérans de A Wilhelm Scream, habituellement reconnus pour une énergie hors du commun, nous ont laissé sur notre faim. Le son sur la grande scène semblait mal équilibré pour eux, et ils semblaient un peu perdus sur la grande scène de l’agora, n’arrivant pas à projeter leur intensité habituelle.

Le groupe local de la soirée, Mute, a donné une bonne performance mais n’a pas réussi à rallier la foule au complet. Si une poignée d’irréductibles s’est massée à l’avant pour chanter en chœur, la magie n’a pas pris à plus grande échelle, laissant l’ambiance un peu tiède au milieu du parterre.

envol et macadam suite 5* Photo par Francois Morisset.

Par chance, les Suédois de Satanic Surfers sont arrivés pour enfin mettre le feu aux poudres ! Leur skate-punk rapide, technique et lourd a fait lever les festivaliers, déclenchant enfin les mouvements de foule attendus. La foule en redemandait : leur set valait le déplacement à lui seul.

Et puis, wow. Quelle performance explosive de Teenage Bottlerocket ! Si vous cherchiez la définition de l’énergie pure, c’était eux. Un set de 45 minutes joué presque sans pause, la pédale au fond du plancher jusqu’à la toute fin. Une prestation dynamique et irrésistible qui a conquis tout le monde instantanément.

Le clou du week-end était bien sûr la prestation de Bad Religion. Malgré des tournées fréquentes au Québec, le groupe demeure toujours aussi populaire et rassembleur. Le site de l’Agora était plein à craquer pour leur passage. Les légendes du punk rock ont offert un spectacle solide, puisant dans leur impressionnant catalogue pour intercaler plusieurs nouveaux morceaux entre leurs hymnes incontournables. Ils sont bons, ils sont professionnels et leur amour pour le public est indéniable. On a toutefois noté quelques longueurs causées par de nombreuses pauses entre les chansons, nécessaires pour changer de guitare ou reprendre son souffle, ce qui a parfois cassé le rythme du set. Cependant, ces petites baisses de régime sont rapidement pardonnées dès que la musique recommence et que l’on chante en chœur avec Greg Graffin.

envol et macadam suite 4* Photo par Francois Morisset.

En conclusion : Un week-end mémorable

En résumé, Envol et Macadam a réussi son pari de nous faire vibrer d’un bout à l’autre du week-end. Entre la découverte fracassante de la scène locale en ouverture, l’intensité brute de la soirée métal et les légendes internationales qui ont foulé les planches de l’Agora jusqu’à la finale, le festival confirme son statut incontournable de la rentrée culturelle à Québec. Une chose est sûre, nos réserves d’énergie sont peut-être à sec, mais notre cœur de mélomane est comblé. On a déjà hâte à l’an prochain.

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